‹ Traité du goître et du crétinismeChapitre 20 sur 70 · DES MOYENS A OPPOSER AU GOITRE ET AU CRÉTINISME · texte numérisé non relu

DES MOYENS A OPPOSER AU GOITRE ET AU CRÉTINISME

Il résulte évidemment de tout ce que nous avons dit précédemment, qu'il faut, pour le développement du goitre et du crétinisme , le concours de plusieurs causes, et nous avons prouvé que sa génèse ne dépendait pas uniquement des causes locales qui sont inamovibles, mais qu'il fallait encore y adjoindre l'action d'autres causes dépendant de la vie sociale, et qu'en les amendant , on doit améliorer les conditions dans lesquelles se trouvent les populations infectées , et avoir l'espérance d'arriver à faire disparaître ces deux infirmités et à en empêcher le retour. Heureusement que les causes locales ne suffisent pas, car, si leur action était suffisante, on serait obligé de renoncer à l'espoir d'améliorer l'état physique des populations.

Pendant longtemps on. a cru que le crétinisme était une infirmité incurable, et que tous les efibrts que l'on tenterait pour le détruire seraient inutiles. Les familles au sein desquelles naissaient ces malheureux crétins, persuadées qu'elles ne pourraient rien opposer au développement de leur infirmité, les abandon-

naient à leur triste sort comme des êtres complètement inutiles. Quelques mères superstitieuses les considéraient même comme un don du ciel, et étaient persuadées qu'elles ne devaient rien faire pour améliorer la santé de ces enfants.

Jusqu'au moment où de Saussure etFodéré étudièrent la nature des causes du crétinisme, et recherchèrent les moyens à lui opposer, les médecins n'avaient rien tenté, ni pour le prévenir, ni pour le guérir.

Fodéré , pensant que la grande humidité de l'air était une des principales causes, proposa des moyens pour s'opposer à cette terrible infirmité; il engagea les jeunes gens à se marier avec des filles prises dans les localités exemptes de crétinisme, et à élever les enfants sur les hauteurs, où Tair est plus vif et plus pur.

Quelques auteurs engagèrent les familles à observer les règles d'une bonne hygiène, soit dans leurs habitations, soit dans leur alimentation.

Les améliorations obtenues par ces conseils encouragèrent les médecins à ne pas désespérer de la guérison du crétinisme: ils recueilHrent des observations, multiplièrent les expériences, et virent que des enfants nés avec les signes caractéristiques du crétinisme, provenant de parents chez lesquels cette infirmité existait depuis longtemps, ayant été confiés à des nourrices saines, habitant des localités où le crétinisme n'existe point, et entourés de toute espèce de

soins, avaient perdu petit à petit les caractères positifs de crétinisme et avaient acquis de l'intelligence; ils conseillèrent de soustraire ces enfants , aussitôt après leur naissance, aux causes fâcheuses capables de faire développer le crétinisme, et les succès qu'ils ont obtenus devinrent la preuve que cette infirmité n'était point incurable.

Ils recherchèrent alors avec plus de soin à reconnaître quelles pouvaient être les causes du crétinisme et les moyens à lui opposer.

Influence de la civilisation, comme moyen à opposer au

crétinisme.

Tout observateur qui pénètre dans ces vallées profondes , envahies par le goitre et le crétinisme, oii la quantité de terrain propre à la culture est très-petite , et dont le peu de fertilité ne permet pas d'en retirer des récoltes suffisantes à la nourriture de toute la population, en voyant les difficultés que présentent les voies de communication, difficiles en été par la position des habitations pauvres, chétives, qui sont disséminées sur les pentes rapides et escarpées des hautes montagnes des Alpes, et impossibles à aborder en hiverà cause de la quantité de neige qui tombe et qui séjourne pendant plus de la moitié de l'année, comprend facilement que cet état de misère doitcontribuerà entretenir dans de tristes conditions les pauvres habitants que l'on y l'encontre. Illui suffit d'entrer pendant un instant dans

ces réduits, dans ces étables , où ces malheureux gisent pendant huit mois de l'année, privés de lumière, respirant un air humide , vicié par les émanations les plus infectes, pour voir que leur organisme doit promptement et facilement dégénérer.

En présence de ces faits , et en considérant que les causes présumées, que nous avons décrites plus haut, concourent, plus ou. moins, toutes ou en partie, au dépérissement de Tespèce humaine, il était important de chercher si la civiUsation , en pénétrant dans les pays infectés de goitreux et de crétins, en développant le commerce et l'industrie, en apportant l'aisance, en propageant l'instruction, pouvait exercer une influence heureuse sur ces deux infirmités. En effet, nous avons vu que le défaut de commerce est une des causes puissantes qui contribuent indirectement au développement du crétinisme. Dans les vallées qui se terminent à des points où il n'a pu être établi de routes de communication, les habitants ne peuvent sehvrer à aucun commerce ; ils se contentent d'exporter quelques fromages , quelques mulets , et d'importer, en échange les céréales qui leur sont nécessaires pour leur consommation. Leur industrie est donc bien limitée! Ils vivent dans l'oisiveté et Tignorance la plus complète; il en est très-peu qui sachent lire ; ils cultivent, seulement pendant l'été , quelques pauvres champs d'avoine, et passent l'hiver dans l'inaction la plus absolue.

