FORMATION TERTIAIRE SUPÉRIEURE
mont sous le nom de terrain d'atterrissement ancien des vallées de l'Isère, du Rhône, de la Saône et de la Durance, est un exemple à citer comme type des dépôts tertiaires les plus récents et qui doivent être classés dans la formation tertiaire supérieure. ,
Dans la vallée de Saint-Laurent du Pont (Isère), le terrain jurassique , le grès vert , la craie et la molasse tertiaire coquillère sont en couches inclinées et même verticales, et l'on voit sur la tranche des couches de molasse, aussi bien que sur celle des couches calcaires qui la supportent, s'étendre en un grand nombre de points de grandes masses de cailloux roulés, agglomérés, dont la stratification, quoique peu distincte, n'a évidemment subi aucun dérangement.
Ce dépôt, qui a probablement rempli toute la vallée de Saint-Laurent, n'existe plus, dit M. de Beaumont, que le long des montagnes de la grande Chartreuse, qui bordent cette vallée du côté de l'est ; il constitue à leur pied des collines considérables, et semble former une seule assise de plusieurs centaines de mètres , divisée en strates irréguliers d'une grande épaisseur. Les cailloux roulés sont- de grosseur variable, mais dépassent rarement celle de la tête. On y reconnaît les roches ' talqueuses des Alpes , et surtout une roche amphibolique qui abonde dans la rangée des cimes primitives qui s'étend du Mont-Blanc à la montagne de Taillefer en Oisans ; on y trouve aussi des euphotides, des variolites du Drac, du jaspe rouge , des quartz micacés grenus, des calcaires, quelquefois siliceux, et même du silex, tel qu'il s'en trouve dans les couches jurassiques et les couches crétacées des contrées voisines. Le ciment sableux qui réunit ces éléments est souvent assez cohérent pour donner lieu à un poudingue très- solide et qui ressemble , abstraction faite de la nature des cailloux empâtés, au nagelflue de la Suisse; tandis que le ciment, s'isolant, prend aussi l'aspect de la molasse, dont il diffère cependant essentiellement par une époque géognostique postérieure.
Ce grand amas de cailloux roulés contient, dans le vallon
de Roize, près Pomiers, un gisement de combustible fossile. C'est un lignite compacte, passant au jayet, qui est intercalé dans une couche terreuse ; peu d'échantillons présentent la texture ligneuse. On a reconnu trois couches d'un ou deux décimètres d'épaisseur, séparées par des marnes grisâtres et des grès effervescents; l'on n'y voit aucun indice de ces calcaires fétides qui accompagnent constamment et de si près les lignites tertiaires, de même sans tissu ligneux, de la Suisse et de la Provence.
Ce dépôt arénacé peut être suivi des environs de Saint-Laurent et Voreppe dans toute la Bresse ; mais en s'éloignant ainsi du centre de relèvement des molasses, la stratification cesse d'être aussi généralement discordante : on peut néanmoins en voir encore un exemple dans le vallon où se trouve l'ancienne Chartreuse de Saint-Aupre, au nord-est de Voiron. Les caractères minéralogiques restent toujours constants, et lorsque les dépôts passent aux sables et qu'ils sont peu agglutinés, ils rappellent d'une manière frappante les alluvions actuelles de la Durance, de l'Isère et du Rhône. Le sable, en devenant très- Un, passe à une marne jaunâtre ou verdâtre; quelquefois il est bleuâtre, schisteux, micacé et charbonneux. Tel est celui qui contient les nombreux.gisements de lignite des environs de la Tour-du-Pin : cette fois, les lignites se composent de troncs d'arbres aplatis, qui présentent généralement la texture ligneuse ; ils diffèrent ainsi des lignites de Pomiers, mais sont presque identiques à ceux qui sont exploités dans les parties adjacentes de la Savoie.
Dans l'intérieur de la plaine unie de la Bresse, on ne peut guère voir de coupes du terrain que dans un petit nombre de vallées qui entament des alternances de marnes , de sables et cailloux agglutinés; mais les vallées du Rhône et de la Saône, qui la comprennent dans l'angle qu'elles forment entre elles, mettent sa composition à découvert en beaucoup de points et sur une grande hauteur. Ainsi, les escarpements du Rhône, depuis l'embouchure de l'Ain jusqu'à Lyon, présentent le terrain