HECHEKCHE DE LA HOUILLE
Ji5
sique; qui enclave le terrain crétacé, présente les mêmes chances de continuité, et son épaisseur probable sera au moins celle de la craie : voilà donc le fonçage nécessaire déjà porté au delà de 1000 mètres. Or, arrivé à ce point, on peut encore être séparé du terrain houiller par les dépôts arenacés du terrain des grès rouges. Admettons l'absence possible de ces dépôts, quelles peuvent être les chances de succès ?
Si l'on compare les surfaces de transition connues à celle des terrains houillers qui les recouvrent, on reconnaît que ces derniers ne sont pas dans la proportion d'un quarantième. Les superficies souterraines et inconnues de ces deux terrains doivent-elles présenter une autre proportion ? Aucune considération n'autorise à le penser. Prenons la chance la plus favorable ; elle nous sera fournie par la superficie de l'Angleterre , où la proportion des surfaces houillères est d'environ un vingtième ; cette chance est elle suffisante pour qu'on s'expose à traverser 1000 ou 1200 mètres de terrains stériles? La réponse n'est pas douteuse.
Telles sont les considérations qui peuvent servir de solution à des questions de recheiche : calculer la série des terrains à traverser d'après la position géologique du point proposé, les épaisseurs probables de ces terrains, puis enfin, les chances de trouver le terrain houiller d'après les conditions des surfaces connues.
Quant à rechercher la houille ou l'anthracite dans le terrain de transition, les chances de réussite sont tellement inférieures à celles qu'offre le terrain houiller qu'on ne peut baser aucun travail sur cette hypothèse. Les travaux n'y peuvent être tentés que sur des indices directs fournis soit par des affleurements, soit par une complète identité des roches avec celles qui accompagnent des gisements connus.
TERRAINS SECONDAIRES
CHAPITKE IV.
TERRAINS SECONDAIRES
Les terrains secondaires couvrent de vastes surfaces, et représentent de grands bassins hydrographiques où les eaux de la mer ont successivement séjourné et laissé des épaisseurs considérables de dépôts arénacés, siliceux, argileux ou calcaires.
Ces roches sont généralement lithoides, et ne prennent l'aspect métamorphique que dans les contrées montagneuses telles que les Alpes, les Pyrénées, l'Atlas, etc., où elles ont été violemment soulevées, et où elles ont subi des altérations profondes.
Les fossiles sont nombreux et abondamment répandus dans la plupart des dépôts de la période secondaire. Ces fossiles , joints aux variations que présentent les roches, ont servi à établir des divisions en terrains qui représentent les plus longues périodes des actions sédimentaires, et en formations qui représentent des subdivisions de ces périodes séparées par des mouvements du sol.
Les mouvements du sol, pendant la période secondaire, ont en effet déterminé des modifications minéralogiques dans les dépôts , des distinctions dans la stratification par discordance ou transgression , des différences dans la nature des fossiles caractéristiques. Ces fossiles sont les ammonites, les belemnites, les gryphées, les térébratules, les trigonies, lus hyppurites, etc. On trouve également des débris de grands animaux vertébrés que l'on a souvent cherehé à reconstruire , et que l'on appelle sauriens.
En mettant à profit tous les éléments de classification que
TERRAINS SECONDAIRES
présentent les dépôts
on est arrivé à les diviser
en trois grands terrains distincts, qui sont, à partir de la formation houillère, le terrain des grès rouges, le terrain jurassique et le terrain crétacé. Chacun de ces terrains se subdivise en une série de formations, de telle sorte que le tableau de cette succession peut être tracé ainsi qu'il suit :
Terrain
crétacé.
Terrain jura*.ique.
TERRAINS SECONDAIRES
[Formation crétacée. 'f^± *******
(Craie mai ucuse.
/Craie tuffau.
Formation du grès vert. J Craie glauronieuse, grès \erts.
(Calcaire* néocomien».
(} Calcaire de Portland a grv plié -a virgule», super.eure.^.^ ^ Kimmeridge >lLfleur, etc. /Calcaire corallien, i uruaM%tVU«i m0yennc> I Calcaire d'Oxford, de Lisicux, etc. ooliliques. (Argile d'Oxford, de Divcs, etc.
. j.. (Grande oolite , calcaire de Caen.
Terrain
dea
grès rouges.
Argiles et marnes à hélemuites.
1 Marnes du lias.
Calcaire lias à grvpbées arquées.
Grès inférieur, arkosea.
IMarnea irisées.
Calcaires muscbelkalk.
Grès bigarrés.
!Grès des Vosges.
Calcaires magnésiens, zecbstein.
Nouveau grès rouge.
Si l'on jette un coup d'œil sur cet ensemble des terrains secondaires, on voit que la série commence par de6 dépôts arénacés , grès rouges et bigarrés , accompagnés de marnes et de quelques bancs calcaires, tandis que les parties moyenne et supérieure se composent principalement de calcaires et d'argiles.
Les grès rouges et bigarrés de l'époque secondaire , et par conséquent postérieurs aux dépôts houillère', contiennent souvent des débris de roches porphyriques qui ne se trouvent pas dans les roches arénacées antérieures.
Cette postériorité ù de grandes éruptions porphyriques pa-
148 TERRAINS SECONDAIRES
raît être la cause de l'immense quantité de peroxyde de fer anhydre que contiennent les formations rubéfiées qui sont à la base des terrains secondaires. Les éléments ferrugineux ne peuvent en effet avoir été fournis par les roches préexistantes, et c'est l'intérieur du globe qui apparaît à toutes les périodes géologiques comme la source naturelle des oxydes de fer répandus abondamment dans un si grand nombre de formations.
Ce qui donne souvent aux dépôts secondaires une physionomie tout à fait spéciale , ce sont les perturbations fréquentes qu'ont éprouvées ces dépôts sur un grand nombre de points.
Les montagnes du Jura , formées principalement par les calcaires de l'époque jurassique ; toute la région des Alpes qui nous présente les couches jurassiques et crétacées avec tant de bouleversements; la chaîne des Pyrénées en partie formée. de dépôts crétacés, les montagnes de l'Atlas qui sillonnent tout le nord de l'Afrique et qui sont presque exclusivement crétacées , les Apennins et tant d'autres régions montagneuses qui encaissent le bassin de la Méditerranée, nous montrent les terrains secondaires sous un aspect bien différent de celui des régions planes du nord de la France.
Les révolutions du globe, en mouvementant ainsi une grande partie des surfaces secondaires, ont imprimé aux dépôts qui les constituent des caractères particuliers, frappants pour tous ceux qui les parcourent. Les versants dénudés des vallées présentent les inclinaisons rapides et souvent courbées des étages argileux et calcaires ; les failles y placent à côté les uns des autres les dépôts arénacés inférieurs et les dépôts argilo-calcaires supérieurs.
Les grands dépôts calcaires de l'époque secondaire ne sont pas propres à retenir les eaux. Les cassures qui les sillonnent leur ouvrent, au contraire, des voies souterraines que leur circulation agrandit; ces eaux déterminent ces cavernes si fréquentes, curiosités naturelles d'un grand nombre de localités, ainsi que les phénomènes des sources tantôt intermittentes