‹ Traité du gisement et de l'exploitation des minéraux utilesChapitre 42 sur 95 · TERRAIN DES GRÈS ROUGES · texte numérisé non relu

TERRAIN DES GRÈS ROUGES

comme celles des environs de Vezoul , d'autrefois continues et remarquables par leur volume comme celles de Vaucluse.

Les surfaces couvertes par les terrains secondaires ont été évaluées en France à plus de dix-sept millions d'hectares qui se répartissent ainsi qu'il suit entre les trois divisions principales :

Hectare*.

Terrains crétacés 6,200,000

Terrains jurassiques .... 10,500,000 Terrains des grès rouges . . 500,000

C'est environ le tiers de la superficie totale de la France.

Terrain des grés ronges.

Les terrains arénacés qui sont à la base de la série seconcondaire sont divisés en deux groupes distincts, le groupe des grès rouges ou pênèens et celui du (rias ou des grès bigarrés.

Le groupe des grès pénéens ou pauvres, ainsi nommés parce qu'ils recouvrent les dépôts houillère , comprend souvent des calcaires magnésiens ou des grès supérieurs, dits grès vosgiens, qui ont déterminé sa division en trois formations.

Formation dn nonvean grés ronge. — Cette formation peut être considérée comme un seul étage d'une épaisseur moyenne de 150 à 200 mètres, composé de conglomérats, de brèches, de poudingues et de grès ordinairement rougeâtres, qui alternent entre eux. Les lignes de stratification qui divisent cet étage en un nombre de couches plus ou moins grand , sont déterminées soit par la grosseur des fragments agrégés , soit par leur nature minéralogique. Ces fragments, anguleux ou roulés, varient en effet de grosseur, depuis plusieurs mètres cubes jusqu'à celle des grains à peine discernables qui forment les grès les plus fins.

11 est à remarquer que les conglomérats dans lesquels se

TERRAINS SECONDAIRES

trouvent le» plus gros blocs forment toujours les parties inférieures. La nature de ces blocs est en général facile à reconnaître, et Von peut même déterminer souvent les localités d'où ils proviennent , car ce ne sont pas seulement des roches trèsdures comme les granités , les porphyres ou les quartz . on y trouve aussi des fragments de schistes de toute espèce et de calcaires carbonifères.

Le grès rouge proprement dit est à grains de quelques millimètres et même de quelques centimètres , cimentés par une pâte rougeâtre, argilo-ferrugineuse; ce grès grossier peut devenir très-fin et passer à l'arkose, au psammite schistoïde et même àj'argile schisteuse.

Comme toutes les formations, de débâcle , le grès rouge ne contient pas de débris organiques.

Certaines contrées de l'Allemagne, la Saxe, laThuringe, la Silésie, sont les contrées classiques du développement des nouveaux grès rouges; on les y désigne sous la dénomination de Rothe todte Hegende (mort terrain rouge). En France, on ne trouve guère cette formation que dans les contrées de l'Est , autour du massif des Vosges.

Dans ces diverses contrées , les grès rouges reproduisent les caractères généraux que nous venons d'indiquer. C'est tantôt un conglomérat à gros blocs, tantôt un grès plus ou moins grossier dont les assises supérieures passent à l'argile schisteuse. Les conglomérats sont toujours liés par leur composition au terrain environnant ; ils sont composés de fragments de granités, micaschistes, schistes argileux, porphyres, quartz, lydiennes, grauwackes, etc.; mais spécialement de schistes dans un terrain schisteux, de porphyres dans un terrain porphyrique. Les brèches et les poudingues présentent beaucoup moins de liaison avec le terrain environnant que les conglomérats de la base ; les fragments de quartz et de lydienne y dominent d'une manière d'autant plus exclusive que le grain est plus fin. Cependant, les grès, en atteignant leur maximum de ténuité, deviennent argileux et passent quel-

Page 1