Pour se faire une idée juste de l'apathie de ces populations, il suffit de pénétrer dans les villages. Là, tous les enfants, au lieu d'être vifs, gais, comme ils le sont ailleurs , au lieu de chercher à jouer , restent seuls, accroupis dans quelque coin des étables ou sur le seuil des habitations, vous regardant avec des yeux stupides. Les hommes travaillent avec lenteur, sont lents dans leurs mouvements, parlent peu, et si vous les surprenez après leurs repas , vous les trouverez endormis.

Plus on s'écarte des centres de population , plus on trouve d'abrutissement et de crétins; mais dans les localités où, autrefois, il y avait beaucoup de goitreux et de crétins , où de grandes routes ont été faites , et où, par conséquent, le commerce et l'industrie ont pénétré, le nombre en a sensiblement diminué; ainsi, dans la Maurienne , depuis que la route de France à Turin a été construite, la santé publique s'est améliorée.

Ce qui prouve , avec la dernière évidence, le rôle important de la civihsation et du commerce dans la diminution du crétinisme, ce sont les différents faits qui ont été constatés dans des localités éloignées les unes des autres ; ainsi , à Saint-Jean-de-Maurienne , où le goitre et le crétinisme existaient au plus haut degré, depuis que les armées françaises pénétrèrent dans cette vallée , l'aisance qu'elles y amenèrent etqu'elles y ont laissée depuis leur passage, en permet-

456 ^ tant aux habitants de reconstruire leurs maisons, en les forçant de les élever sur un alignement, en donnant plus de largeur aux rues de cette ville , en facilitant ainsi la circulation de l'air, qui, jusque-là, ne pouvait se renouveler, en donnant accès à une plus grande lumière , en desséchant les rues , a amené la diminution du nombre des goitreux et des crétins. . Dans le bourg d'Allevard, depuis que les usines métallurgiques ont acquis l'importance qu'elles ont actuellement, qu'elles emploient une £;Tande quantité d'ouvriers ; depuis que la création de l'établissement thermal sulfureux amène une quantité considérable d'étrangers, qui laissent beaucoup d'argent dans le pays ; que la plupart des rues ont été entièrement reconstruites et élargies, le nombre des crétins a trèsnotablement diminué et il en naît beaucoup moins. Il existait autrefois à Allevard , ainsi que nous l'avons déjà dit , une rue entière dont les habitations de tout un côté étaient occupées par des goitreux et des crétins. Ces mauvaises maisons, basses et humides, étaient toutes en partie construites sur un ruisseau qui les traversait en-dessous, et dont les eaux provenaient de l'écoulement des marais situés dans la vallée. Depuis que ces maisons ont été reconstruites en suivant des règles hygiéniques mieux entendues, on n'y voit plus naître de crétins, et il est certain qu^à Allevard leur nombre a diminué depuis qu'il y a plus d'aisance dans la classe ouvrière.

La facilité pour les communications, que donne la création de nouvelles routes , est donc un moyen très-avantageux pour arriver à la diminution du crétinisme.

Le crétinisme suit évidemment l'état d'apathie et d'abrutissement des habitants d'une contrée. Il y a certainement infiniment moins de crétins aujourd'hui dans les vallées de la Savoie et des Alpes du Dauphiné, qu'il n'y en avait du temps de Fodéré, où ces malheureux passaient encore pour saints , et où on lui montrait comme des reliques les béquilles d'un de ses oncles maternels qui était mort dans cet état. La stupidité physique et morale qu'on reprochait aux bas Valaisans, s'est dissipée en majeure partie depuis une trentaine d'années, soit par l'usage qui s'est éta-bli de faire nourrir les enfants dans la montagne, soit par la route du Simplon , par l'esprit de liberté, d'industrie et. de commerce qui s'y est étabh, et parce qu'une nouvelle aisance leur a permis de suivre un meilleur régime, entre autres, deselivrer à l'usagedu café et de boire du vin. N'est-il pas vrai que lacivilisa^^ tien et la domesticité sont au règne animal ce que la nature est aux plantes? Une longue suite de générations bien éduquées ne donne-t-elle pas les plus belles races ? D'ailleurs, la vie sociale n'influe-t-elle pas singulièrement sur notre physique et notre moral, et, suivant les différences, ne fait-elle pas de nous des êtres stupides ou des- hommes intelligents ?

