MICROMÈTRE OBJECTIF ET MICROMÈTRE OCULAIRE
deux micromètres : 1" le niicromèlre objectif; 2" le micromètre oculaire ou oculaire micromètre. On ne saurait se passer de ces deux instruments; employés ensemble, ils* servent à déterminer le pouvoir amplifiant du microscope avec chaque objectif.
251 . Le micromètre objectif est formé d'une série de petites lignes parallèles Irès-ténues, tracées sur une plaque de verre à des intervalles parfaitement égaux, par une pointe de diamant. Ces intervalles sont des centièmes de millimètre ; de cinq en cinq une des lignes dépasse les autres, et de dix en dix, celles-ci sont dépassées par les divisions principales.
Pour tracer exactement ces divisions, les co instructeurs se servent d'une vis micrométrique d'une exécution parfaite, portant un cercle divisé, qui tourne contre un vernier, afin d'avoir exactement les subdivisions du pas de vis, qui est dans un l'apport simple et déterminé d'avance avec le millimètre. Ordinairement c'est la plaque elle-même que la vis fait mouvoir en avant, d'un centième de millimètre à la fois, et la pointe du diamant n'a qu'un mouvement transversal à exécuter pour tracer une des petites lignes parallèles. On a fait ainsi des micromètres formés de 1 milliméire divisé en cinq cents et même mille et deux mille parties. C'est à Le Baillif, vers 1820, que l'on doit les principaux perfectionnements apportés à leur construction.
La petite lame de verre sur laquelle est tracé le micromètre est enchâssée dans une plaque de cuivre, et recouverte, ou non, du côté où sont les divisions par une lamelle de verre extrêmement mince, afin de pouvoir placer l'instrument sous tous les objectifs, quelle que soit leur longueur focale. Ces lignes^ étant très-fines, elles sont ordinairement assez difficiles à trouver et à mettre au foyer ; pour en faciliter la recherche, il faut marquer la place du millimètre par un ou deux points d'enrre placés sur les côtés. Les divisions se trouvent noyées dans la lumière et ne se voient pas avec les. faibles objectifs si l'on emploie toute la lumière que réfléchit le miroir ; il faut en conséquence n'en utiliser qu'une petite portion en faisant varier l'inclinaison de celui-ci.
252. Le micromètre oculaire est formé d'une plaque de verre portant un centimètre ou un demi-centimètre divisé en cent ou en cinquante parties, c'est-à-dire en dixièmes de millimètre. Cette plaque est fixée au diaphragme de l'oculaire, et comme lui placée exactement au foyer du verre supérieur.
Dans tous les oculaires micromètres qu'on livre encore habi-
202 MICROMÈTRES OCULAIRES A POINTES,
tuellemont, le pouvoir de celte lentille n'est pas déterminé, ce qui limite beaucoup l'emploi de cet instrument. Comme elle grossit un certain nombre de fois, ce ne'&onl plus des dixièmes de millimètre qu'on a en permanence dans l'oculaire, mais des fractions de millimètre indéterminées. Ce verre grossissant de six à sept fois environ, autant que j'ai pu le calculer, chaque dixième de millimètre est devenu égal à sept dixièmes de millimètre à peu près. Comme on peut tailler des verres oculaires supérieurs grossissant dix fois, il vaut mieux avoir des micromètres ainsi faits que d'autres, parce qu'on peut comparer exactement les divisions de ce micromètre aux centièmes de. millimètre du micromètre objectif, ce qui conduit à connaître le pouvoir amplifiant du microscope, comme nous le verrons plus loin.
253. (Juant aux micromètres oculaires à pointes et à ceux qui sont portés par la platine, et aux autres micromètres fondés sur l'emploi des vis, ils doivent être rejetés, à cause des erreurs causées par le temps perdu de celles-ci. Ils étaient construits de la manière suivante;
Le micromètre à aiguille et à cadran, de Martin, était composé d'une vis marquant des pas dont on connaissait exactement l'ècartement; elle était terminée à l'une de ses extrémités par une aiguille déliée, à l'autre par un indicateur qui parcourait les divisions tracées sur un cadran fixe et donnait la mesure exacte de la progression de la vis. On fixait l'appareil sur l'oculaire en faisant pénétrer l'aiguille déliée qui terminait l'une des extrémités de la vis dans le tube au point même où venait se former l'image de l'objet. En tournant alors la vis, la pointe de l'aiguille traversait l'image, tandis que l'indicateur marquait sur le cadran le point de départ et celui d'arrêt; un calcul fort simple donnait enfin un résultat assez exact.
Frauenbofer a construit sur ce principe un micromètre qui se plaçait sur la platine du microscopé, et la vis faisait marcher l'objet préparé ; un fil fendu dans l'oculaire servait de point de repère.
B. Détermination du pouvoir amplifiant des microscopes par la méthode dite de la chambre claire.
254. Le premier procédé, dû à Amici .(i821)-, consiste à reporter à la dislance 'de la vision distincte, à l'aide d'une c hambre claire (fig. 82, V, v), l'image grossie d'un micromètre objectif sur une
règle divisée en millimètres (a), et on note combien chaque centième de millimètre grossi couvre de millimètres ; le nombre des millimètres couverts indique combien de fois cent le microscope amplifie.
