PRÉPARATION DES TRACHÉES DES PLANTES
Aux cellules trachéales se rattachent celles des vaisseaux réticulés ; à la variété des cellules vasculaires ponctuées se rattachent celles des vaisseaux rayés et scalariformes.
On trouve ces vaisseaux dans les nervures de toutes les plantes
sur des coupes longitudinales. Les coupes transversales servent à montrer leur diamètre relatif.
Pour étudier les vaisseaux laticifères, il faut pratiquer des coupes longitudinales minces sur les tiges, les rameaux, les pétioles, etc., des plantes lactescentes, en se rappelant que ces conduits sont remarquables par la minceur de leur paroi, par leurs varicosités, leurs subdivisions avec ou sans anastomoses, et qu'en général, ils renferment un liquide opaque et grenu sous le microscope, en raison du nombre des granules oléo-résineux et féculents qu'il tient en suspension.
11 faut aussi tenir compte dans les recherches spéciales de ce que M.Trécul a démontré, l'existence de laticifères sous-cuticulaires qui s'ouvrent directement dans la cellule basilaire des poils de l'Arauja sericifera ; l'existence d'un système de laticifères tubuleux continus, ramifiés comme ceux des plantes adultes dans l'embryon de diverses Asclépiadiées et dans ÏEuphorbia Lagascœ. Les laticifères branchus de ces Euphorbes et des Asclepias Cornuli, mexicana, etc. , résultent de l'extension des vaisseaux du latex ramifiés qui existent déjà dans l'embryon renfermé dans la graine. Dans quelques familles, les vaisseaux primitifs sont produits par la fusion de cellules disposées en séries, tandis que les vaisseaux latéraux proviennent de là dilatation de la membrane tubuleuse née de cette fusion. U se
Coupe longitudinale d une portion de tige de Balsamine (Bahamina horlensis Desf 1 y voit : l; un vaisseau annelé v; 2° un vaisseau spiro-annclé v: 5" trois trachées o isseaux spiraux v , v'' , v""; un gros vaisseau réticulé v""'. (Ducliartre
On
vaisseau
)• ou
854 l>RÈl'A[UTION DES I,ATIC1FÈHES.
l'orme une anse qui s'allonge en lube, el celui-ci se ramilie de la même manière.
Dans la famille des Gynarées, M. Trécul a démontré la présence de vrais laticifères dans la tige de certaines plantes {Cirsium, Carduus, Lappa, elc.) el de canaux oléo-résineux seulomonl dans la racine des mêmes plantes ; cela semble indiquer une similitude de fonction entre ces deux sortes d'organes, qui paraissent ici se suppléer, bien que tous les anatomistes les séparent avec le plus grand soin.
M. Trécul a montré aussi des points de contact et des rapports physiologiques entre les laticifères elles éléments fibro-vasculaires dans certains végétaux. Certaines Lobéliacées sont les plantes les plus favorables à cette démonstration. Des ramifications horizontales des laticifères, partant du réseau cortical de ces vaisseaux, traversent le bois, soit à la faveur des rayons médullaires, soit directement entre les éléments du corps ligneux proprement dit. Ici, comme dans les Euphorbes, etc., les cellules des rayons médullaires et les fibres ligneuses sont souvent très-fortement inclinées, parfois même couchées à la surface des vaisseaux du latex. Des vaisseaux ponctués et des spiraux sont aussi quelquefois recourbés en crochet pour suivre le laticifére qui s'intléchit ou se ramifie à son entrée dans la moelle.
11 parait donc démontré que, dans certains végétaux, dont les laticifères sont des plus parfaits, il y a une sorte de circulation dans ces vaisseaux. Ces végétaux appartiennent surtout aux familles suivantes : Lobéliacées, Euphorbiacées , Apocynées, Âsclépiadées, Morées, Artocarpées, Papavéracées (fig. 259), Aroïdées, Clusiacées.
