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INJECTIONS D'ANIMAUX VIVANTS

côté était ouverte, on laissait le sang s'écouler en partie et on poussait dans la canule une solution claire de gélatine, colorée par le carmin ou le bleu soluble (voy. p. 55); la matière arrivait au cœur qui la chassait, mais les capillaires du poumon retenaient une grande partie de l'injection; il passait peu de chose dans le cœur gauche, et la matière colorante était toujours mêlée avec du sang, qui lui donnait un fâcheux aspect.

61. 11 est un moyen excellent d'injecter l'animal vivant, c'est celui que nous avons employé avec M. Onimus*.

« Sur un lapin, on ouvre l'abdomen; on lie l'aorte au-dessus des « artères rénales et l'on introduit au-dessous une canule, commu- « niquant, au moyen d'un tube de caoutchouc, avec un entonnoir «sde verre dans lequel on verse du lait chauffé à environ 30". « Le niveau du lait se trouve à deux décimètres au-dessus de l'aorte. « On coupe en même temps la veine iliaque. Au bout de deux mi- « nutes, on voit le sang qui s'écoule par les veines mélangé avec « du lait. Le lendemain, au microscope, on constate que toutes les « parties du corps, situées au-dessous de la ligature de l'aorte, « sont complètement exsangues, et que les capillaires sont remplis « de gouttelettes de lait. »

Nous avions d'abord choisi le lait, pour exciter le moins possible la contracture des vaisseaux ; mais on obtient le même résultat, en ne se servant que de pressions insignifiantes, avec une solution de gélatine colorée par le carmin précipité; mais il faut éviter la glycérine et toutes les substances qui agiraient sur la contractililé vasculaire; cette recommandation s'applique, du reste, également aux injections pratiquées sur des animaux récemment sacrifiés. Si l'on emploie ce procédé pour remplir les vaisseaux de tout l'animal, on ouvre le thorax avec précaution, en rasant le sternum; une ligature est placée à l'origine de l'aorte, une pince à pression continue un peu plus loin et la canule est fixée entre la ligature et la pince; puis, le ventricule droit est ouvert et on laisse couler l'injection ; il faut seulement se hâter pour profiter dos avantages qu'offre l'animal vivant. Nous pen.^ons que les heureux résultats que l'on obtient ainsi sont dus à deux causes : l'absence de sang coagulé et la persistance de la coniractilité artérielle, qui chasse la matière liquide dans les capillaires et les veines.

* I-egros et Onimus, liedwrches expérimentales sur la circulation [Journal d'anatomie et de phy.iiologie, jmWci et août I8C8).

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