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DES MOUVEMENTS AMIBOÏDES

inclus dans le corps des infusoires peuvent, ainsi que Dujardin l'a montré le premier, être oblenus à volonté par des infusoires quelconques, en ajoutant une petile quantité d'ammoniaque à l'eau dans laquelle iiagenl ces animaux. Il en est encore ainsi des leucocytes.

Les exsudations sarcodiques globuleuses ou discoïdes, quelles qu'elles soient, finissent par se liquéfier. 11 en est, surtout sur les gros infusoires, les Distomes, les Taenias, etc., qui, encore attenantes à l^nimal par un pédicule ou même libres, se creusent des vacuoles ou cavités sphériques pleine d'un liquide moins réfringent que la substance glutineuse, qui vont en grandissant jusqu'à destruction par rupture ou diffluence de la masse sarcodique. (Dujardin.) Ce fait est facile à vérifier en nombre de circonstances.

Certaines de ces gouttes et des précédentes présentent parfois des déformations lentes de l'ordre de celles dont il vient d'être question ci-dessus (page 561).

Des mouvements amiboïdes.

696. On a donné ce nom, par comparaison à ce qui s'obsei ve sur les Rhizopodes appelés Amibes, et sur divers infusoires à des mouvements constatés sur un grand nombre d'éléments anatomiques des végétaux les plus simples aussi bien que sur divers de ceux des animaux de toutes les classes. Ils ont été considérés comme de nature animale dans les uns aussi bien que dans les autres de ces êtres, c'est-à-dire comme des phénomènes assimilables à la contractilité. Suivant quelques auteurs, celte communauté de propriétés viendrait enlever toute distinction essentielle entre les animaux et les végétaux (Unger, A. Hoffmann, etc.), et pour les autres détacherait certaines familles du règne végétal pour les reporter dans le règne animal, telle est par exemple celle des champignons myxomycètes appelés par suite Mycétozoaires (de Bary, etc.) Ces phénomènes sont les mouvements appelés sarcodiques et aussi amiboïdes, observés sur le contenu et sur l'utricule azoté des jeunes cellules des plantes phanérogames (Unger, 1855), des Vaucheria et d'autres algues, puis les mouvemenis des Gonium et des Chlamydomonas, des Spiralina, etc., de celui également des spermatozoïdes des algues et de leurs zoospores. 11 s'agit aussi des mouvements amiboïdes observés par Schmilz, A. Hoffmann, et surtout par de Bary, sur le stroma ou matelas muqucux de quelques Hyménomycètes et de tous los Myxomycètes ; puis particulièrement enfin

Seet DES MOUVEMENTS AMIBOÏDES.

du passage à l'état de corps semblables aux infusoires rangés dans les genres Mojias et Amibes quani à leur forme, à leurs mouvements. A leurs déformations avec ou sans segmentation en deux, etc., de ce passage, dis-je, observé dans la cavité des cellulps filamenteuses de certaines algues, sur le contenu des spores des Myxomycètes, lors de leur germination (de Bary), et sur des spermatozoïdes de certaines algues. Déjà du reste, en 1841, Dujardin (Infusoires, p. 36), avait montré que la substance vivante qui sort des Navicu- 1..S, des Baccillaires, des Glosteries, etc., montre dans ses lobes une disposition à se mettre en globules semblant annoncer un certain degré de contractilité, ayant plus de rapport avec la substance intracellulaire des Characées et des Conjuguées qu'avec celle des infusoires, quoique cependant elle soit diaphane comme le sarcode

de ces derniers. . .

Pour quiconque a vérifié quelques-unes de ces observations, ainsi qu'il n'est pas difficile de le faire, l'analogie est incontestable entre les Amibes et les Monas d'origine. végétale et ceux qui se produisent aux dépens du vitellus des œufs de Planaires, de Mollusques, d'insectes diptères, etc., et de Poissons (ainsi que Reichert l'a vu il y a longtemps déjà) envoie d'altération. Leurs mouvements, leur manière d'englober divers corpuscules d'autres éléments anatomiques, etc., ou de se creuser des vacuoles hyalines, sont également on ne peut plus semblables dans ces corps et dans les filaments muqueux des Myxomycètes avec les phénomènes de môme ordre, dits sarcodiques ou amiboïdes, observés sur beaucoup d'infusoires, sur les leucocytes, et d'autres éléments anatoraiques de tous les animaux.