Dans les parties âgées de diverses Convolvulacées, le latex cesse d'être finement granuleux, se réunit en gouttes, puis en colonnes denses, qui peu à peu sont résorbées; de sorte que les laticifères, pressés par les cellules environnantes, disparaissent quelquefois presque entièrement. Le même phénomène est offert aussi parles canaux oléo-résineux de certaines Ombellifères, dont le suc est souvent laiteux, dans VAntliriscm vulgaris, par exemple. Dans cette plante, en effet, le suc propre disparaît de la partie inférieure do là tige, landis qu'il est abondant dans les parties supérieures. Cette disparition du latex de la partie inférieure de la tige de bon nombre de plantes prouve de la manière la plus formelle, contrairement à l'opinion qui fut admise par beaucoup de botanistes, après Schultz.
5éPsÏ'séno^''îtnnr ''':'™"^àu latex ((ig. 259) snni. le plus souvent compo
,eestle senes de cellules superposées, et les cellules coustiluanics sont de même forme et jneme d.mens.on que celles des tissus (6) dans lesquels ces va si uT "^.^ÏÏÏèn
ng. I,. QuoKiue 1 apparence cellulaire soit extérieurement conservée, on peut so n-e" remarquer que les cloisons transversales qui séparent les cellules superposées, onl été
esorbees, de layon qu .1 existe alors des tubes continus intéricuremenM«, « ttg 1) bnaucoup plus rarement dans ce végétal la conslilulion cellulaire originelle a disparu et la membrane qm revêt les tubes, est parlaiteraent continue (fig. 2 a,b) Ce cas s'observe quelquelois dans la tige et dans le rn.lus ,1e la leuille. - La ngu.^e 1 a Té ïse ù la surrace des faisceaux des ,enllon :.nls qui sont à la base des mérilhalles de la
j^50 l'UËl'AllATION DKS SPORANGES.
que le suc laiteux n'est point la séve descendante des végétaux qui possèdent un tel suc. (Trécul.)
ART. ni. KTUDE DES TISSUS ET DES OllGANES DES
PLANTES EN PAUTICUl.lEll .
899. Il y a des organes des plantes qui, lors de leur naissance et dans les premiers temps de leur développement, ont possédé tous les caractères des cellules proprement dites, mais qui, peu à peu, en perdent les caractères, en acquièrent qui les éloignent de ceux que présentent les cellules proprement dites ; ils deviennent de véritables organes spéciaux différents des éléments ancUoiniques proprement dits ; ils constituent des organes dérivant d'un seul élément anatomique ou de plusieurs éléments soudés ; c'est ce que démontrent d'autre part, au point de vue physiologique , leurs usages spéciaux en i apport avec leur structure particulière ; plusieurs pourtant conservent une analogie plus ou moins grande avec les cellules dont ils dérivent.
900 Sporanges [ihèques, périsiwres, oospores, etc.). Le sont ae grandes cellules sphériques, ovoïdes, etc., qu'il faut chercher, soit au sommet des filaments de certaines algues, à la surface ou dans les coupes de l'épaisseur des organes de la fructification de beaucoup d'algues, de champignons, de lichens et des autres cryptofamés (fi"" 260).
" La présence des spores qui forment leur contenu les différencie de toutes les autres cellules du végétal ; elles ont perdu es caractères de cellules ordinaires avant que les zoospores et es spores ne s'individualisent à l'aide et aux dépens du contenu de leur ca-
lel que les contiennent les Euphorbes f^''^ '7,^;^,"' [nterne. Ils émettent des dées ,b,c). Les gros troncs vasculaires se ^ll^Z^'nne part, dans l'écorce
branches qui se divisent f,»cçess.vem n t ^^^j f^^^ ^ „\„oeUe. Les ramijusque sous l'épiderme; d autre part '^«"^ P',^''^;;'^^^ des rayons médullaires, soit ..cations passent de l'écorce ^""^ p „ver lesnuels ï s ont a o.s évidenimenl des au milieu des Éléments libro-vasculaires «v^c lesquels s o ^^^^^^^^^ rapports intimes. Dans les Euphorbes ces va sseaux d^^^^^^^
sinuosités lorl remarquables, et q,"^!'!"^'» ' - Dans ce.-
u'étant ainsi en relation qu'avec les ^^<^2T^^J '^^'''^^^ des laticiléres en réseau, on taines lobéliacées (Centropogon ^"^" r^"^^ ""^ conununication directe entre les observe de larges perloratiu.js ""^^^.Zx ponctués, etc. - La iigure i
vaisseaux du latex et les cellules l'gneu e et les va ssea i giobosa, et lu
donne Timage de ramif.cat.ons extrêmes <i«^ '^^'f ^'^^ „ ,atex de celle
ûgure 5 représente la forme des grams amylacés conten. espèce. (Dessin original de M. lieciil.)
