PRÉPARATION DES ÉPITIIÉLIUMS DES TUMEURS
le centre d'une cellule pavimenteuse (fig. 184, voy. de / et d en a).
C'est par cette segmentation de la matière amorphe interposée aux noyaux autour de chacun d'eux, comme centre, que les épithèliums nucléaires passent graduellement à l'état de cellules pavimenteuses ayant chacune un de ces noyaux pour centre. Les lignes
Fia-. 184.— Culs-de-sac d'une tumeur hétéradénique prévertébrale de la région lombaire ° avec individualisation en cellules épithéliales par segmentation,
ou sillons de segmentation, d'abord pâles, quelquefois interrompus, deviennent de plus en plus nets et mieux dessinés. Les ceU Iules qu'ils circonscrivent sont d'autant' plus isolables, d'autant plus nettes, d'autant moins adhérentes les unes aux autres, et se dissocient d'autant plus aisément qu'on avance plus vers des endroits où ces lignes, limitant les cellules, sont mieux dessinées. 11 arrive quelquefois que deux ou trois noyaux se trouvant très-rapprochés les uns des autres, contigus ou non, il ne se forme pas de sillon on ligne de division de la matière amorphe immédiatement entre eux;
PIIÉPARATION DU CVRTILAGE 7^3
ils sont, au contraire, circonscrits par segmentation de la matière amorphe qui sépare le petit groupe qu'ils représentent, et deviennent tous ainsi le centre d'une seule cellule k deux ou trois noyaux. C'est de la sorte que se produisent les cellules qui offrent deux, trois ou un plus grand nombre de noyaux, à côté de celles qui en ont un seul, comme on le voit le plus ordinairement/Tel est encore le phénomène physiologique auquel on doit de voir si souvent dans les maladies des glandes à épilhélium nucléaires des gaines épithéliales de certains culs-de-sac offrant l'état pavimenteux le plus net, à cellules quelquefois très-grandes à côté d'autres qui ont encore leur épithéiium nucléaire normal ou à noyaux plus ou moins hypertrophiés. (Comparez e, f et c, e hh,c.) -
Ce fait s'observe aussi à l'état normal dans bien des glandes d'animaux vertébrés et invertébrés selon qu'elles sont à leur complet développement ou non. Ces données doivent être connues pour arriver à bien déterminer la nature des dispositions observées dans un grand nombre de préparations.
ART. X. — TISSUS DES CARTILAGES, DES OS, DES COQUILLES, DES DEiXTS, ETC.
823. Nous n'avons pas à revenir ici sur ce que nous avons dit de la manière de préparer les tissus naturellement durs en o-énéral, tels que les os,'les cornes, les ongles, les poils, elc (Vov nages 345, 346 et 348.)
Nous ajouterons que l'étude des coupes du iissu cartilaqinenx doit être complétée par leur ébullition, soit sur la plaque de verre soit dans un tube, au sein d'un liquide approprié, tel que l'eau' pure ou acidulée, dans le but de liquéfier la substance fondamentale et mettre en liberté ses portions moins solubles qui limitent les chondroplastes et (appelées capsules du cartilaqe par quelques auteurs), ainsi que les cellules qu'elles contiennent". Toutes ces parties, en effet, sont moins attaquables par les agents précédents et une fois mises en liberté, plusieurs détails de leur structure peuvent être plus aisément observés.
C'est à l'aide de coupes minces qu'on a étudié dans les cartilages leurs e ats s.m/e. et morbides, leur passage à l'état fibroïde (non semblable a celui des fibro-cartilages), les fines stries en forme d aiguilles entourant les chondroplastes et leurs altérations chez les gout eux. On procédera de même pour examiner la fissnraUon en lamelles mnices de la substance fondamentale allant jusqu'à ouvrir
