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ÉTUDE DE LA CIRCULATION DES MAMMIFÈRES

tériel, le veineux et les différents ordres capillaires. La circulation centrifuge est plus rapide que celle de retour; entre ces deux courants, on remarquera sans peine la circulation capillaire qui se caractérise par sa moindre rapidité et la direction 'des courants en divers sens.

Les artères, les veines et même les gros capillaires présentent de chaque côté de la colonne courante des globules rouges,; la zone latérale transparente formée du liquide hyalin ou plasma avec ou sans leucocytes, qui est surtout bien accusée dans les vaisseaux centrifuges où le torrent central ou axile est trés-accenLué. Cette zone est aussi appelée espace blanc, couche globulaire inerte. Les pulsations cardiaques retentissent dans tout le système arté^ riel, mais ne se font nullement sentir dans les capillaires proprement^dits ni dans les veines. Ce n'est que lorsque la circulation s'est trés-ralentie ou presque suspendue dans les capillaires et qu'elle reprend qu'on voit l'impulsion cardiaque se faire sentir jusque dans les capillaires.

Il sera toujours facile à l'observateur de trouver des ramuscules vascuiaires où les éléments passent pour ainsi dire un à un, et de compter ces derniers pendant quelques secondes et même pendant quelques minutes. On peut admettre assez rigoureusement que dans une minute il passe dans un capillaire une dizaine de globules blancs pour cent rouges.

840. Circulation dans le mésentère de la souris. On saisit la sou., ris avec deux pinces pour ne pas être mordu; avec Tune on prend la peau du cou, avec l'autre celle de la partie inférieure du tronc. On place l'animal sur une mince plaque de liège et on le renverse sur le dos. Un aide étend les quatre pattes el. les fixe sur le support avec de petits blocs de poix préalablement ramollie. 11 reste encore a immobiliser la tête, ce qui se fait par le même moyen en plaçant de petites masses de la matière gluante sur les oreilles et les poils qui garnissent le museau.

A ce moment, on faille dans le liège une grande fenêtre latérale qui arriva jusqu'à l'un des flancs de l'animal en expérience ; elle servira ultérieurement à rendre possible l'observation microscopique. On dispose une plaque de verre qui s'adapLè sur la découpure et qui est assez longue pour la dépasser de quelques millimètres à droite et à gauche et prendre point d'appui sur les côtés; Cetté plaque ne doit pas être trop large.

On saisit alors la peau du ventre avec une pinc(î à mors très-fins,

Robin. — Microscope. 47

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on l'incise sur une ligne (lui pari du milieu des côtes cl qui descend directement jusqu'au bassin. On coupe avec précaution les plans musculaires sous-jacents qui sont très-fms, et on ouvre la cavité péritonèale. L'écoulement de sang qui résulte de ce traumatisme s'arrête au bout de quelques secondes. Quand il a cesse, on retire à l'aide de deux petites pinces les intestins de leur cavité ; on procède lentement et en les déroulant avec précaution pour ne rien déchirer et pour n'avoir aucun cpanchement sangum qui puisse entacher d'erreur les recherches à faire. On choisit la partie d'intestin dont le mésentère est le plus lâche, c'est ordinairement la portion inférieure de l'iléon, à quelques millimètres au-dessus du caecum, qui présente les conditions les plus favorables. • On étale alors sur la lame du verre le péritoine qui vient s'insérer sur cette section du tube alimentaire; on s'arrange de façon à faire dépasser le porte-objet par l'intestin qu'on retient en position à l'aide de petits crochets. Ces instruments pourront être facilement fabriqués : il suffit de recourber la pointe d'une fine épingle à suture et d'envelopper la tête d'une petite boule de pou molle pour avoir un instrument Irés-commode et facile à fixer dans toutes les positions que l'on voudra par une simple pression exercée avec un doigt sur la petite masse visqueuse.

En prenant ces précautions, on arrivera à n'avoir sur le porteobjet que du péritoine. Les parties intestinales qui servent de pomt d'appui aux crochets et qui, étant blessées par eux, pourraient saio-ner, sont en dehors du support.

Il faut avoir soin, si l'on veut que la circulation se continue normalement, de mettre dans l'abdomen, ainsi que sur la préparation, quelques gouttes d'eau distillée tiède. On évitera ainsi le dessèchement si rapide produit par le contact de l'air. On place au besoin sur la séreuse ainsi disposée un couvre-objet en verre mince, ce qui se fait très-aisément quand il est de dimension convenable. ' Eu procédant ainsi, Feltz a constaté que l'accumulation des globules blancs le long des parois se fait lentement et irregulierem nf peu à peu, dix, vingt globales blancs se fixent sur lu. ou rautrê point de la paroi interne de la veinule; ils restent pendant un erta n temps mobiles les uns sur les autres; quelques-uns d entre eux sonï de nouveau entraînés par la circulation pour aile et:: plus loin; puis, de «pl^^nj-s qu'ils étaient . s^P^^^^^ des formes différentes, si bien que dans l amas qu il. constituent on en verra de polyédriques, de fusiformes et de coniques.