l'liÉPARATION DU SAC EMBRYONNAIRE. 857
vite (fig. 260), par segmentation de celui-ci. Aussi l'on ne saurait considérer l'individualisation des spores comme un cas de génération endogène ou intra-cellulaire proprement dite.
Ces remarques s'appliquent de la même manières aux anthéridies et au.x spermogonies pu ovules mâles des Cryptogames et à ceux des Phanérogames ou cellules mères polliniques.
Ces données s'appliquent aussi à l'ovule femelle oti sac embryonnaire des phanérogames (fig. 261), surtout en ce qui concerne
Fig. 'i60
Fig. 261
la disposition de la paroi et la nature du contenu comparé à celui des autres cellules du végétal étudié, surtout en ce qui concerne la forme et le volume quelquefois si bizarre de cet organe (Crucifères, Antirrhinées, Conifères, etc., etc.), il faut les chercher dans la nucelle des plantes avant ou au moment de la fécondation (Voy. p. 879.)
On remarque dans le sac embryonnaire, à la partie inférieure, deux ou plusieurs .vésicules que Schacht nomme cellules antipodes {Gegenfiissler) . A la partie supérieure se voient deux corpuscules (vésicules embryonnaires) composées d'un globule de protoplasma sans membrane extérieure aussi longtemps que la fécondation n'a pas eu lieu , et revêtu (fig. 261) supérieurement par l'appareil
' a. Cellules du parenchyme de VVlva lacluca. b. Sporange qu'elles enlourent, dont le contenu commence à se segmenter pour former des spores
" Coupe longitudinale d'un ovule de YAUium odoram, au moment où la fécondation vient de s y opérer. La primine a été supprimée. - se, secondine; ne. restes du nu celle ; se, sac embryonnaire; it,, extrémité du lube poUinique qui a opéré la fécondationve vésicule embryonnaire fécondée et déjà subdivisée en deux cellules, 1 2 • ue' vési cule embryonnaire non fécondée ; va, vésiflules on cWiu/es antipodes. (Ifolmêister )
85X PRÉPARATION DES CONlDIliS.
filamentaire {Fadenajjparate) . Cet. appareil se compose d'une masse brillante et paraissant l'ormée de filaments mucilagineux Juxtaposés. (Schacht.) Pour observer ces parties, il faut, /dans l'ovaire des plantes ouvert, faire des coupes du placenta et d'un ovule, ou détacber celui-ci dont on enlève la primine et la secoiidine avec des aiguilles pour mettre à nu la nucelle. Celte dissection se fait assez bien en plaçant la lame porte-objet sous le microscope à dissection à un grossissement de 10 à 30 fois, et en tenant les objets dans l'eau, dans la glycérine ou dans la solution de cblorure de calcium '.
Ces remarques s'appliquent aussi aux divers corps reproducteurs des cryptogames, qui, tout en étant sphériques, ovoïdes, etc., très-petits, avec cavité distincte de la paroi, diffèrent notablement des cellules de' l'individu qui les produit et diffèrent même entre elles d'une espèce à l'autre, quant à la structure, plus que les cellules d'un type quelconque ; cela est très-évident pour celles qui ont deux enveloppes de cellulose. L'enveloppe extérieure est d'une espèce à l'autre lisse, réticulée, chargée de pointes, etc., et incolore ou colorée en jaune, en brun, etc. Elles n'exigent, en général , pour être vues , aucune préparation spéciale , en dehors de l'emploi d'un grossissement proportionné à leur petit volume. 11 suffit, pour les diverses sortes de spores, de les faire tomber en secouant les conceptacles au-dessus du liquide dans lequel on veut les examiner ou les conserver, telle que la glycérine, l'huile, le baume du Canada, ou simplement l'eau camphrée, etc.