La production d'expansion de ce genre est trés-énergique et celles-ci acquièrent une très-grande longueur dans les leucocytes du sang, de la lymphe, des muqueuses enflammées ou non et du pus Irais. (Voy. Ch. Robin, Sur l'anatomie etla physiologie des leucocytes, in Journal de la physiologie, Paris, 1859, in-8°, p. 45, 46 ; et Littré et Robin, BicLior.n rlc médecine, Paris, in-8°, 10« édition, 185d, art. Pus p. 1041 et art. Leucocyt.'. de l'édit. suiv.)

Les mouvements de ces expansions et les déformations qui en résultent pour les leucocytes se retrouvent chez tous les anuuanx vertébrés et invertébrés qui en possèdent; c'est ce qu'a très-bien fi"-uré et décrit Warthon Jones en 1846

.'°Che/. ces divers animaux, le globule devient quelquefois un peu irrégulier à sa circonférence, puis ensuite, ou immédiatement, d un

EXPANSIONS AMIBIFORMES." fflM

point de celle-ci, une expansion plus claire que le reste de rélêrnënt s'avance lentement, à la manière d'un liquide qui coule. Tantô. l'expansion est aussi large à sa base qu'à son extrémité, tantôt elle se termine en pointe très-elTUée; quelquefois, vers sa base, elle est entourée par une ligne irrégulière très-fine ; ce fait, qu'on observe aussi chez les vertébrés, indique une rupture delà partie superfi-cielle, plus dense, du globule, pour laisser sortir l'expansion formée par la partie centrale de sa substance, qui est plus molle. Le plus souvent, bien qu'il n'en soit pas toujours ainsi, il y a expansion directe de la partie superficielle même du globule. Cette expansion rentre et ressort plusieurs fois,, toujours très-lentement, ou reste plus ou moins longtemps immobile. Avant ou pendant son retrait s'en montrent une ou plusieurs dont les sorties et retraits successifs donnent au globule un aspect un peu différent pendant vingt à quarante minutes que dure le phénomène. Les mêmes faits s'observent sur les leucocytes des vertébrés, même de l'homme, et un globule entier est quelquefois déplacé par une expansion qui fixée à quelque corps étranger, attire l'élément à elle, empêchée qu'elle est de rentrer dans sa masse. Si quelque obstacle s'oppose trop énergiquement au retrait de l'expansion ou au mouvement en sens inverse du leucocyte , l'expansion se brise parfois et sa substance forme un petit globule indépendant hyalin qui disparaît peu à peu.

Ces expansions et leurs mouvements peuvent causer une véritable reptation de l'élément à la surface de la lame de verre et entre les autres éléments qui les accompagnent, tels que les hématies, etc. Parfois il y a comme un étalement de la substance du globale sous forme de plaque plus ou moins irrégulièrement triangulaire ou étoilée, qui change trop souvent de grandeur et de largeur pour qu'on puisse en décrire et en figurer les dispositions. Ces globules étalés se séparent dans certains cas en deux plaques distinctes qui, en revenant sur elles-mêmes, spontanément ou après addition d'eau, forment deux globules distincts. Cependant, quelles que soient ces déformations, pendant la durée desquelles on voit souvent se former une ou plusieurs vacuoles pleines d'un liquide rosé ou un noyau dans la substance de l'élément, ce dernier reprend toujours rapidement sa forme sphérique et devient immobile au contact de l'eau en même temps qu'il se gonfle, qu'il s'y forme un ou deux noyaux et que ses granulations moléculaires montrent le mouvement brownien qu'elles ne manifestaient pas jusque-là.