La civilisation, en introduisant dans les vallées des Alpes des habitudes hygiéniques mieux entendues , contribuent puissamment à améliorer la condition physique des populations des régions si peu privilégiées par la nature. Ce qui le prouve avec la dernière évidence, c'est le fait suivant , qu'un médecin de la ville d^Aoste m'a engagé à bien étudier, et qui, réellement, présente, pour Fétude du crétinisme, un sujet des plus importants :

Dans la vallée d'Aoste, on remarque deux vallées , celle de Challant et celle de Gressonay, qui commencent au pied du Mont-Rose, et se rendent, en suivant la direction du nord au sud , Tune à Donnaz, l'autre à Yerres, sur les bords de la Doire, dans la vallée d'Aoste. La nature géologique du sol est la même dans ces deux vallées. Elles sont parcourues, dans toute leur étendue , par un torrent dont la nature des eaux est à peu près la même, et qui servent exclusivement à la boisson des habitants. Ces vallées ont à peu près les mêmes profondeurs, les mêmes largeurs ; elles sont séparées par la même montagne. Les courants d'air y sont les mêmes; la température y est identique; la végétation, Tespèce du bétail, aussi belles dans l'une que dans l'autre. Il y a près d'un siècle, le nombre des crétins était le même dans ces deux vallées, depuis leur origine jusqu'à leur terminaison. Dans la vallée de Challant, on en compte 64 au village de Verres; 15 à Ayaz ; 160 à Issogne, et 29 à Brusson.

Dans la vallée de Gressoney, on n'en compte plus que 4 à Bard; % à Lilianes, et point dans les autres villages; ce qui fait 6 crétins sur 4217 habitants, tandis que, dans l'autre vallée, on en compte 268 sur 5792 habitants.

La cause de cette différence est tout entière en ce que la population de cette vallée est devenue très-industrielle : elle habite des villages spacieux, convenablement exposés, très-propres; les arbres fruitiers n'entourent pas les habitations ; les maisons ont deux étages ; les pièces sont larges, bien aérées; la propreté est exquise; les fenêtres sont larges, on les ouvre souvent; les étables sont bien construites, le fumier n'y croupit pas , et elles sont bien aérées. Il n'y a plus ni pauvres ni mendiants ; tous les hommes se livrent à un commerce de transit , d'échanges avec les produits du Piémont et du Yalais, par une route qui rend les communications faciles entre ces deux pays. Les enfants sont bien soignés ; ils apprennent tous à lire et à écrire. Les habitants changent souvent de linge; leurs habillements sont propres, simples, et leur nourriture est saine; ils boivent du vin qu'ils vont chercher dans le Piémont. Cette population est active et laborieuse ; l'aisance y est générale.

Au contraire , les habitants de l'autre vallée ne se livrent, en été, qu'à la culture de leurs champs, et passent l'hiver dans les écuries, plongés dans la plus complète inertie. Leurs villages sont mal exposés;

leurs maisons basses et malsaines; ils ont tous le teint pâle et maladif. Les enfants sont abandonnés à euxmêmes, n'apprenant pas à lire, et passent leur temps à dormir dans les étables : aussi n'est-on pas étonné d'y trouver un grand nombre de goitreux et de crétins, tandis que dans la vallée voisine il n'en existe presque plus.

Dans les villages de la Tarentaise, depuis qu'à l'imitation des habitants de certains villages de la Maurienne , les hommes émigrent pendant la mauvaise saison , le nombre des goitreux et des crétins diminue.

Tous ces émigrants rapportent de leur séjour à l'étranger quelques économies qui leur permettent de reconstruire de nouvelles habitations.

L'habitude qu'ils ont contractée de vivre, pendant l'hiver, dans des habitations plus saines, plus aérées , leur a appris à en apprécier les avantages, à connaitre l'importance qu'il y a pour la santé d'habiter des chambres plus spacieuses, mieux aérées; aussi, les nouvelles maisons ne sont plus à comparer avec les anciennes.

Depuis que l'on a amélioré le passage du petit Saint-Bernard, les villages de la Tarentaise , qui sont entrés en relation avec le Piémont, ont vu diminuer le nombre des goitreux et des crétins, par suite de Taisance qui en est résulté.

Il serait laciie de multiplier ces exemples de f;iiis

qui prouvent qu'en facilitant les communications d'un pays à un autre, en améliorant les conditions des pays infectés, en favorisant le développement de Tindustrie et du commerce, on éliminera quelques causes de dégénérescence , et on finira par détruire le crétinisme. Ce qui le prouve , c'est ce qui se passe dans les localités des Alpes oij existent des établissements métallurgiques établis depuis peu , ou qui ont acquis une plus grande importance et ont exigé un développement nouveau.

Dans ces villages, l'industrie a amené l'aisance parmi les ouvriers, et les bénéfices qu'ils obtiennent par le travail plus soutenu quHls font pendant toute l'année et dont ils étaient privés autrefois, contribuant à améliorer leur existence, leur ont permis de réparer, de reconstruire de nouvelles habitations, de mieux se nourrir. Parmi ses populations, autrefois si malheureuses, et qui étaient infectées de goitre et de crétinisme , le nombre des individus qui en étaient atteints a diminué d'une manière très-notable.

On peut dire avec certitude que plus une vallée est privée de communications, plus il y a de goitreux et de crétins.