Beaucoup de champignons (Erysiphe, Ascophora) donnent naissance à une première sorte de corps reproducteurs autrefois appelés spores et Sporidies, et cela lorsqu'ils ne sont encore qu'à l'état de mycélium. C'est ce qu'on nomme avec M. Tulasne, des conidies. Plus tard, quand sur ce mycélium et à ses dépens est formé le stroma, on y voit apparaître un hymenium portant des clinodes ou celhiles linéaires allongées, au sommet desquelles naissent des corps reproducteurs différents des premiers : on appelle styloapores ces corps ((ig. 262, s) reproducteurs acrogènes qui naissent nus (c'est-à-dire sans être enveloppés par une thèque ou sporange) au sommet de ces clinodes ou hasides analogues à ceux des agaricinées. Souvent leur développement est précédé par celui des s/if-;--
1 1,0 sac. ombryonnain- de Im luicclle diins l'œuf vcy.Mal i-.sl l'analoguo dii sporaiino des Cryplo-amcs cl la rrsiculc prrt-nilmioimairc qm s'y montre apre.'= la IV^coiidalion el d'où Tcmbryon déi'ivo (comni.- il sera nolé |.lus loml est 1 analoj;ue des spores propromenl dites.
PRÉPARATION DES SI'ORIîS ET DES ZOOSPOUES. sr.!)
matie>i on organes ffig. 209, a, a) mâles, qui sont également acrogènes sur des clinodes, mais filiformes, courtes et ténues. Enfin, plus tard naissent les thèques ou sporanges, et dans ceux-ci d'autres corps reproducteurs d'un troisième ordre et plus parfaits, qui se produisent sans l'apport de continuité avec la plante mère. C'est à eux qu'on réserve le nom de spores proprement dites. Leur élude exige l'emploi des grossissements de 400 à 600 diamètres. Ces trois
Fie. 262 '
Fig. 265
sortes de corps reproducteurs ont, pour nombre de plantes, été décrites autrefois comme autant d'espèces végétales unicellulaires différentes. Il est des espèces dans lesquelles on ne connaît que les conidies et les stylospores, dans d'autres seulement les stylospores (genre Sporocadus) avec ou sans spermaties (genre Cystispora), et les spores endothèques {Saphœria lahurni). Tous ces organes d'origine unicellulaire ou à peu près , se préparent comme ceux dont il a été question plus haut (page 556).
Le mode de préparation excepté, ces données s'appliquent à plus forte raison enfin aux autres cellules reproductrices analogues aux précédentes qui sont ciliées et mobiles et, par suite, appelées Zoospores. Ces corps reproducteurs se rencontrent avec toutes les formes précédentes ou avec un certain nombre d'entre elles dans certaines espèces, comme, par exemple, sur les Champignons des genres Peronospore et Cystnpus, ou seuls, comme on le voitparliculièrement, dans les Algues. Ils sont tantôt entièrement homogènes, principalement formés de la masse de substance azotée
- 6',-,m»5<H<« Fra»ff„Z„.Tul. (Lichens) : Conpe transversale .le la paroi d'une pvcnide- .. t.ssn propre de la paro. ; .s,s, stylospores ; a, leurs basidcs.-^ B. nVonpe de sty os^s s, avec deux paraphyses. (Tulasne.) juapni-s
'* TrMUlmm (ou Hysterium) qnercmnm l'ers. (Champignons) Portion de la coupe transversale d une spermogon.e ; substance des parois de la spcrmogonie • al sn" mânes venani do se détacher des ninn.ents sur ies-iuelselles ^ sont produites (Tulasnê )
800 l'Rlil'AIUTION DES SPERMATOZOÏDES ET DU POLLEN.
représentant l'utricule primordial des autres cellules (Trichiacés) ; tantôt comme sur la plupart des Algues une fois individualisée par segmentation du contenu des sporanges (fig. '260, p. 857), la masse de chacune d'elles s'entoure d'une mince paroi de cellulose perforée au niveau du point d'insertion des cils moteurs.