Lorsque les expansions amibiformes des leucocytes vienneixt'-à'

EXPANSIONS AMILIFOIUIlîS.

adhérer à quelque corpuscule mobile, elles les font rentrer avec elles en se l étractant dans la masse de l'élément. Ils attirent et englobent ainsi parfois, sous les yeux de l'observateur, des gouttelettes graisseuses, des granules colorés ou autres ajoutés à la préparation.

Bien que quelques autres éléments anatomiques, tels que le vilellus dam l'ovule, les cellules des cartilages incluses dans les choiidroplasles et les fibres lamineuscs encore à l'état de corps ou cellules fibro-plasliques offrent des déformations lentes sous les yeux de l'observateur, par suite de resserrement et d'expansions alternatifs en des points divers de leur superficie, ils sont loin d'être aussi prononcés que ceux des leuqocytes et de les faire ressembler à ces éléments, ou réciproquement, bien qu'ils soient dus certainement à des propriétés analogues de la matière organisée.

La description qui précède pourrait, à peu de chose près, être

répétée à propos des Amibes et de la manière dont d'autres Rhizopodes voisins envoient çà et là autour d'eux des prolongements de leur substance qui ont été décrits sur ces animaux par 0. Mùller et ses successeurs avant d'avoir été suivis sur les éléments anatomiques.

Ce sont des mouvements ressemblant aux précédents qui normalement amènent le resserrement et l'étalement des cellules pleines de matière colorante de la peau des Batraciens (fig. 156), des Caméléons et d'autres animaux dont la couleur change chaque fois qu'ils se trouvent placés dans certaines conditions particulières de température, d'humidité, d'exposition à telle ou telle sorte de lumière, etc., de même que l'action de celle-ci sur la chlorophylle cause dans le protoplasma des cellules végétales des modifications qui se manifestent par le transport des granules verts d'une partie à l'autre de la cavilé cellulaire. (Famintziii, Prillieux.)

' a b e Cellules raminées pleines de pigment noir de la peau de la '«3; ,■„r^a' L c, rf Cellules ou vésicules, colo?ées en jaune, à p.olongemenls s allongeant ôl so ressQiTanl. Crossissemenl de 300 diainèlres,

Fis. 156 \

DE L'EXAMliN MIC'lOSCOPlQUE DES HUMEURS. 569

697. Il est à croire que c'est des actes de rénovation moléculaire continue, conduisant au développement, puis à la reproduction par gemmation et par scission ou segmentation dans l'ovule des plantes et des animaux, que doivent être rapprochés ces mouvements décrits sur des corps d'origine organique de provenances si diverses et si nombreuses, et qu'il faut faire rentrer tout cet ensemble de phénomènes dans un même groupe, comme simple conséquence de combinaisons incessantes assimilatrices et désassimilatricesde corps complexes, placés dans des conditions particulières.

La production par certains extraits graisseux mêlés à des corps albuminoïdes de corps ayant des mouvements et un certain nombre des caractères physiques offerts par les éléments anatomiques : l'exsudation par des éléments en voie d'altération cadavérique de corps demi-liquides doués des mêmes propriétés que les précédents : l'analogie de ces phénomènes avec ceux que présentent les globules d'exsudation sarcodique dont la production conduit à la diffluence des éléments qui en sont le siège : l'analogie des exsudations, des resserrements, etc., offerts par ces globules avec ceux que présentent, soit les corps de provenance végétale, aussi bien qu'animale rapprochés des amibes, soit les leucocytes, soit le vitellus de l'ovule de beaucoup d'animaux dans diverses conditions, etc. : tous ces faits, dis-je, montrent que les mouvements de ces corps ne sauraient être assimilés à l'un quelconque des modes de la contraction musculaire caractéristiques de l'animalité. Ils ne lui sont pas plus assimilables et ne prouvent pas plus la nature animale des phénomènes précédents que ne lui sont assimilables les phénomènes de segmentation et de gemmation du vitellus et des cellules, qui s'accomplissent d'une manière identique sur les plantes et sur les animaux.

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