CONDITIONS QU'EXIGENT LKS APPLICATIONS DU MICROSCOPK
AUT. I. — DES CONDITIONS A REMPLIR POUU EMPLOYER LE MICROSCOPE EN ANATOMIlî NOllMALE ET PATHOLOGIQUE.
865. 11 ne faudrait pas croire que le microscope peut donner brutalement la solution de toute question de structure, comme par exemple celle de savoir si tel. fragment de tissu est ou n'est pas une muqueuse ou un produit morbide, sans avoir préalablement étudié avec soin ce qui caractérise ces tissus. A cet égard, bien des médecins oublient trop que l'anatomie normale est un sujet très-complexe, que sans elle l'anatomie pathologique bien plus complexe encore est impossible , et ils prennent en quelque sorte le microscope pour un instrument de divination.
Or il faut avant tout pouvoir constater non-seulemenl la présence des éléments caractéristiques de chaque tissu, mais encore leur arrangement réciproque qui a quelque chose de spécial pour chacun d'eux, et dont la comparaison avec la texluce des aulres tissus doit toujours être faite par l'anatomiste ; comparaison qui le guide dans les cas difficiles, où il s'agit de tissus différents formés par les mêmes éléments anatomiques. On peut dire en effet, sans exagération, que toute observation n'a de valeur que par quelque autre de celles qui l'ont précédée portant sur des objets analogues plutôt que par elle-même, ce qui fait que ces dilficultés diminuent ici à mesure qu'on multiplie les observations.
Il n'est, en effet, rien de plus varié que les nombreux aspects que peut prendre un même tissu sous des influences peu différentes au fond, mais pouvant présenter des degrés très-divers dont chacun est la' cause de quelque dilférence d'aspect. Ainsi, par exemple, la seule différence de vascularité d'une partie, sans qu'interviennent 'des changements dans les autres éléments, peut déjà modifier à elle seule à l'infini l'aspect d'un organe membraneux ou autre.
Il ne faudrait pas croire non plus que, dès qu'on possède un microscope, on peut arriver immédiatement à voir tout ce qui a été décrit à son aide, et reconnaître aussitôt les analogies et les différences établies entre divers corps.
Il est un des caractères anatomiques qu'on ne distuigue et auuiuels on ne donne l'importance qu'ils méritent, qu'après avonfait l'étude d'un grand nombre d'éléments ou de tissus, ordinairement moins complexes que les autres, montrant on quehiue sorte leurs caractères fondamentaux sous une tonne plus simple et plus facile à saisir.