Ces données s'appliquent de la même manière aux spermaties et aux anthérozoïdes ciUés ou spermatozoïdes des algues (fig. 264, z), des mousses, des fougères, et autres Cryptogames, y compris beaucoup de Champignons (Peronospores, Cyslopus, etc.). Ici, encore lorsque le contenu ou vitellus de l'ovule mâle {Anthéridie et Spei--
Fig. 264
Fig. 265 ■
moqonie) de ces plantes est individualisé en cellules par segmentation à la surface de celles-ci poussent (fig. 264, z) les cils moteurs {androspore ou zoospore), sans que jamais on puisse distinguer sur ces éléments une paroi cellulaire bien distincte d'une cavité.
Enfinle grain de pollen ne diffère des corps reproducteurs précédents que parce qu'à la masse cellulaire azotée individuahseepar secxmentation du contenu de l'ovule mâle des Phanérogames (Wncl mère pollinique) , s'ajoute une paroi de cellulose, lisse, réticulée ou hérissée, etc.; dans laquelle la masse précédente représente l'utricule azoté des cellules végétales en général
Ihéi ozoïdes . (Thurel.)
. Voy. Ch. Robin Mén^alre, sur ^^^^^^^^ comme chez les femelles des végétaux, produisant l un les spermm
l'RÉl'AUATION DE L'ÈPIDEllME VÉGÉTAL. 861
11 suffit de l'aire tomber lesgrainsde pollen dansune goullc d'eau, poui' voir souvent l'opercule de la membrane externe se soulever et laisser sortir, soit la favilla, soit le boyau pollinique, ou pour voir cette membrane se rompre et laisser s'échapper ces parties. Il faut étudier toutes ces particularités à un grossissement de 100 à 400 diamètres.
901. Épidémie. Il est formé par de grandes cellules polygonales, à bords ou faces latérales ou ai} contraire élégamment et pliis ou moins profondément ondulées (Graminées, etc.) ; elles sont généralement aplaties, formant une seule, et rarement plusieurs rangées à la surface extérieure des plantes (fig. 268, a, b, page 864). On ne commence à les observer d'une manière bien évidente que sur les Hépatiques et les Mousses.
On les prépare en faisant une petite incision sur les feuilles, les sépales, les jeunes rameaux, les fruits et en enlevant par déchirure un lambeau superficiel mince qu'on étale dans l'eau, la glycérine ou l'acide acétique, etc. On peut aussi l'enlever en faisant des coupes
les grains de pollen, l'autre les cellules primitives de l'cmbrijon (Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences, Paris, 1848, t. XXVII, in-4'', p. 427; Journal ï Institut, n" 775, 1848, vol. XVI, in-4; Parip, p. 345. Publié en entier dans la Revue zoologique, Paris, 1848, vol. XI, in-8, p. 287 et 319). Ce mémoire renferme la première démonstration de ce fait, que le sac embryonnaire des phanérogames et les spores des cryptogames sont, les parties qui dans les plantes sont les analogues de l'ovule femelle des animaux. C'est là le véritable ovule des plantes. Leur contenu est l'analogue du vitellus et présente des phénomènes de segmentation tout à fait analogues. 11 donne pour la première fois aussi la détermination de la nature réelle des spermatozoïdes et des organes appelés Cellule mère des spermatozoïdes et les grains de pollen, basée sur l'étude de leurs modes de naissance et de développement, comparés à ceux des autres éléments anatomiques. Dans les organes génitaux mâles des plantes et des animaux, se produit un ovule mâle (cellule mère des spermatozoïdes ou des grains de pollen), de la même manière que l'ovule femelle, et analogue à celui-ci. Le vitellus de l'ovule mâle se segmente spontanément; chaque sphère de fractionnement forme une cellule embryonnaire mâle ; chaque cellule embryonnaire mâle passe à l'état de grain de pollen, des phanérogames, de spermatozoïde des algues, etc. Ainsi, les spermatozoïdes des plantes et des animaux, ne sont pas des animaux, mais des éléments anatomiques, comparables sous ce point de vue, aux cellules épithélialcs ciliées par exemple et dont chacun dérive d'une cellule embnjonnairc mâle. Ces corps ont la propriété de déterminer par leur contact avec l'ovule des plantes , suivi de leur liquéfaction et mélange avec la substance du vitellus, la segmentation dans l'ovule femelle, qui a lieu ici de la même manière que dans l'ovule mâle. Les cellules embryonnaii-es femelles ipii résultent de cette division ou individualisation, se réunissent pour former l'embryon. L'expression ovule mûlc aujourd'hui commmiément adoptée par les biologistes, date de ce travail.