Ainsi, avant que la route d'Uriage à Yizille ne fût construite, le nombre des crétins était plus considérable dans la vallée de Yaulnaveys , où depuis il tend à diminuer.

Dans la vallée de l'Oisans , depuis que la route de

Grenoble à Briançon a été construite, la commune de Livet, qui était si misérable, voit , de jour en jour, sa misère diminuer, et la santé des habitants s'améliorer de plus en plus.

L'impureté de l'air étant, ainsi que nous Tavons signalé, une cause qui exerce une action fâcheuse, bien manifeste sur l'organisme, il est de la plus haute importance de dessécher les nombreux marais qui existent dans beaucoup de vallées , notamment dans celle de l'Isère, d'endiguer les rivières, les torrents, et de cultiver, le plus promptement possible, les nouveaux terrains qui seront conquis sur les délaissés des eaux; on ne devra pas les convertir en prairies , qui seraient toujours humides, et dans lesquelles prédomineraient les plantes aquatiques; il faudra engager les habitants à abattre ces grands arbres qui entourent les habitations, sous lesquels elles sont littéralement ensevehes, qui empêchent la circulation de Tair et son renouvellement, qui, par leurs feuillages touffus , ne permettent pas aux rayons du soleil d'y faire sentir leur action bienfaisante et d'enlever l'excès d'humidité dans laquelle sont plongées ces habitations.

11 serait très-important de créer, dans les communes, des salles d'asile où les petits enfants seraient entourés de tous les soins que les religieuses savent si bien leur prodiguer. Ces pauvres petites créatures trouveraient ainsi tous les soins si nécessaires dans ce premier âge. Elles ne seraient plus abandonnées a

elles-mêmes comme elles le sont par leurs parents , qui les confient , pendant qu'ils vont vaquer aux travaux des champs, aux soins inintelligents des autres enfants, ou même de quelque crétin, ainsi que je l'ai observé souvent.

Je ne doute pas que cette création de crèches et de salles d'asile sur les lieux élevés, où l'on recueillerait les petits crétins, et où ils seraient allaités par des nourrices étrangères aux localités infectées, ne soient un moyen puissant à opposer au développement du crétinisme, car, comme je 1 ai dit plus haut , la santé de la vie entière dépend des premiers soins. Ce qui prouve combien il serait nécessaire de mettre en nourrice dans des localités saines les enfants qui naissent dans les vallées infectées , c'est ce que deviennent les enfants trouvés des hospices de Grenoble et de Marseille, qui sont confiés à des nourrices des vallées de rOisans et des Hautes-Alpes, où le goitre et le crétinisme sont si fréquents. Le plus grand nombre de ces enfants deviennent goitreux et crétins , ainsi qu'il est facile de s''en assurer , soit par les registres de ces hospices, soit par les enfants des deux sexes, qui, à cause de ces infirmités, ont été retirés par les hospices. Il suffit de visiter à Grenoble les écoles établies dans l'hospice pour l'instruction de ces enfants; on en verra beaucoup qui sont goitreux et crétins. M. le Préfet des Hautes-Alpes , dans le département duquel sont placés les enfants des hospices de Mar-

seille, m'écrivait que la plupart de ces infortunés devenaient goitreux et crétins. Ces faits ne prouventils pas aussi que le goitre et le crétinisme ne sont pas essentiellement héréditaires , puisque dans les villes de Marseille et de Grenoble il n'y a ni goitreux ni crétins ?

Le tableau suivant dont j'ai relevé les chiffres sur les registres de Grenoble, montre combien est grande la mortalité des enfants trouvés , exposés dans cette ville et envoyés en nourrice dans la vallée del'Oisans.

Années.

Nombre d'enfents exposés.

Restent virants.

en

en

en

en

en

en

en

Total.

Total. . 745

Sur ces 145 enfants , près de la moitié sont goitreux ou crétins.

Ces chiffres parlent assez par eux-mêmes , et démontrent quelle est la puissance de l'action des causes d'insalubrité propres à déterminer la dégénérescence de l'organisme, à faciliter le développement du goitre et du crétinisme.

C'est dans les villages d'Oz , d'Auris, les plus pauvres et les plus insalubres, que l'on voit le plus grand

nombre de goitreux et de crétins parmi les enfants trouvés envoyés en nourrice dans l'Oisans.

