PRÉFACE. XV
tion ou du défaut de destruction du sucre dans le diabète doit être résolue en faveur de la première de ces hypothèses. Si le diabète consistait dans un ralentissement des échanges organiques, par destruction insuffisante du sucre, on ne le verrait pas aboutir à la consomption, à la phtisie pulmonaire, ni s'accompagner de l'amaigrissement, de la perte des forces qui sont ordinaires chez les diabétiques; la physionomie clinique du diabète et ses terminaisons s'accordent avec l'idée • d'une suractivité morbide des échanges nutritifs, d'une dyscrasie par excès de production et d'élimination; l'exagération de la soif et de l'appétit sont là comme les moyens de défense de l'organisme, obligé de faire face à des dépenses insolites. La dénutrition a enfin sa signature dans l'excès d'urée et d'acide urique que présentent régulièrement les urines diabétiques. La variété connue sous le nom de diabète gras n'est en réalité qu'une phase transitoire du diabète, où l'organisme balance encore ses pertes et réalise même des bénéfices, grâce à l'exubérance des fonctions digestives.
Si tous les tissus sont mis à contribution par les exigences de la glycogénie diabétique, il est probable que quelques-uns d'entre eux y prennent une part plus active; parmi ceux-là, les muscles doivent être au premier rang. C'est eux sans doute qui réagissent le plus vivement sous l'impulsion glycogénique du système nerveux en vertu de leur affinité normale pour
XVI PRÉFACK.
les hydrocarbures; d'où Tinfluence des efforts, de la fatigue, du surmenage^ dans le développement du diabète, et Theureux effet des exercices modérés comme adjuvant du traitement. En provoquant le fonctionnement du système musculaire, on détourne par combustion une partie du sucre produit dans les muscles en trop grande abondance pour l'état de repos.
Le grand clinicien allemand qui avait accepté mon concours pour la traduction de son livre, et qui m'avait aidé dans mon travail, de ses bienveillants conseils, a ' été enlevé à la science sans avoir vu paraître cette édition française, qu'il désirait comme le couronnement de son œuvre. La préface que j'ai pris la liberté d'y ajouter n'a pu lui être soumise; mais je suis autorisé à la placer sous le patronage d'un maître de la médecine française, M. le professeur Charcot, qui m'a encouragé à faire ressortir le rôle du système nerveux dans le diabète, ainsi que son expérience journalière lui en fournit sans cesse de nouvelles preuves.
A. LUBANSKI.
Paris» avril 1885.
LE DIABETE
ROLB DU SUCRE ET DES SUBSTANCES SIMILAIRES DANS LES ÉCHANGES ORGANIQUES A l'ÉTAT NORMAL