m PREPARATION DE L'Iil'lBLÉMA.
minces parallèles à la surface do ces parlies. l/épaisseui' des cellules
se voit sur les coupes faites perpendiculairement à leur surface.
Toutes ces préparations doivent être étudiées à un grossissement de lOd' à /i-OO diamètres ainsi que les suivantes et celles qui sont destinées aux collections doivent être conservées dans la solution de chlorure de calcium.
Schleidon donne le nom d'épithélium aux cellules d'épiderme à parois minces, qui ne sont jamais ou que rarement lignifiées ou incrustées desubérine. Il recouvre tous les jeunes organes, la surface de beaucoup de pétales (fig. 266) et toutes les surfaces sécrétant beaucoup. Ce sont ces cellules qui sont arrondies ou prolongées vers l'extérieur en forme de papille plus ou moins longues (sur le stigmate, par exemple), ou même de poils plus ou moins longs, comme on le voit à la surface de plusieurs plan-i tes (Orchidées, Ilippuris, Graminées, etc.). Les cellules sont pleines d'un contenu liquille sans amidon. Leur paroi se colore
KiL'. 'itjti.— Cellules conuiues de H"^' ^ i- • i ir •
la couciie épiderraiqiie d'un en bleu par 1 lode et 1 acide sullurique.
pétale à surlace veiouiée. 1,'épibléma est de l'épiderme formé de cellules à parois assez épaisses, ordinairement aplatie , rarement papilleuses, mais souvent prolongées de manière à former la racine des poils. Elles ne se colorent pas toujours en bleu pur par l'iode et l'acide sulfurique; elles semblent, par conséquent être incrustées de xylogène et de subérine. Elles recouvrent principalement toutes les parties pourvues de poils radiculaires. Sur les vieilles racines des plantes élevées, il est remplacé par la formation de couches subéreuses. L'épibléma est toujours tapissé d'une vraie cuticule.
L'épiderme proprement dit est formé de cellules aplaties tabulan-es, de forme très-variable, suivant les espèces de plantes et régulière ou non. La paroi de ces cellules, qui est au contact de l'air, s'épaissit beaucoup plus que l'autre, et les couches d'épaississement les plus extérieures appelées couches ciiticulaires sont souvent incrustées de subérine. Les cellules épidermiques sont quelquefois ponctuées ou à fil spiral comme celles des poils des racines aériennes des Orchidées tropicales. Ces cellules se trouvent à la .'^urface des jeunes troncs et des jeunes rameaux, des feuilles; elles tombent de la tige des plantes vivaces, et se trouvent remplacées par celles du
PREl'AHATlOiN DES l'OlLS VliGÉTAlIX.
subor. Les Marchanlia el la capsule des Mousses eu sont lapissties.
C'est là où existe cet épidémie, que s'observent les stomates (lig. 267). Mais les cellules qui limitent ceux-ci n'appartiennent pas à l'épidernie, elles sont de l'ordre des cellules à chlorophylle appartenant au système herbacé. On les prépare avec l'épidernie et en coupant transversalement des feuilles ou des jeunes rameaux.
Wg. 267
Ce sont des cellules de l'épiderme qui, dans VEqidsetum hiemale, contiennent de la silice dans leur paroi ; ces cellules sont ponctuées. Les cellules des Isoètes hijstrix et /. Durieuî, ainsi que des Calamus, renferment aussi de la silice.