714 PRÈI'ARATION DES LÉSIONS CARTIIAGINEUSES.
les chondroplastes ctmellre en liberté les cellules devenues granvleusc^ (Redfern, Brooa, olc), b> production de tissu lamineux entre ces parties, dans les maladies articulaires et dans l'état sénile; pour observer enfin quand a lieu le passage à l'état granuleux de leur substance fondamentale et leurs incrustations calcaires, granuleuses sans ossification (cbondromes de la tbyréoïde, etc.), prouvant la diiïérence qu'il y a entre l'ossification et les incrustations. C'est simplement en raclant leur surface ou en prenant delà synovie dans les cavités articulaires qu'on prépare dans l'état sénile et chez les goutteux des petites saillies polypiformes ou villiformes simples ou ramifiées, à peine visibles à l'reil nu, se produisant principalement vers la périphérie du cartilage articulaire. Sous un fort cTossissement on remarquera leur structure fibroïde ou cartilagineuse avec des chondroplastes remplis de cellules petites et souvent nombreuses, surtout vers les extrémités arrondies on renflées de ces productions, qui se détachent parfois du cartilage et flottent alors librement dans la synovie. On fera de même pour préparer le tissu des chondromes et des enchondromes dans le canal médullaire et hors de l'os qu'on trouve tantôt vasculaires, tantôt non vasculaires, ayant ou non la mollesse du cartilage embryonnaire avec chondroplastes fœtaux on non, et enfin celle du cartilage des générations hôtéropiques embryomorphes, testiculaires, ovariques, etc., ayant des chondropl'astes fœtaux, prismatiques triangulaires, fusiformes, etc. ,., , .
C'est sur des coupes faites ainsi et parfois comme s il s agissait d'étudier la texture d'une tumeur glandulaire qu'on fera 1 examen des masses ou nodules de cartilage compliquant les tumeurs fibreuses, les tumeurs hétéradéniques parotidiennes et d autres tumeurs; puis celui de la continuité ou adhérence des fibres de la trame, avec le cartilage disposé en nodules épars, ce qm n implique pas son identité avec les éléments continus avec lui , maigre une transparence égale, pas plus qu'elle n'est impliquée par la continuité existant entre les os, les cartilages et les tendons.
824 Signalons à propos de Vîvoire dentaire que chaque canalicule, dans son tronc principal, ses branches secondaires et ses cavités anastomotiques, est tapissé d'une paroi propre; PO^r la voi on prépare (p. 345, § 488) une tranche d'ivoire mince qn on place e^tre deux lamelles de Jrre au sein d'un liquide compose d^ P^ lies égales d'eau et d'acide chlorhydrique «^'dmaire ; oi chauffe rement, au-dessus de la lampe à alcool, jusqu'à cessation complète
ger
PltÉPARATION DE L'ÉMAFL ET DE L'IVOIHE. 7^5
(le dégagement de gaz. Alors l'ivoire est devenu mou, élastique, sans cependant se laisser écraser facilement par la compression. On place ainsi les doux lames de verre sous le microscope et on observe que, dans toute l'étendue de la masse décalcifiée, les tubes ont conservé leur position, leur forme et leurs rapports. On ajoute ensuite quelques gouttes d'eau, et on continue à chauffer jusqu'à un commencement d'ébullilion du liquide. La préparation est devenue par suite extrêmement paie, et on voit que le cartilage dentaire ( voy. Ch. Robin et Magitot , Ge7ièse et développement des follicrdes dentaires, p. 675 et suiv. du Journal de la Physiologie. 1862) est entièrement transformé en gélatine plus ou moins facilement soluble dans le liquide chauffé. On trouve alors les tubes isolés les uns des autres. Si, au lieu d'appliquer ce mode d'action des acides à une coupe d'ivoire adulte, on l'emploie pouiune partie du bord terminal d'un chapeau de dentine, chez l'embryon, la préparation offre un aspect analogue, avec cette différence que les tubes sont infiniment moins longs, dépourvus, pour , un certai;i nombre, de branches secondaires et de leurs cavités terminales. Sur le bord extrême du lambeau d'ivoire la lono-ueur des tubes est à peine de 0"'"',01, et lorsqu'on écrasant la préparadon on en dissocie les éléments, on voit les petits tubes isolés, aussi larges à une de leurs extrémités qu'à l'autre, flolter librement dans le liquide sous forme de trés-fins filaments. Il importe de noter que cet isolement des parois propres des canalicules peut être obtenu sur les morceaux d'ivoire naissant, à la face interne desquels on vient d'enlever des cellules dites de la dentine pourvues de queue aussi bien que sur les dents adultes.
Ces préparations se conservent bien dans la glycérine additionnée ou non d'un peu d'eau alcoolisée.
