‹ Traité du gisement et de l'exploitation des minéraux utilesChapitre 44 sur 95 · FORMATION DU GRÈS DES VOSGES · texte numérisé non relu

FORMATION DU GRÈS DES VOSGES

celle d'un grain de millet jusqu'à celle d'un grain de chènevis. Au milieu des grains de quartz , on en voit souvent d'autres d'un blanc mat, opaques, plus anguleux et moins solides , qui sont du feldspath. Les couleurs les plus ordinaires de ce grès sont le rouge pâle ou foncé, le violet et le jaune ochreux. Les couches différent les unes des autres par la diversité des nuances , accompagnée ordinairement de variations dans la cohésion et dans la grosseur des grains; elles différent surtout par l'abondance plus ou moins grande de galets , qui ont jusqu'à 0,1 de diamètre, et qui en font quelquefois un véritable poudingue à pâte de grès. Ces galets composés de quartz blanc, gris rougeâtre et rouge , à cassure inégale, quelquefois micacé, caractérisent le grès des Vosges.

Le grès des Vosges repose sur le grès rouge et souvent il y a passage insensible entre les deux roches, de sorte qu'il est difficile de déterminer d'une manière précise la ligne de démarcation qui les sépare ; bien que, si l'on se rappelle les caractères du grès rouge dans les Vosges , où il est souvent représenté par des conglomérats incohérents de roches anciennes , par des brèches à fragments de schistes et par des grès passant aux argiles rougeâtres , on constate entre eux des différences notables. Mais, à mesure que l'on s'élève, le grès rouge devient plus fin et plus solide , les fragments anguleux disparaissent , la roche est moins terreuse, moins grossière, et l'on arrive graduellement au grès quartzeux des Vosges, solide, parsemé de galets arrondis de quartz compacte ou grenu. La stratification des deux formations est généralement parallèle, ainsi qu'on peut le constater à Ronchamps et Sarrebruck , où ils recouvrent tous deux le terrain houiller.

Malgré cette concordance de la stratification du grès rougo et du grès des Vosges, M. de Beaumont a fait remarquer que, d'après les grandes hauteurs qu'atteint le grès des Vosges, on peut supposer que les deux formations ont été séparées par des mouvements du sol qui auraient élevé le niveau des eaux.

TERRAINS SECONDAIRES

Formations du triait. — Trois formations supérieures à ces premiers dépôts arénacés , constituent un ensemble désigné sous la dénomination de terrain du trias , terrain plus important que le terrain pénéen par son étendue et sa puissance.

Ces trois formations, la première, quartzeuse, arénacée; la seconde , calcaire , et la troisième , marneuse , sont remarquables par la simultanéité et la concordance de leur développement. Autour des Vosges, elles forment trois zones sinueuses , tout à fait parallèles et concentriques ; l'une n'est presque jamais développée sans que les autres le soient également, ce qui, joint aux différences de leur composition, les caractérise comme formations distinctes , .déposées pendant une même période.

Les contrées qui avoisinent le Rhin, depuis le sud des Vosges jusque vers le Hundsdruck et le Taunus, et, sur la rive droite , depuis le massif de la Forêt Noire jusqu'à celui de l'Odenwald et toute la région qui s'étend de l'Odenwald jusqu'aux premières montagnes du Hartz, sont les contrées classiques du développement des formations triasiques. Ces formations se retrouvent d'ailleurs d'une manière presque générale dans les diverses contrées du globe . affectant la même position géologique , c'est-à-dire affleurant entre les relèvements des terrains de transition et les grandes formations des calcaires secondaires.

La liaison géologique qui existe entre les formations du Tria» et les formations pénéennes est d'ailleurs telle , qu'il est souvent difficile de les distinguer. En effet , partout où le zechstein n'est pas représenté , le grès bigarré repose immédiatement sur le nouveau grès rouge , avec lequel il a d'ailleurs de grandes analogies minéralogiques ; de là des incertitudes fréquentes , par exemple , en Allemagne , où le grès rouge est très-puissant , et recouvert immédiatement.par le grès bigarré qui semble former sa partie supérieure.

La puissance moyenne des formations du trias ne dépasse

Page 1