Les poils, les soies, les aiguillons des rosiers, les écailles ou lépides, etc., sont des onjanes formés par un ou plusieurs éléments anatoraïques qui se rattachent aux cellules de l'épiderme en général. Toutes sont des cellules en connexion avec celles de l'épiderme, et qui n'en différent que par la forme qui est trés-variée, ainsi que par leur dimension et par leur arrangement. Plusieurs sont un pi'olongement direct d'une cellule épiderniique. Aussi les préparations se font-elles en même temps que celles de l'épiderme et de la même manière.
Les poils simples se voient sur l'épiderme du Borrago officinalis,
864 l'HÉl'AllATION DES l'0lI-8 VlifiÉTAlIX.
,lc beaucoup d'orchidées (f.g. 268), des pêches el d'autres fruit*.
Les poils ramifiés, seront cherchés sur l'épiderme de 1 Arabiscaucasica, Mallhiolaannua, etc., sur les feuilles de platanes, etc.
Fig. 268
l voûs brûlants sur les Uriica urens, dioica, Loasa nrens, etc. K ;t ^::^^^iféres sur les.rameaux et les feuUles de beaucoup
- coupe de . s.p^n.e du P^'^^l^^^^f^^^T^^::^^^
ment granuleux, gnsâlre. cnoves des fougères, l'état
. La structure des poils urticants. d^^^" ^ j JeTe f^^^^^^ trouvent vésiculeux du fer qui a brûlé lors du choc dans les
déjà exactement décrits dans le D'scoin-s 'rnl^'h^ du g
ment Jean-Baptiste), imbho .i la suitu ^5 et suiv.
des viscères, de Malpiglii, traduction de ^au%allc, 1087, uw , 1
PRÉPARATION DE l/ÉCORCE. 865
de Labiées, des Jusquianics, sur les poils do riiUoi ieiir de la corolle de V Antin hinum niajus, de la corolle du Nicotiana tabacum, etc. des Jusquiames, etc.
Les Lépides se trouvent sur la face inférieure des feuilles de VHippophae rhamnoides, de VElœagnus angustifolia, etc.
902. L'écorce s'étudie seule sur les branches où elle est épaisse et en même temps que le bois et la tige sur les jeunes rameaux ou les plantes herbacées. Il faut en faire des coupes transversales et longitudinales alternativement que l'on conserve soit dans la glycérine pure ou additionnée d'un peu d'acide acétique,soit dans le chlorure de calcium. Dans ïécorce on étudiera successivement 1° l'épiderme avec ou sans stomates et poils ;
2" Lepériderme sur les feuillets qui se détachent du tronc du Belula alba, sous lepiderme du Popidus tremnla, etc. ;
o" La couche subéreuse sur les coupes transversales et longitudmales du liège du commerce, de l'écorce des Érables de même que de celui des vieilles branches du Liquidambar styracifliia, etc. ;
4° Les couches du liber. Le liber peut se présenter sous forme d'anneau fermé, comme dans la tige des Dianthus, ou sous forme de groupes fasciculés de fibres, comme on l'observe dans les coupes de tige de beaucoup de Labiées, de Scrofulariées, de Vinca minor, Tilia, elc.Sur lescoupeslongitudinales dilacérées ou non, avec des aiguilles, on étudiera sur les Tilleuls, les Mauves, le Chanvre, le Lin, les Orties, etc., les fibres libériennes ;
5" La couche génératrice ou cambiumHe voit bien sur les coupes transversales et longitudinales faites avec des rasoirs bien tranchants sur des liges et des rameaux des Conifères, de tilleul, de Nerium oleander, Cocculus laiirifolius , Paulownia imperialis, etc. On observerai coloration bleue que prennent les cellules très-délicates du cambium sous l'inflence du chlorure de zinc iodé ou de la teinture d iode même directement appliquée.
Quant au bois des tiges et des rameaux, il faut étudier successivement :
1° les rayons médullaires sur des coupes transversales et lono-itudinales des Conifères, du Chêne, du Noyer, du Corylus avelana, et autres (fig. 269 et 270).