Les populations s'accordent toutes à dire que les eaux sont la cause du goitre et ducrétinisme, et, bien que nous ayons démontré que c'était là une erreur, et comme, cependant, dans beaucoup de localités, elles sont assez mauvaises et qu'elles peuvent avoir des qualités nuisibles , il faudrait, partout oii cela est possible, établir des citernes et les revêtir intérieurement d'un bon ciment, afin que les eaux pluviales qu'on y recueillerait ne soient jamais en contact avec le sol. Il faudrait avoir soin, pour cela, d'éconduire la première couche de pluie qui lave les toits, à cause de la poussière qui les recouvre. On aura ainsi une bonne eau , qu'il suffira d'agiter fortement à Pair libre lorsqu'on voudra s'en servir. Chaque famille ne pourrait pas établir une citerne, car beaucoup ne seraient pas à même de faire cette dépense; mais plusieurs familles pourraient s'associer pour cela; la commune ellemême, sur son budget , pourrait prélever la dépense nécessaire à cette construction ; on établirait facilement une immense citerne oii l'on recueillerait les eaux des toits de Téglise , de la maison d'école , du presbytère, et qui fournirait une grande quantité d'eau ; on continuerait de faire usage des sources ordinaires pour le bétail et les besoins domestiques. Il faudrait recueillir à leur source les eaux jugées salutaires, et les conduire, jusqu'au point oii l'on veut en

faire usage , au moyen de conduits bien fermés, afin d'éviter toute communication avec le sol et toute espèce de filtration. Cette mesure s'opposerait à ce que les eaux, dans leur parcours, ne se mélangeassent de débris végétaux, de matières animales , et ne dissolvassent les sels qu'elles pourraient enlever aux différents terrains situés sur leur passage.

Ce qui prouve que le crétinisme peut guérir, ou du moins s'améliorer , ce sont les faits obtenus par le docteur Guggembûhl dans l'établissement qu'il a créé sur l'Abendberg, dans le canton de Berne, destiné au traitement spécial du crétinisme , à l'instar des établissements français, fondés pour l'éducation physique et intellectuelle des jeunes idiots de naissance.

Ayant entendu parler des résultats satisfaisants qu'il avait eus, de leur importance, et m'occupant sérieusement de la recherche des moyens à opposer au crétinisme , je suis allé visiter cet établissement et étudier la méthode de traitement mis en usage par le docteur Guggenbùhl , que je rapporte ici dans tout son entier.

Etablissement de l'Abendberg.

Le bel établissement du docteur Guggembûhl est placé près dlnterlacken, dans le canton de Berne , sur la montagne de l'Abendberg , élevée de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer , à 475 mètres audessus des lacs de Brientz et de Thûn. Les bâtiments

sont divisés en deux parties et entourés de champs cultivés et plantés d'arbres dont les produits suffisent à la consommation annuelle. L'eau qui sert de boisson et à tous les usages domestiques , est fournie par deux belles sources très-limpides, abondantes et intarissables ; leur analyse démontre qu'elles sont composées d'une faible quantité de sels, qu'elles contiennent une certaine quantité d'air et une certaine proportion d'acide carbonique; et comme c'est à ces deux gaz que l'eau doit la plus grande partie de sa saveur, il est évident que ces sources réunissent toutes les qualités attribuées à une bonne eau potable.

Ces eaux ont ainsi les qualités requises pour une bonne eau; elles cuisent très-bien les légumes, dissolvent le savon , et la panification de la farine est trèsfacile. L'exposition au sud-est est très-belle ; le soleil y donne du matin au soir , même quand les lacs sont couverts de brouillards. Le climat est doux, et l'hiver plus tempéré que dans les vallées adjacentes et situées plus bas ; les courants d'air , fréquents mais modérés , renouvellent l'air facilement. Les dortoirs sont vastes, propres , bien aérés, chauffés convenablement. L'alimentation est saine et variée. Le docteur Guggembûhl est secondé, dans son établissement, par des religieuses dont le dévouement pour les malheureux qui y sont réunis est sans bornes.

Tel est l'institut de l'Abendberg. La méthode sui-

vie par ce savant praticien consiste dans l'association de la médecine et de l'éducation.

Le premier but auquel tend le docteur Guggembûhl consiste à relever la constitution des enfants par une alimentation substantielle et l'air pur qu'ils respirent sur l'Abendberg.Il emploie le lait de chèvre" de préférence à celui de vache ; les préparations ferrugineuses de quinquina; le sirop de feuilles de noyer; celui de proto-iodure , auquel il a reconnu une action et une influence très-heureuses pour relever les forces sénérales. Il fait usage de bons vins, dont l'action stiroulante réveille l'énergie musculaire et excite favorablement les centres nerveux; il emploie fréquemment les bains tièdes, rendus aromatiques au moyen de la décoction de plantes aromatiques; de plus, il galvanise l'eau de ces bains au moyen d'un appareil composé de plusieurs couples et construit à cet effet; il frictionne toute la surface du corps avec des décoctions ou des pommades aromatiques, et après, il soumet la tête des crétins et tout leur corps, pendant des nuits entières, à l'action électrique modérée mais continue, d'appareils organiques très-ingénieux. Ces divers moyens mis en usage contribuent au développement du corps, et les résultats obtenus en justifient l'heureuse influence sur l'énergie musculaire.

A tous ces moyens mis en usage, il faut ajouter les exercices gymnastiques , q»n contribuent également à développer le corps et à éveiller l'intelligenôe.