Le mode de préparation de la cuticule de l'émail est le suivant : on fait une mince coupe de la couronne d'une dent au moment de son éruption, ou mieux encore après cette époque. On use peu a peu cette coupe, en î)renant soin de laisser intact le bord hbre de 1 email. On la place alors entre deux lames de verre, au sein dun peu d'eau, sur le champ du microscope; on aj ut uiie goutte ou detix d'acide chlorhydrique, et l'on voù bientôt s oulever du bord libre de l'émail une mince membrane que les bulles de gaz chassent de tous côtés. Elle est transparente et un peu granuleuse. Son épaisseur moyenne est de O"- 001. Elle est inattaquable par tous les acides. ,ui.mieesi
71G PRÉPARATION DU CORTICM- OSSETjX.
Notons , que , dans la couronne, les canalicules de ladenline (fig. 185.B) arrivent par leurs plus fines divisions jusqu'à la surface de l'ivoire au contact de Téniail (A) , tandisqu'à la racine ils n'arrivent jamais jusqu'au contact ;du cortical osseux ou cément (E); ils se jettent toujours dans ce réseau, dit zone des cavités anastomotiques ou interglobulaires , dont les plus petites s'ouvriraient à la superficie de l'ivoire si celui-ci n'était tapissé par le cortical osseux*.
Ces faits ne peuvent pas être constatés ou ne peuvent l'être qu'imparfaitement si on place la pièce fraîche dans l'eau. Il n'en est pas de même avec la glycérine. Cela dépend de ce que ce réactif agit sur le liquide qui remplit les espaces interglobulaires de l'ivoire, comme
» Ch. Robin, Mémoire sur les cavités caractéristiques (les os [Comptes rendus et Mémoire de la Société de Biologie, Paris, 1856, in-8, p. 181), et Élude des osléoplasles au moyen de V action exercée par la glycérine sur les cléments an'atomiques des os frais.
(Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences Paris, 1857, in-4, t. XLIV.)
\ Émail B. Ivoire. C. Cavité den-
l'IlÉl'ARATIOiN DU TISSU OSSEUX. 717
sur celui des ostéoplastes; elle en dégage les gaz sur les pièces fraîches, puis ceux-ci chassent le liquide, remplissent les cavités et les l'ont paraître de teinte foncée sous le microscope, tels qu'on les voit sur les pièces sèches. Cette réplélion des cavités inlerglobulaires par les gaz qui se dégagent de leur liquide peut s'opérer souvent sous les yeux de l'observateur et être facilement suivie. Ce lait montre en même temps que les espaces interglobulaires, comme les ostéoplastes, sont pleins d'un liquide et non d'une substance solide. Leur situation dans l'ivoire, leur configuration, leurs modes de communication réciproque, la disposition des globules isolé.s ou réunis qui les séparent, permettent de distinguer facilement ces cavités de celles des ostéoplastes. Cette distinction est aisée lors même que l'on étudie le bord d'une racine de la dent en voie d'accroissement, tapissée extérieurement d'une couche de cément ou cortical osseux; elle est possible lors môme que quelques-unes de ces cavités de l'un ou de l'autre ordre se ressemblent par leur forme, surtout lorsque celle-ci est irréguliére. Cette action de la glycérine est le meilleur moyen que l'on puisse mettre à profit pour suivre le mode de production, la disposition et la nature des espaces interglobulaires. (Ch. Robin et Magilot, loc. cit., p. 169. Voy. aussi p. 281.)
825. En traitant des coupes minces du tissu osseux de la même façon que l'ivoire, on peut isoler leurs cavités ou ostéoplastes et les canaux rayonnants qui s'en détachent. On démontre ainsi en eux la présence d'une paroi propre, distincte de la cavité; on les voit alors sous leur forme habituelle flottant dans le liquide, mais ils sont extrêmement pâles. En apportant une attention suffisante, oji peut observer la présence des canalicules périphériques qui sont très-courts; ordinairement l'ostéoplaste reste entouré d'une petite masse gélatineuse très-pâle, d'aspect nuageux. Ces divers caractères ne sauraient toutefois permettre d'assigner une analogie de nature entre les canalicules dentaires et l'ostéoplaste avec ses ramifications. Non-seulement leur forme est très-distincte et le mode de développement du tissu osseux très-différent de celui de l'ivoire, mais encore l'isolement, au moyen des acides faibles, des ostéoplastes est bien plus difficile; leur paroi est beaucoup plus mmce, plus pâle en même temps que moins résistante. Les canalicules dentaires, au contraire, s'isolent avec la plus grande facilité, et cela dans tous leurs détails de flexuosité et de ramifications secondaires. Les ostéoplastes observés dans ces conditions
718 l'UÈl'AUATIOiN DES GOUbll-l-ES LUS MOLLUSQUES,
coiilioniiciit souvoiil on oulre diins l(!ui' intérieur une on deux gouttes d'huile pâle. Pour leur étude à l'étal irais, voy. p. 28Û-'281 .