ÉTUDE DE LA CIRCULATION DES MAMMIKÈHES. 739 Au bout d'un certain temps apparaîtront sur la limite externe du vaisseau une ou deux, et même plusieurs petites aspérités qui, analysées avec soin, ne montrent autre chose que de petits tas dé leucocytes semblables en tous points à ceux de la paroi inlei-nc.

Ces petits amas extérieurs, composés d'éléments parfaitement indépendants les uns des autres, peuvent se produire tout aussi bien sur des points correspondants aux mamelons internes que sur d'autres ; on peut voir des amas de quinze, vingt et trente globules se faire dans des points où il n'y avait à l'intérieur du vaisseau qu une seule et simple couche d'éléments blancs.

Ni sur la langue, ni sur le mésentère de grenouille, on ne voit des leucocytes étranglés d'abord dans des canalicules et devenir libres ensuite en conservant pendant un temps plus ou moins long "n prolongement /iliforme, dernier vestige de l'étranglement subi comme la admis Conheim, toujours les globules restent parfaitement libres dans tout leur pourtour.

Après quatre cinq et six heures d'observation, tout l'espace transparent ci-dessus signalé se trouve rempli d; leucocytes si nombreux qu'ils finissent par ne plus peuvoir être corSp abondants qu'ils dépassent certainement en quantité les^l bule blancs qui sont reiifermés dans le tronçon du Vaisseau examiné e n eme le nom re de ceux qui y ont passé durant tout le cours de 1 expérience. Il y a des globules blancs qui d'emblée ne touchen même pas la paroi extérieure du vaisseau

Dans le mésentère de souris vivant de trois à cinq heures on voi , après la contraction des vaisseaux, survenir la di ata" Iv a formation lente et progressive de la couche dite inerte d X bules blancs immobiles ^ °'

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740 ÉTUDE DE lA CIRCDUTION VISCÈUALE.

branos limitantes des vaisseaux. On ne voit jan.ais depas^^ de globules blancs dans la paroi, ni leur étu-at.on dans des stomates admises par Conlieim. (V. Fcltz.) i„„pnpvtp^ Sur les batraciens, après avoir vu les couronnes de leucocytes autour des vaisseaux et l'infiltration nucléaire de tout le tissu on détache l'animal de la planchette d'opération et on le remet dans l'eau D'habitude, il continue à vivre, n'ayant pas subi de traumatisme -rave. Après quelques heures de séjour dans l'eau, on retire la «renouille d expérience et on la réinstalle pour l'observation de la circulation dans la langue. L'organe étant bien tendu et dessèche à l'aide d'un pinceau, on ne rencontre plus de globules la ou quelques heures auparavant il y avait des couroni^s tros-epa.sses de leucocytes autour des vaisseaux veineux et capillaires. (Voy. aussi

^'Lt ^Étude de la circulation du sang dans le tvhe digestif, les glandes et le rein. Pour étudier la circulation dans e tu - d.ge^^^^^ on cautérise, avecle tranchant d'un bistour, rougi a blanc, lestomac

ou l'intestin'suivant une ligne parallèle ^/^^^T^"]^^:^ et Placée à deux millimètres au mmns de lui. Tou. les vaisseaux d mie des faces du canal digestif sont oblitérés en cet endroit, sans que pourtant la circulation cesse, en raison du com;s du saiig p i L vaisseaux de la face opposée. On incise sur le ^^^^'^^^^ cautérisée et on étale l'organe pour observer, comme s il s agissait det ai "ue de grenouille^ou du mésentère. On maintient les pai;ties humide à raid de l'eau salée ou sucrée. On facilite ces opérations en™u ér L nt et incisant d'abord transversalement le ube digestif ar/es ou de la partie qu'on veut étaler, pour y introduire une Ide urèthrale élastique d'un volume approprié, sur laquelle on pratique la cautérisation et l'incisioa linéaires

fpi ino-ènieux procédé, dû à M. le docteur L.-C Bou laiici , pe

■ : i'Af,i,U rip la circulation du sang

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ÉTUDE MICROSCOPIQUE DE L'INFLAMMATION. ;74î

ments de 400 diamètres, et de suivre dans ces organes les principaux pliénomèncs de l'inflainmalion, l'arrêt complet du cours sanguin dans la muqueuse, alors que ce dernier continue dans le tissu lamineux sous-nuiqueux, et dans la tunique musculeuse.