Au lieu de reporter l'image du micromètre sur une règle ou sur
Fig. 82. — Mesure du pouvoir amplifiant avec la chambre claire.
du papierdivisés fin millimétrés, on peut prendre avec un compas, sur ua pupitre ou sur la table sur laquelle on a reporté l'image à là distance de la vision distincte, l'écartement de chaque ligne séparant les centièmes de millimètre grossis. On voit ensuite sur une règle à combien de millimètres est devenu égal chaque centième de millimètre; le nombre obtenu indique combien de fois centl'image est plus grande que l'objet. Jusqu'à présent ce chiffre était, pour les opticiens et beaucoup d'observateurs, le grossissement des combinaisons d oculaire et objectif employées pour l'obtenir, mais nous avons vu (page 131) qu'il est trop considérable.
^^^0 Procédé dit de la double-vue. - L'autre procédé consiste a fixer les divisions du micromètre objectif dans le microscope avec un œil, pendant qu'avec l'autre onregarde (sur une feuille de papier placée a cote du tube du microscope à la distance de la vision distincte), les pointes d'un compas, comme le faisait Hooker (1667) pour mesurer la largeur des corpuscules qu'il étudiait. Observées avecl œil droit, par exemple, pendant que l'œil gauche fixe l'oculaire
204, DÉTERMINATION DU POUVOIR AMPLIFIANT. j
dans le microscope, les images des deux objets différe.ils, peintes séparément dans chacun des yeux, vont se superposer dans la partie des rentres nerveux qui esl le siège de la perception ; et a'ec un peu d'habitude, on voit les pointes du compas superposées aux divisions du micromètre objectif.
On peut mesurer alors combien une seule de cellcs-c>, apresavo.r été grossie, vaut de millimètres; ce qui est censé indiquer le pouvoir amplifiant, car si un centième de millimètre est rendu ega à un millimètre, l'image est réellement cent fois plus grande que
^tiô ' On comprend facilement que si on a fait une table âe la crandéur de l'image d'un centièn.e de millimètre, grossi et mesure l une distance toujours la même, pour chaque <^«-bniaiscui d oculaire et d'objectif, on pourra obtenir le volume absolu de tout objet placé sous le microscope, pourvu qu'il soit examiné avec la combinaison correspondante des oculaires et des objectifs et mesure exactpmpnt à la même distance.
T t e., l écartement des pointes d„ compas, ^^^^^J^ tensions de son image, indiqne anss, 'î^ ^' f^^ë
,rmi ou plus petit qu'un centième de millimètre. C est la un L"ens d'obtenir le volume des objets examinés au mieroscop :ra™ fond est exaet ; mais la difficnltè de placer le pup.U-e nlan fixe sur lequel on mesure tou ours exactement a la Sis'™»';»" !; été "aUeïa table comparative des grossissements le rend sujet a
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^pm-trot 0 a tpeT^^^^^^^ préparation. Ainsi ce procé é de d«™ter°e voluLdes objets ne sera, je crois, jamais emploie
^rrrr^aisons pour lesquelles le chiltre de la 8™"^- d^ [imai de cliaque centième de millimétré grossi n expi e tement combien de fois cent la combinaison "W"/, J'I ; lliculaire et objectif) grossit, mais donne to,i.,»urs un lesnltat tiop
élevé, sont les suivantes.
.C'est parce que, comme nous l'avons dit, ihnacje perçue n'est pas reportée à la distance de la vision distincte, mais à une distance moindre, qui, pour moi, qui suis un peu presbyte, et pour mon collègue J. Regnauld qui est un pou myope, est la même. Elle varie entre 14 centimètres i/o pour l'un des lorts objectifs (avec l'oculaire numéro 3) de mon microscope (800 diamètres réels), et 8 à 10 centimètres pour les plus faibles grossissements' (25 à AO diamètres).
Lorsque par exemple, après avoir trouvé que, mesurée avec la chambre claire à la distance de 13 centimètres trois quarts, l'image d'un centième de millimètre (avec mon objectif 5 et l'oculaire 5) égale 4 millimètres, c'est-à-dire égale précisément les dimensions que cette image a quand elle est mesurée directement dans le microscope, on en conclut, avec raison, que cette combinaison optique grossit quatre cents fois. Si l'on vient ensuite à mesurer la même image à 20, 22 ou 25- centimètres, distances adoptées comme celles de la vision distincte, on trouve qu'elle est plus grande des trois quarts au inoins que dans le premier cas.
259. Gomme la distance de 22 à 25 centimètres est celle qui est adoptée habituellement, on comprendra pourquoi les chiffres donnés par les opticiens sont plus grands des trois quarts environ que le grossissement ne semble l'exiger en fait, quand on observe directement des centièmes de millimètre grossis; on comprendra aussi pourquoi les dessins exécutés de celte manière dépassent dans les mêmes proportions l'image de l'obiet vue directement dans le microscope.
C'est là aussi la raison qui fait qu'on ne doit avoir aucune confiance dans la valeur des chiffres du grossissement indiqué par les tables des catalogues et des livres sur le microscope quand il a été mesuré de cette façon. Toujours ces grossissements sont exagérés de beaucoup el aucun des objectifs donnés comme grossissant cinq cents fois ou mille fois ne montre, avec une largeur de 5 ou iO millimètres, un corpuscule dont le diamètre est de un centième de millimètre.
D'après ce qui précède, on peut se rendre compte facilement aussi de la raison pourquoi les myopes, qui voient distinctement à une distance qui est de 15 cenlimctres environ, obtiennent en suivant ce procédé, dit de la double vue, un pouvoir amplifiant pour chaque combinaison optique, qui est moindre que celui obtenu par un presbyte. Les myopes obtiennent, en effet, des chiffres qui ne dépassent que de quarante à cinquante fois le grossissement