Lorsque la constitution de l'enfant s'est améliorée d'une manière notable, le docteur Guggembùhl dirige ses efforts de manière à développer son intelligence. Son but, en commençant cette éducation , est de reconnaître la force de ses sens, de son intelligence, de ses instincts et de ses sens moraux.

Il a constaté qu'un grand nombre de crétins atteints de mutité ne sont point affectés en même temps de surdité, et qu'ils ont, au contraire, Fouie très-fine. Parmi tous les crétins réunis dans cet établissement , ce sont ceux-ci qui appellent plus vivement Tattention du praticien. Au moyen de l'organe de l'audition, il parvient plus facilement et plus promptement à développer l'intelligence, et ces enfants sont ceux qui retirent la plus grande amélioration dans leur triste condition. J'ai vu quelques-uns de ces crétins qui , jusque-là, n'avaient fait entendre que des hurlements ou une espèce de grognement, et qui étaient parvenus à les remplacer par des sons articulés qu'ils prononçaient très-bien.

L'organe de la vue aide aussi beaucoup à Téducation donnée aux crétins au moyen du sens de Taudition. Jamais il ne leur permet de prononcer une parole avant qu'on ne leur ait montré le mot écrit et qu'on ait cherché à leur en faciliter le son en leur apprenant le mouvement que les lèvres doivent exécuter.

Les couleurs, les images des choses, des objets,

leurs sont présentés sous les yeux avec ordre et méthode. Ce moyen contribue puissamment au.développement de leurs facultés intellectuelles.

Ceux de ces malheureux qui sont sourds et aveugles, ou bien qui ont la vue très-faible , soit par suite d'imperfections de Torgane de la vision , ou par suite de maladies, sont incurables, malgré toute la persévérance employée à combattre leur triste condition.

Le tact est un des grands moyens employés par le docteur Guggenbûlh pour Téducation des crétins. Lorsqu'on leur prononce un mot, qu'on leur en fait entendre le son qui l'exprime, et qu'on le leur montre par écrit, on leur met entre les mains un caractère en bois qui le désigne et appelle ainsi davantage leur attention.

C'est un excellent moyen de la fixer, au moyen de choses matérielles qui représentent les mots. Ainsi, veut-on leur parler d'une pièce de monnaie , la leur faire connaître, on fait un triple exercice en leur faisant prononcer d'abord le mot monnaie, en la leur dessinant sur une ardoise avec le nom au-dessous, et, enfin, en la leur donnant dans la main. Ainsi , pour le mot verre à boire , on écrit le mot verre, on le leur fait prononcer, on en fait le dessin sur une ardoise, et, enfin, on leur en donne un' dans la main. C'est alors qu'on leur en montre l'usage en le remplissant ,d'un liquide et en leur faisant avaler le contenu.

.Pour fixer leur attention , pour leur apprendre à

connaître les différents corps, leur divers goûts, on emploie l'odorat et le sens du goût au moyen de substances chimiques et alimentaires de goûts et d'odeurs variés.

Il est facile de voir quelle est la patience admirable du docteur Guggenbùlh et de ceux qui l'aident. Leur plus douce récompense est la satisfaction qu'ils éprouvent en voyant une créature , privée jusque-là de toute espèce d'intelligence , se développer peu à peu, et de devenir capable de vivre en société avec ses semblables.

Il s'efforce de donner une bonne direction aux instincts des enfants crétins ; de les modérer ; de diminuer cette faim si vive qui les porte à avaler toute espèce de substance; à régler leurs repas en les tenant occupés à des exercices gymnastiques auxquels ils prennent facilement du goût ; en les récompensant , soit avec des caresses, soit avec quelques bonbons dont ils sont très-friands.

Il cherche à faire naître des sentiments d'amitié qui puissent faire surmonter cette grande répugnance qu'ont les crétins à se rapprocher et à se lier entre eux, à faire disparaître cette tendance si commune à se mettre en colère pour le moindre motif.

Ces différents moyens , mis en usage avec une patience et une persévérance soutenues, ont produit d'excellents résultats, et le docteur Guggenbùlh est arrivé ainsi à améliorer la position de quelques cré-

tins, à un tel point, qu'ils ont pu apprendre quelques professions et se rendre ainsi utiles à la société.

Malgré ces beaux résultats , il est trop certain malheureusement, que beaucoup de ces infortunés n'en éprouvent aucune amélioration.

Pour obtenir un bon effet de cette éducation , il faut en général de quatre à six années , et plus les enfants sont jeunes, plus on a d'espoir d'améliorer leur position. Si les efforts tentés ne sont pas continués pendant plusieurs années, les bénéfices obtenus disparaissent rapidement. Les renseignements officiels que j'ai pu recueillir m'ont appris que plusieurs de ces enfants , envoyés du canton du Valais, avaient continué d'acquérir de plus en plus sous le rapport de la santé et de l'intelligence. Mais , en étudiant avec le plus grand soin les caractères physiques de ces enfants, il m'a paru évident que si véritablement il y avait parmi eux de véritables crétins, il y en avait aussi qui n'étaient que simplement atteints de rachitisme.