M. Boulland a montré aussi qu'en fixant convenablement les tritons et autres batraciens sur une lame de liège percée, on peut attirer et placer entre deux lames de verre les minces lobes de leur foie, de manière à suivre le cours du sang dans les capillaires porte et sus-hépatiques entre les cellules propres du foie. On maintient l'organe humecté avec de l'eau salée.

M. Boulland a au^isi observé, figuré et décrit le cours du sang dans les capillaires et les glomérules de Malpigbi. Sur les grenouilles, pour faire ces observations, on ouvre la cavité abdominale cautérisée pour éviter les hémorrhagies. On cautérise le rectum et on le coupe transversalement pour le renverser ainsi que la masse intestinale. On enlève avec précaution le péritoine prérénal. On repousse les reins, et, derrière eux, on cautérise aussitôt en travers les muscles , etc. On incise avec des ciseaux la ligne cautérisée, et l'écartement des lèvres de la plaie laisse à découvert les bords de la moitié inférieure du rein, sur lequel on peut observer le cours du sang, en procédant comme pour le foie.

842. Élude de l'inflammation. Si on étale le mésentère d'une grenouille sur une plaque de verre, six, douze et seize heures après l'opération préliminaire, on pourra s'assurer de l'état de la circulation dans les cas de phlogose. Au bout de six heures déjà, les capillaires et les veines se sont fortement -engorgés d'hématies et de leucocytes. La circulation ne persiste plus, si toutefois elle n'est pas complètement suspendue, que dans les parties centrales des vaisseaux dilatés outre mesure et présentant de distance en distance des renflements moniliformes remplis d'éléments du sang. A côté des branches, où la circulation continue, il y en a d'autres, où tout mouvement est arrêté et où, au sang fluide, se sont substitués dé petits amas de globules rouges agglutinés.

Dans les points où des canalicules remplis de ces concrétions sanguines et par conséquent privés de toute impulsion cardiaque sensible s'abouchent avec des canaux encore libres et traversés par le torrent circulatoire, ou ne sera pas longtemps sans voir le liquide coulant entraîner des conglomérats d'hématies occupant l'embouchure des rameaux où tout stagne. Ces départs caillots déterminent dans d'autres vaisseaux situés plus loin et encore perméables

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des arrôls do circulalion ; on y voit quelques iiiouvemenls oscillatoires, puis le bouchon se tixe et tout s'arrête. Quelquefois môme, des ruptures se produisent ainsi, elles ne tardent pas à se marquer par des flaques de sang au milieu des tissus.

Un autre mode de production d'iiémorrhagies se rencontre quelquefois: des capillaires engorgés cessent d'être perméables et se déchirent sous les yeux même de l'observateur par suite de l'excès de tension ou de la pression exagérée du contenu sur le contenant. On peut démontrer la disparition des épithéliums dans le péritoine enflammé le mouillage des préparations avec une solution au quart de nitrate d'argent, comme le dit Conheim. (Voy. Feltz.)

Ainsi le premier phénomène apparent est une dilatation progressive, jusqu'à un certain maximum, des artères et des artérioles. Ces vaisseaux peuvent ainsi gagner un diamètre double. Une certaine élongation ne tarde pas à se produire: d'où, au lieu d'un trajet rectiligne, des courbures et des sinuosités latérales très-appréciables. Ces changements de forme dans le système artériel, déterminant une augmentation de capacité, sont d'habitude effectués au bout d'une heure. Les veines se distendent à leur tour, un peu plus tardivement que les artères, mais plus rapidement, une fois que la dilatation a commencé. Elles peuvent ainsi doubler, et même tripler de volume. Quant aux capillaires, ce changement de calibre, comparativement aux artères et aux veines, est à peine appréciable. On voit en même temps la circulation se ralentir dans les artères et les veines, et la stase devenir de plus en plus manifeste dans le système capillaire ^

La couchelransparente des artérioles et des veinules disparaît progressivement, elle est envahie par des globules blancs, si bien qu'au bout de deux à trois heures , quelquefois plus rapidement encore ces globules touchent les parois vasculaires sur presque tous les points. Ce phénomène se voit surtout dans les veines où les pulsations cardiaques ne se font point ou peu sentir ; les pulsations artérielles le rendent plus tardif et môme impossible d'une manière absolue dans le système artériel proprement dit, à cause de la propulsion régulièrement intermittente qu'elles impriment aux parois des vaisseaux rouges, qui fuient à chaque saccade la colonne sanguine y contenue.

Dans les veines, la couche de leucocytes acquiert, au bout d une

» Voy. Ch. Robin, Leçons sur les capillaires et l'inflammation, Paris, 186., in-12, p. 55.

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