fif-îsJFW ^^^^ pi'éparei'
les carapaces des Crunlacés et des Mollusques testacés, les pièces squelclliques des échinodermes , on procède comme nous l'avons dil pages 545 à 347. On remarquera que sur les mollusques testacés la coquille se compose de trois couches : la première dite épidémie, ou periostracum, c'est une couche hrunâtre ou verdâtre extérieure se détachant en lamellesirrégulières d'aspect corné; la deuxième est appelée tèt ou test proprement dit. Celui-ci est un lissu l'orme de petits prismes
'^'ï>^r;.^/^^™nt,a;^'.^sî.^;;e^s.3t'lcu^'io^- disposés les UnS à CÔté
gueur. Grossie 7 fois. (Caiponicr). ^j^^ autres perpendicu-
lairement à la surlace de la coquille. Chaque prisme est moins Ion;: nue lacoquille n'est épaisse,el ils s'enchevêtrent (f.g. i8B) reguhe- , ement par leurs extrémités taillées en pointe. 11 résulte de laque sur une coupe transversale du test, le diamètre des prismes para.t très-inégal; cette coupe montre que leur forme est régulière, prisma tiqaeà cinqousixpans, comme des cellules épithèliales pavimenleuses (fig. 1 87) , ce qui a fait dire à tort que les coquilles étaient formées de cellules incrustées de calcaires Ces prismes se br.se.it en travers, parallèlement à la surface de la coquille avec heaucoup de Llitl Us peuvent oflrir, d'un groupe à l'autre, des dispositions
très-diverses. La nacre (fig. 188) ou ^'^^''^'^^ "^^^VTnnclL ofer mée de prismes beaucoup pins petits que ceux de la cou ^e ? i reuse ou crétacée et pourvus d'une ligne centrale plu foncée que le reste. Ils son disposés ti<ès-obliauement par rapport a la su.
l'KÉnitATiUN IJU TEST IJES ÉClllNUDEUMES. 7i!i
lace du test el viennent se terminer par une extrémité auiincic, conique avec ou sans point nucléiforme.
Sur les échinodermes dans la carapace, les piquants el les |)rolongemenls squeletti-
ques intérieurs, on ne trouve qu'un seul élément anatomique sous forme d'une substance homogène , réfractant fortement la lumière, pauvre en substances albuminoïdes. Elle est partout continue avec elle-même, de manière à présenter une texture aréolaire, disposée
qu'elle est en trabécu- ,...,-r™= — ^^^^..n.....,,,....,.^-.,,...
les tantôt courtes et Fis- '87.- Coupe décalcifiée paries acides laibles de in courbées de manipro n • "«'î^'''*-
ouuinees ae manière a veisale des pnsmes qm la composent. Grossie 185 loi-
circonscrire des espa- Carpemer)
ces globuleux, tantôt en colonnettes étendues des précédentes à une lamelle qu'elles soutiennent comme on le voit aux surfaces interne et externe du test. Ici les espaces limités sont sous forme d'étroites galeries, communiquant les unes avec les autres, pleines d'un liquide hyalin, assez épais, se mêlant à l'eau avec
assez de lenteur. Par places
(lig. 189), dans les piquants
particuhèrement, on arrive
i^raduellement à des parties
dans lesquelles les espaces
limités se réduisent à de fins .,.
canalicules plus étroits que ''y'^^>^%a:^r^'^::^^^
.1 est épaisse la substance qui ^Z^' .LilsZ-r^inît 'r:^^^^s
les sépare, contrairement à ^"'"«^''^ ''•'0 lois. (Carpcmor.)
qu'on voitdans les parties de toxiure aréolaire proprement dite.
720 PRÉPARATION 1>E L'HiUl'' DKS OVIPARES.
Enfin elle prend la disposition de prismes d'aspect analogue
Kig. 189
à celui des prismes de l'émail des dents et de la coquille des mollusques dans les pièces dentaires de l'appareil masticateur, des Oursins, etc.