Quoi qu'il en soit, on ne peut qu'admirer la sollicitude du docteur Guggenbûlh, et approuver sa méthode, qui démontre, de la manière la plus évidente, que les soins, l'éducation, une bonne hygiène, sont d'excellents moyens à opposer au crétinisme.

Ne pourrait-on pas créer des écoles où l'on donnerait un enseignement approprié, et dont les éléments pourraient être empruntés, toutefois en les modifiant,

d'après l'état des crétins, à ce qui se pratique poulies petits idiots , dans les hospices d'aliénés de Paris, et à la méthode mise en usage à rétablissement de l'Abendberg, oîi j'ai constaté de si heureux résultats t

Des mariages.

Ainsi que je Tai dit, le nombre des goitreux et des crétins est plus considérable dans les villages où les jeunes gens se marient entre eux que dans ceux où ils vont chercher des femmes dans de localités saines et plus élevées; et cependant, je le répète, le crétinisme n'est point héréditaire. Néanmoins , dans les petites localités où les habitants se marient entre eux, le crétinisme s'introduit peu à peu dans toutes les familles et imprime à toute la population un cachet particulier. Les communes de Marcot, de Landry, dansla Tarentaise, en sont un exemple très-remarquable; mais cet état prédisposant doit être attribué aux influences fâcheuses qui ont agi sur les parents, et aux causes déterminantes consistant en certainesinfluences délétères. J'ai vu des crétins, mariés avec des femmes bien portantes, avoir des enfants sains et intelligents , tandis que des parents jouissant d'une parfaite santé, ont eu des enfants crétins. M. de Rambuteau, dans un Mémoire, disait que les Valaisanes qui s'unissaient à des Savoyards donnaient plutôt le jour à des crétins que celles qui se mariaient avec

des gens du pays; et les filles qui épousaient des hommes nés sur les hautes régions des montagnes, accoutumés à faii'e beaucoup d'exercice et à vivre avec sobriété, ou des Français, qui menaient une vie active et réglée, procréaient presque toujours des enfants sains et robustes. M. de Rambuteau croyait que cette différence tenait à ce que les Savoyards qui venaient se réfugier dans le Valais, étaient pour la plupart des hommes sans éducation , sans principes , habituellement livrés à l'ivrognerie et à la débauche , et par là, plus susceptibles de recevoir la fâcheuse influence du climat. Ces individus, apathiques, abrutis, pauvres, usés par les excès, se mariaient sous Tinfluence de fâcheuses conditions, et produisaient des enfants faibles, scrofuleux , disposés à subir les funestes influences de toutes les causes qui favorisent le goitre et le crélinisme.

Quelques auteurs ont pensé que les mariages entre crétins étaient une cause puissante de propagation de cette infirmité; mais, comme je l'ai déjà dit, les individus affectés de crétinisme sont presque tous irapuissants, et, par conséquent, ne peuvent procréer des enfants. Il peut arriver quelquefois que des individus, peu favorises par la fortune, consentent à épouser une fille entachée de crétinisme; dans ce cas-là, si cette femme n'est que légèrement affectée de cette infirmité, efle pourra concevoir, mais les enfants qui naîtront seront souvent crétins. Cependant , il est un ftit

très-important à remarquer, c'est que ces alliances sont rares, car les curés n'admettent au sacrement de mariage que les individus dont l'intelligence est telle, qu'ils ont pu recevoir une certaine instruction religieuse , et, comme je l'ai dit , il n'y a que les individus très-faiblement atteints de crétinisme,qui jouissent de quelques facultés intellectuelles. Il est heureux que les prêtres soient plus sévères, plus consciencieux, plus prudents que ne le sont les maires des communes, car ils s'opposent souvent à des mariages qui donneraient lieu à un plus grand nombre de crétins.

La loi n'a pas prévu ce cas, et présente ici une lacune que les législateurs devraient combler. Certes , s'opposer au mariage de personnes dont l'intelligence paraît un peu bornée , semblerait vouloir porter atteinte à la liberté des individus; mais, en présence d'une pareille infirmité , véritable fléau pour l'humanité, on conçoit que la loi devrait se montrer sévère; car , de pareils êtres sont pour la société une charge très-lourde, et ne présentent aucune utilité.

Assainissement des habitations.

L'assainissement des habitations est de la plus haute importance, et il est indispensable d'y pourvoir sérieusement. On s'est bien occupé de cette question en faisant la loi du 15 avril 1850 relative à l'assainissement des logements insalubres; mais, dans

cette loi, les législateurs ne se sont préoccupés que des villes et n'ont point songé à la misère des campa-gnes, surtout à celle des malheureuses populations des hautes r,égions montagneuses. Avant de montrer l'imperfection de cette loi , je crois devoir la rapporter ici textuellement, et je la ferai suivre de quelques commentaires.

