LUT AU BITUME DE JUDÉE
se dissolvant mal ou ne se dissolvant pas dans les liquides dont il va être question.
Pour préparer ce lut on introduit dans un flacon à largo ouverture, bouchant au liège, le bitume de Judée en poudre ou concassé.
Sur le bitume, on verse un volume à peu près égal du liquide : on laisse digérer un ou plusieurs jours, eu remuant de temps en temps à l'aide d'une baguette, jusqu'à ce qu'on ait un vernis ou sirop trèsépais et homogène.
Comme liquide dissolvant, on recommande les essences de térébenthine, de spic ou aspic {Lavandiila Spica, DC.) qui bouta 175°, de rairbaneou nitro-benzine du commerce; elle bout à 210". Mais comme elles s'évaporent lentement, il faut plus de deux àtroisjours pour que le ciment soit assez dur pour fixer la lame de verre. On perd ainsi beaucoup de préparations dans les dérangements d'objets si fréquents dans les laboratoires.
La benzine, bouillant à 86°, est de beaucoup préférable sous ce rapport; elle donne un lut assez dur, au bout de six à dix heures en été, de vingt-quatre heures en hiver, pour que la préparation puisse être mise en boîte après ce temps-là.
Le sulfure de carbone bouillant à 45" , pris comme dissolvant, donne un ciment dévenant dur plus rapidement encore. Seulement il a l'inconvénient de se fendiller et de laisser les liquides s'évaporer jusqu'à perte de la préparation. Pour empêcher cet accident, on peut ajouter au bifurae de la térébenthine de Veiiise ou du Canada, dans la proportion de 1 partie de celle-ci, pour 6 à 1 0 du premier. On a ain^si un lut tenace, non fragile et ne se fendillant pas avec le temps et par suite ne laissant pas fuir le liquide de la préparation, inconvénient qui se présente, si on ne prend que du bitume, sans térébenthine.
Sous ce rapport, cette addition est toujours utile, même quand on prend de la benzine, de l'essence de térébenthine qui bout à 156", ou ses analogues pour dissolvants. Ces derniers dissolvants sont du reste préférables au sulfure de carbone quand il s'agit des préparations que l'on veut garder en collection. Les autres dissolvants employés encore sont les essences de lavande {lavandulavera, DC), qui bout à 210", de citron qui bout à 175", etc. ; l'huile de naphte ou pétrole, bouillant de 80" à 115% celle de schiste, etc.
L'habitude fait vite reconnaître quel est le degré de viscosité que doit conserver ce cimentpour qu'il soit toujours d'un emploi facile et pour qu'en desséchant il ne donne pas une couche tellement
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mince, qu'il faille en ajouter une seconde. U est, du reste, souvent utile d'ajouter ainsi une deuxième et même une troisième couche à la première, quand les préparations sont épaisses ou doivent subir de fréquents maniements.
Ce ciment n'est attaqué que par l'essence de térébenthine, l'éther, le chloroforme et un peu par les huiles grasses et par l'alcool. U ne peut par conséquent pas servir à tenir longtemps bien fixés les verres des préparations conservées dans ces liquides.
2° Vernis noir, dit français ou du Japon. ^ 541. C'est un vernis à la résine laque ou au copal dur de Madagascar ou de Zanzibar, etc., rendu soluble dans l'alcool par oxydation à l'air selon le procédé Durozier, et noirci au noir de fumée. On l'achète chez les marchands de couleurs et de vernis qui fournissent les carrossiers et on s'en sert comme du précédent. U sèche vite et cimente bien. On peut le rendre moins fluide et moins coulant par addition d'une certaine proportion du précèdent.
30 Yeffiis h la laque.
542. Il se compose d'une dissolution delaquedu commerce dans l'alcool. On le trouve tout préparé chez lès marchands de vernis. Il forme un bon ciment, se desséchant vite, moins salissant que les précédents, mais qui exige qu'on passe plusieurs fois de nouvelles couches sur les premières.
4» Ciment ou colle des doreurs [Gold size des Anglais).
545. Pour le préparer , on fait bouillir, pendant trois heures, 25 parties d'huile de lin, 1 partie de minium et autant de terre d'ombre. On décante la portion du liquide qui est claire, puis on y ajoute lentement et peu à peu, partie égale, de céruse et d ocre jaune parfaitement broyés, en remuant le mélange sans interruption. On fait bouillir de nouveau, on décante et on enferme la mixtion dans une bouteille. On s'en sert avec un pinceau, et, au bout de quelques heures, on peut donner une nouvelle couche. Les préparations où entre cette mixtion seront laissées au repos pendant quelque temps avant d'être définitivement cimentées. (Beale, The Microscope, London, in-8- 1868, p. 48.) C'est M. Tlnvaites qui en a proposé l'emploi.
5° Ciment blanc de Ziecjler.
544. Ce ciment, perfectionné par Meyer de Francfort, a l'aspect