PRÉPARATION DES TERMINAISONS NERVEUSES
de l'un des fascicules de subdivision et le suivre jusqu'à sa terminaison. Si la préparation est bien réussie, on verra à l'extrémité de l'élément nerveux une agglomération de noyaux appartenant à la plaque motrice. Alors on pourra substituer au premier un objectif plus fort (300 à 400 diamètres environ) et l'on examine la préparation en détail. (Trinchese, 1866.) On conserve longtemps ces préparations dans l'eau sucrée et dans la gélatine glycérinée. Mais je crois les liquides de Pacini préférables encore, car au bout d'un an ou deux les contours de la plaque et de ses noyaux perdent de leur netteté dans les liquides précédents.
781. Terminaisons nerveuses dans les muscles viscéraux. Pour suivre la terminaison des tubes nerveux dans le tissu musculaire à fibres lisses, on choisit des organes minces, transparents, pris sur des animaux qu'on vient de tuer ou au moins aussi frais que possible.
On laisse macérer pendant quelques heures (de deux à quatre et à six, suivant l'épaisseur des parties à examiner), dans un mélange de dix parties d'acide acétique pour cent parties d'eau, puis on porte les portions plus fines destinées aux préparations dans un mélange formé de glycérine (deux parties) et d'acide acétique dit pyroligneux (une partie). C'est dans ce liquide qu'on examine les préparations. Celles-ci, alors même qu'elles ne sont pas très-transparentes au moment des manipulations, deviennent bien plus claires au bout de quelques jours.
On peut donc varier les procédés suivant l'époque à laquelle on veut faire l'examen. Les doses faibles sont préférables, et les préparations faites lentement se conservent mieux et plus longtemps. (Hénocque.)
^ L'acide chromique ne donne de bons résultats qu'à la condition d'user d'une solution au millième et surtout au dix-millième. Lorsqu'on veut examiner immédiatement les préparations, il suffit de laisser macérer les lambeaux d'organes pendant une ou deux heures dans la solution au dix-millième. Pour se servir de la solution au millième il est bon de tremper la préparation pondant quelques minutes dans de l'acide acétique au centième ; on peut alors laisser macérer les préparations pendant plusieurs heures, et même une demi-journôe avant de les examiner. Ces préparations peuvent être colorées par le carmin ou de la teinture de fuchsine, afin de mieux montrer les noyaux des fibres lisses; mais, comme tout rélement se colore, les préparations non teintées sont encore préférables.
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L'acide chromiquo, ainsi employé, convient surtout pour l'étude à des grossissements très-forts, des fibres lisses, des noyaux et des fibriles nerveuses terminales.
Le chlorure d'or est employé en solutions au cinq centième, ou au déux-centième, ou à l'élat de cblorure d'or et de potassium, au centième et au deux-centième. Le cblorure d'or et de potassium a-il plus régulièrement. L'épaisseur des tissus et des conditions eiicore mal connues viennent souvent en troubler l'action. Il est bon d'utiliser plusieurs solutions et à des titres différents. On fait macérer les portions de tissu musculaire dans la solution. Si l'on emploie la solution de chlorure d'or au centième, une macération d'une demi-beure peut suffire pour une épaisseur de tissu de 1 millimètre; avec le chlorure d'or et de potassium on peut prolonger la macération pendant une heure et plus.
On peut juger que l'action du réactif est complète lorsque les tissus ont pris une teinte jaune pâle. Les préparations retirées de la macération sont alors portées dans une capsule renfermant de l'eau distillée légèrement acidulée avec l'acide acétique. Il reste a attendre que la coloration violette par dépôt d'or métallique soit effectuée. Il faut un temps assez variable, quelquefois trois et quatre jours, pour les préparations un peu épaisses. Le dépôt ou la coloration est souvent sans régularité, mais on n'utilise que les parties les mieux colorées. (Hénocque.)
La lumière ne semble pas agir sur la durée de la réduction de l'or, mais la chaleur l'active certainement. Pour cela, on cbauffe les préparations après une macération dans l'eau distillée ayant duré de douze à vingt-quatre heures. A cet effet, M. I enocque se sert de petits flacons bouchés à l'émeri remplis d acide tartnque
en solution saturée. .
Les préparations sont déposées dans le flacon, et celm-ci est plon-é dans de l'eau à une température voisine de l'èbullit.on ; au bout°d'un temps variable, de quinze à vingt minutes au plus, souvent moins, les préparations ont pris une belle teinte variant du rouc^e vif au violet foncé, de plus elles sont ramollies et s e aient, se compriment ou se dissocient avec la plus grande facilite. On arrive par des tâtonnements à saisir le moment le plus propice pour retirer les préparations; eu chauffant trop longtemps, on obtient un dépôt granuleux et noir qui met obstacle à l'étude.
Le chlorure d'or colore à la fois les nerfs, les ganglions, les fibrilles nerveuses les plus fines, ainsi que leurs nodules et points
PRÉPARATION DES TERMINAISONS NERVEUSES. 6b5 terminaux. 11 colore aussi les libres musculaires lisses, noyaux et cellules, mais d'une façon bien moins inlense.
Avec Vacide osmiqiie en solution aqueuse au quatre-centième, on fait macérer les préparations fines pendant douze à vingt-quatre heures, ou mieux, on le mélange à la glycérine et on le dépose entre les lamelles de verre qui reçoivent la préparation. 11 colore en brun clair les fdjres lisses et en lait apparaître les noyaux ; il colore les ganglions et les nerfs, montre très-bien les cylindresaxes, mais il donne aux éléments nerveux un aspect variqueux, jaunâtre, qui rend plus difficile leur distinction d'avec les fibres élastiques. (Hénocque.)
On recherchera d'abord les ganglions et les gros nerfs, puis le réseau intra-musculaire, ce qui peut se faire avec les grossissements que donnent les objectifs 3 et 5 de Nachet et les oculaires 1 et 2. Les terminaisons déjà appréciables à un grossissement de 500, avec l'objectif 5 de Nachet, réclament pour être vues nettement la lentille n" 8 Nachet, qui peut donner 800 diamètres avec un foyer relativement assez éloigné, et avec un oculaire faible. (Hénocque. Thèse, 1870.)
782. Tel "ininaisons nerveuses dans les membranes. Pour chercher la terminaison des nerfs dans les autres tissus, comme le derme et ses papilles, les muqueuses, la cornée, les vaisseaux, les bulbes dentaires, les divers parenchymes, etc., ces tissus, aussi frais que possible, seront mis dans l'alcool un peu étendu d'eau, puis au bout d'un jour ou deux on les placera dans l'al- <',ool absolu. Quelques-uns même peuvent être placés de suite dans ce dernier. Les coupes minces alors pratiquées seront mises dans une sérosité ou dans l'eau un peu glycérinée, si elles sont très-transparentes.
Pour suivre les terminaisons nerveuses dans le derme et les papilles de la peau, de la langue et des muqueuses analogues, une injection faiblement colorée en bleu favorise les recherches, ainsi que l'a remarqué avec raison Inzani. Les coupes en seront étudiées et conservées dans la glycérine ou dans la gélatine glycérinée. Los coupes destinées à l'étude des corpuscules du tact de la peau et de la langue, seront colorées avec plus d'avantage que les précédentes par le carmin. En les lavant successivement dans la solution d'acide oxalique, puis dans l'alcool (voyez plus haut, page 296), on peut les conserver dans le baume du Canada ; sinon on les prépare dans la gélatine glycérinée ou dans la glycérine.