L'art, l'r de la loi du 15 avril 1850 porte la teneur suivante :

« 1° Dans toute commune où le conseil municipal l'aura déclaré nécessaire par une délibération spéciale, il nommera une commission chargée de rechercher et d'indiquer les mesures indispensables d'assainissement des logements et dépendances insalubres mis en location ou occupés par d'autres que par le propriétaire, l'usufruitier ou l'usager. Sont réputés insalubres les logements qui se trouvent dans des conditions de nature à porter atteinte à la vie ou à la santé de leurs habitants ;

» 2° La commission se composera de neuf membres au plus et de cinq au moins. En feront nécessairement partie , un médecin, un architecte ou tout autre homme de l'art, ainsi qu'un membre du bureau de bienfaisance du conseil de prud'hommes , si ces institutions existent dans la commune. La présidence appartient au maire ou à l'adjoint. Le médecin et l'architecte pourront être choisis hors de la commune. La commission se renouvelle tous les deux ans par

tiers; les membres sortants sont indéfiniment rééligibles ;

» 3° La commission visitera les lieux signalés comme insalubres. Elle déterminera l'état d'insalubrité, et en indiquera les causes ainsi que les moyens d'y remédier. Elle désignera les logements qui ne seraient pas susceptibles d'assainissement;

» 4° Les rapports de la commission seront déposés au secrétariat delà mairie, et les parties intéressées mises en demeure d'en prendre communication et de produire leurs observations dans le délai d'un mois ;

> 5° A l'expiration de ce délai, les rapports et observations seront soumises au conseil municipal , qui déterminera : 1° les travaux d'assainissement et les lieux oîi ils devront être entièrement ou partiellement exécutés, ainsi que les délais de leur achèvement; 2» les habitations qui ne sont pas susceptibles d'assainissement ;

6° Un recours est ouvert aux intéressés contre ces décisions devant le conseil de préfecture, dans le délai d'un mois à dater de la notification de l'arrêté municipal. Ce recours sera suspensif;

7° En vertu de la décision du conseil municipal oû de celle du conseil de préfecture, en cas de recours, s il a été reconnu que les causes d'insalubrité sont dépendantes du fait du propriétaire ou de l'usufruitier, I autorité municipale lui enjoindra, par mesure d'ordre et de police, d'exécuter les travaux jugés nécessaires;

8» Les ouvertures pratiquées pour l'exéculion des travaux d'assainissement seront exemptées pendant trois ans de la contribution des portes et fenêtres ;

9° En cas d'inexécution dans les délais déterminés des travaux jugés nécessaires, et si le logement continue d'être occupé par un tiers, le propriétaire ou l'usufruitier sera passible d'une amende de seize francs à cent francs. Si les travaux n'ont pas été exécutés dans l'année qui aura suivi la condamnation, et si le logement insalubre a continué d'être occupé par un tiers, le propriétaire ou l'usufruitier sera passible d'une amende égale à la valeur des travaux et pouvant être élevée au double ;

iO" S'il est reconnu que le logement n'est pas susceptible d'assainissement, et que les causes d'insalubrité sont dépendantes de l'habitation elle-même, l'autorité municipale pourra , dans le délai qu'elle fixera, en interdire provisoirement la location à titre d'habitation. L'interdiction absolue ne pourra être prononcée que par le conseil de préfecture, et, dans ce cas , il y aura recours de sa décision devant le conseil d'Etat. Le propriétaire ou l'usufruitier qui aura contrevenu à l'interdiction prononcée sera condamné à une amende de seize à cent francs, et, en cas de récidive dans l'année , à une amende égale au double de la valeur locative du logement interdit;

ir Lorsque, par suite de l'exécution delà présente loi, il y aura lieu à résiliation des baux , cette résilia-

tion n'emportera, en faveur du locataire, aucuns dommages et intérêts;

12° L'article 463 du Code pénal sera applicable à toutes les contraventions ci-dessus indiquées ;

13" Lorsque l'insalubrité est le résultat de causes extérieures et permanentes , ou lorsque ces causes ne peuvent être détruites que par des travaux d'ensemble , la commune pourra acquérir, suivant les formes et après l'accomplissement des formalités prescrites par la loi du 3 mai 1 841 , la totalité des propriétés comprises dans le périmètre des travaux. Les portions de ces propriétés qui, après l'assainissement opéré , resteraient en dehors des alignements arrêtés pour les nouvelles constructions, pourront être revendues aux enchères publiques, sans que, dans ce cas, les anciens propriétaires ou leurs ayants droit puissent demander l'application des articles 60 et 61 de la loi du 3 mai 1841 ;

14° Les amendes prononcées en vertu de la présente loi seront attribuées en entier au bureau ou établissement de bienfaisance de la localité oiisont situées les habitations à raison desquelles ces amendes auront été encourues.

Deux années auparavant, un décret avait été rendu dans les prévisions que le choléra pouvant se déclarer dans toutes les communes, il était nécessaire de rechercher les moyens de rendre les habitations plus salubres ; mais ce décret est d'une application trèsdifficile, ainsi que je le dirai plus bas.

Arrêté du chef du pouvoir exécutif du 48 décembre

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