BRÉSIL. PROVINCE DE M1NAS-GERAES
feres. Il semble que la masse entière ait été soumise à une action de pénétration générale ; ces principes métallifères deviennent quelquefois tellement dominants qu'ils ont masqué, en quelque sorte, le caractère premier des roches; le quartz a surtout une grande aptitude à 6e pénétrer des éléments métalliques.
Le minerai le plus ordinaire est le fer à l'état de fer olygiste, et quelquefois à l'état de pyrite aurifère; viennent ensuite l'oxyde ou le carbonate de manganèse, l'or natif et ses annexes.
La généralité de dispersion de l'or est telle que, dans certains pays de mines, une roche stratifiée quelconque, broyée et lavée, fournit de l'or. Enfin l'or est concentré en plusieurs points de ces mêmes roches, surtout lorsqu'elles sont chargées de fer olygiste et de manganèse ; il y forme des gîtes de contact qui ont pu être exploités directement par travaux souterrains.
A Gongo-Socco , à Villarica, à Moroveilio , à Taqnary, on exploite ainsi, pour l'or qu'elle contient, la roche dite Yacotinga, jaspe rougeâtre, schisteux, dont les feuillets sont enduits de fer olygiste. On exploite également le grès manganésifere et, sur quelques points, à Taquary, par exemple, des schistes blancs talqueux et des schistes argileux ardoisiers en contact avec l'yacotinga; ces grès et schistes contiennent l'or intercalé en feuillets dans les plans de stratification, ou, dans certaines fissures, en rameaux cristallins. Le carbonate de manganèse est du reste le meilleur guide pour cette recherche directe de l'or. Rien n'est plus variable que la proportion d'or que contiennent ces roches; souvent une journée seule compense des travaux restés stériles pendant des semaines. En 1837, la compagnie impériale de Gongo-Socco, qui est la principale , a extrait 18 000 tonnes de minerai , qui ont produit 700 kilogr. d'or ; ce qui ne fait que jëïïïïô Pour *a teneur moyenne du gîte, ç'est-à-dire environ 100 grammes d'or par mètre cube de minerai. Six autres compagnies ont produit ,
dans des conditions analogues, 950 kilogr. d'or dans la même année ; ce qui porte à cinq millions la valeur totale produite par le district de Gongo-Socco dans la période la plus active de ses exploitations.
Les autres exploitations du Brésil sont établies sur les sables des rivières, ou sur des alluvions anciennes, enrichies par l'action érosive des eaux sur des gîtes analogues à ceux de Gongo- Socco. Toutes ces alluvions contiennent des quartz ferrifères et des grès métamorphiques. Les mêmes sables renferment, à la fois, l'or, le palladium, le platine, l'osmium, l'iridium et le diamant, à Rio-Guarahi, Rio-Abaete, Tejuco, Corrego-das- Lagens. M. Pissis a observé que toutes les rivières dont les alluvions sont aurifères et gemmifères, dans le sud de la province de Saint-Paul , ne le sont qu'après avoir quitté une formation d'argile schisteuse et de calcaires supérieurs aux grès, et après avoir traversé les grès qui se rapportent à l'itacolumite.
Dans plusieurs cas, on a trouvé le diamant directement engagé dans un quartz blanc, grenu, qui lui servait de gangue, notamment dans les grès de Serra-Grammangoa. Quant aux autres gemmes , telles que les topazes si communes au Brésil, l'euclase et le béril , elles se trouvent à la fois roulées et directement engagées dans des bancs d'itacolumite fortement chargés de talc, de chlorite et d'oxyde de manganèse. Ces gemmes sont logées dans des druses talqueuses, en cristaux, confusément mélangés de cristaux de quartz blanc ou améthysé. C'est surtout entre Villarica et la chaîne de Dios te Livre que se trouvent les gemmes.
Ainsi , les terrains quartzeux , à la fois gemmifères et métallifères, présentent tous les caractères du métamorphisme le plus complet. Les porphyres amphiboliques traversent ces terrains sous forme de filons, de dykes amoncelés, souvent rapprochés et formant des séries de collines. Le terrain si profondément modifié est-il bien le terrain de transition? Il y a lieu d'en douter, du moins pour toute la masse, car les parties supérieures (argile schisteuse, calcaire, grès et quartz métamor-