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M1NEUA1S DE FER D'ALLUVION

Minerais de fer d'allnvittn. — On comprend SOUS cette dénomination des minerais de fer hydroxydé qui se trouvent disséminés dans des couches argileuses , marneuses ou sablonneuses , très-rapprochées de la surface. Quelques-unes de ces couches ont été considérées comme tertiaires , la plupart appartiennent réellement à la période alluviale.

Le bassin argileux qui recouvre le terrain jurassique dans le Berry contient, notamment dans la vallée du Cher, des couches très-chargées de pisolites de fer hydroxydé , dont la proportion varie d'un dixième à un tiers. Ces pisolites sont tantôt disséminées dans la masse, tantôt réunies et agglutinées par un ciment ferrugineux ou calcaire ; d'autres fois ce sont au contraire des grains quartzeux, des noduleB argileux réunis par un ciment d'hydroxyde assez abondant pour que la masse puisse être exploitée. Une partie des minerais superficiels du Nivernais, du Bourbonnais, du Bas-Rhin, sont, comme les minerais du Berry, attribués à l'époque tertiaire; mais il est trèsdifficile de les distinguer des minerais alluviens, car, près de ces gîtes tertiaires, on trouve des gîtes alluviens provenant (des mêmes éléments remaniés. Cette distinction présente d'ailleurs peu d'importance.

Les minerais alluviens sont, de beaucoup, les plus répandus et ceux qui alimentent le plus grand nombre d'usines. Ils comprennent d'abord les minerais des formations précédentes , et surtout ceux du terrain jurassique, transportés et remaniés par les eaux diluviennes ; ils comprennent encore beaucoup de gîtes de fer hydroxydé pisiforme, géodique, etc., qui paraissent avoir été formés sur les points qu'ils occupent par des sources minérales.

Le fer hydroxydé alluvien se distingue des minerais hydroxydés de la formation oolitique par la grosseur généralement plus grande des grains , et surtout par l'absence de stratification. Dans beaucoup de cas, le minerai n'est que le ciment qui lie des corps hétérogènes : telles sont les brèches à ossements diluviens qui sont quelquefois assez ferrugineuses pour

être traitées. La fréquence des principes ferrugineux dans les brèches alluviales est d'ailleurs un fait remarquable ; car nonseulement les brèches à ossements accumulées dans les cavernes présentent ce caractère, mais il a été très-souvent observé dans les alluvions aurifères et gemmifères des Indes et de l'Amérique méridionale.

Il est difficile d'assigner aucune loi de gisement aux minerais d'alluvion , mais leur position superficielle en rend la recherche facile. Les minerais remaniés se trouvent souvent dans les mêmes contrées que les minerais intercalés , et les maîtres de forges n'établissent aucune distinction entre les minerais alluviens et les minerais jurassiques ou tertiaires superficiels. Les minerais remaniés se distinguent assez facilement , en ce que les géodes et les concrétions y sont brisées ; on y rencontre des fossiles antérieurs à l'époque alluvienne , défigurés , roulés , mélangés de coquilles diluviennes et d'ossements de mammifères. Enfin, on les voit reposer indistinctement sur tous les terrains, à des niveaux variables , couvrant les pentes , remplissant des dépressions , des anfractuosités , sans lignes de stratification bien déterminées.

La figure 24 met en évidence une forme très-fréquente dans

Fig. 24.

les minerais alluviens que l'on trouve ainsi déposées dans les fentes et les anfrartuosités des roches préexistantes, et sans re-

MINERAIS DE FER D'ALLUVION. 2ir>

lalions déterminées avec les dépôts alluviens ordinaires. D'autres fois, au contraire, le minerai, disséminé dans des couches marneuses ou sableuses , forme des couches régulières qui semblent faire partie intégrante du terrain alluvien quoiqu'elles n'en aient pas la continuité.

Les districts où les minerais de fer alluviens se montrent sur la plus vaste échelle de développement et où ils ont donné naissance au plus grand nombre d'usines, sont, en France (voir la carte à la fin du volume) :

1° Celui qui, vers la frontière, est compris entre la Sambre et la Moselle, et dont les minerais alimentent les fourneaux des Ardennes, de la Meuse et de la Moselle. Ce sont des hydroxydes en grains arrondis , en rognons , en géodes et en plaquettes , disséminés dans les sables qui recouvrent le terrain jurassique ; les gîtes de Saint-Pancré et d'Aumetz fournissent des minerais de qualité supérieure.

2° La plupart des gîtes du Bas-Rhin, qui consistent en argiles et sables alluviens contenant des fers carbonates en décomposition et des minerais tertiaires remaniés.

3° Une partie des minerais superficiels du Jura, disséminés sur les plateaux, sur les pentes et dans les pentes du calcaire. L'origine alluviale de ces gîtes est démontrée par la présence des débris organiques qui caractérisent cette époque ; les minerais, souvent accumulés dans les cavernes, ont comme elles la forme de longs boyaux sinueux , ayant en moyenne 1 0 à 12 mètres carrés de section transversale et présentant, dans le sens de la stratification, des séries de renflements et d'étranglements ; ils sont souvent mis en rapport avec la surface du sol par des cheminées ou colonnes verticales de minerai ayant G à 8 mètres de section, orifices qui ont probablement servi à les remplir.

4° Les minerais oolitiques disséminés dans les marnes superficielles des environs de Châtillon-sur-Seine , et quelques gîtes à pisolites et géodes du Nivernais.

5* A cette époque appartiennent encore tous les hydroxydes . ir.

en fragments , en masses compactes fibreuses , mamelonnées , disséminées dans les argiles superficielles de la Charente, de la Dordogne, de Lot-et-Garonne, du Lot et de Tarn-et-Garonne, représentant le groupe des minerais du Périgord. Ces minerais alimentent exclusivement toutes les forges du pays. Les exploitations sont ordinairement à ciel ouvert et descendent jusqu'à 20 mètres de profondeur ; les minerais obtenus sont assez riches et d'assez bonne qualité pour être traités par la méthode catalane.

6° Les sables alluviens des Landes , qui contiennent de petits gîtes très-nombreux d'hydroxydes en grains libres ou agglutinés par un ciment de même nature ; ces grains forment , par leur réunion , des rognons , des plaques mamelonnées , disséminées dans les sables. On a remarqué qu'au milieu des agglomérations de ces hydroxydes tout à fait superficiels, on trouvait trèsfréquemment des débris végétaux qui paraissent avoir été le centre des précipitations. Des minerais analogues et cloisonnés pénètrent les parties argileuses des landes. Enfin, au-dessous de cette formation sableuse si récente, se trouve la couche argileuse qui retient les eaux dans les landes et qui est pénétrée elle-même en beaucoup de points d'hydroxyde de fer en plaquettes, géodes, etc. Tous ces minerais sont exploités, et alimentent un assez grand nombre de hauts fourneaux.

On voit, en résumé, que l'époque alluviale fut marquée, en France, par la génération d'une grande quantité d'hydroxydes de fer. Sans doute , bon nombre de gîtes , surtout dans les régions du Jura, du Bas-Rhin, de la Côte-d'Or, doivent leur existence au remaniement de gîtes préexistants ; mais, cependant, la majeure partie doit être attribuée à l'action de sources contemporaines. Le tiers environ des hauts fourneaux de France est alimenté par les minerais alluviens.

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