2» Les couches ligneuses sur des coupes longitudinales et trans-
RoEiN. — Microscope.
860 l'KKl'AllATIÛN DU BOIS ET DU l-A MOb'.l-l.li.
versales de TUia, Acer, de vigne, etc., el sur les plantes herbacées, pour voir comment souvent elles sont remplacées par des groupes fibro-vasculaires séparés par d'épais rayons médullaires ;
3° La moelle sur les coupes de la moelle de sureau, des rameaux du noyer, des Philadelphus, des Lilas et des plantes herbacées.
Pour étudier la structure des tiges des plantes raonocotylédones,
coy-j) ce cp yz.'
Fis. 269 *.
Fis. 270
faire des coupes transversales et longitudinales de Bwscms acxdeatus, Papyrus antiquorum, de fragments de bois de palmier, de tige et de'pétioles des orchidées, des liliacées, et particulièrement des diverses espèces de graminées, soit encore très-jeunes, soit à l'époque de leur complet développement. Il importe d'examiner sur les palmiers, les orchidées, etc., les épaississements des cellules fibreuses.
• Couce lonsiludinalc du liber du Cinclwna calisoua païalUUc à In direclion dr. rayoSZéduUatës r,n'. fl f.brcs corticales, ce. Tissu --,,fXme^^^^^^^^^^^^^^^
Coupe longitudinale du Cinclwna pubcsccns (d après \\eddell). Mcnie s.^nuicauon des lettres que sur la figure précédente.
PRÉPARATION ORGANOGÉNIQUE DES TIGES. 867 Pour étudier l(!s tiges et les pétioles des Fougères, on fera des coupes longitudinales et transversales de Pteris aqidlina, etc., et on les examinera à un grossissement de 150 et 400 diamètres, d'ans la glycérine. Il en sera de même pour les coupes longitudinales et transversales des Équisétacées , de YEquisetum arvense, par exemple, pour la conservation desquelles le chlorure de calcium convient mieux que la glycérine.
La structure de la souche et des diverses sortes de racines des plantes précédentes s'étudie sur des coupes faites comme pour les tiges. Il en est de même pour les bulbes et les pseudo-bulbes des orchidées terrestres et aériennes.
903^ Pour étudier ïorganogénie de la tige, on peut, comme le dit Schacht, suivre deux voies : dans la première, on étudie la plante en germination ; dans la seconde, on étudie le bouton et la jeune tige; pour obtenir un résultat sûr, il est bon d'alterner ces deux maméres. Dans ces deux cas, il faut faire des coupes longitudinales, mmces, passant exactement par le milieu du cône de la tige; quand cette coupe est convenablement faite, on voit aussi bien sur la plante en germination que sur le bouton, l'extrémité de la t,ge former une petite éminence plus ou moins conique recouverte d un épilhélium, et complètement fermée ; au-dessous d elle se trouve un tissu (Urparenchym) consistant en petites cellules, remplies de matière granuleuse, dont le contenu se colore diffirT P^^.^^^f,^^ «^P^^'d un peu plus bas dans les d.fferentes parties de la tige, et se trouve là en relation directe avec 1 anneau de cambium. Les premiers faisceaux vasculaires naissent dans ce dernier et se développent plus tard à ses dépens Dans une coupe longitudinale bien réussie à trave s la pon.te d une jeune branche, on peut étudier, avec précision, l'avan-
bas, et plus elles sont développées, aussi bien au point de vue de
nViilaTr ^'^P^^^--^ d'e leurs parois)
S I on traite une coupe de ce genre avec de l'iode et de l'acide sulfurique, on voit les parties inférieures se colorer immèdiatem ii en bleu tandis que les parties supérieures n'arrivent à cette co leur qu après avoir passé successivement par le jaune le rote ïe vio et et la ponite conique de la tige n'est coJrèe en bl ^q 'a bout de quelques heures par la dissolution de chlorure de in lodee. (Voy. p. 828-829.) ^ ^'"^
Au-dessous du cône de vég-étation Hp l^i ii„n r
c^eiduon ae la tige (punctum vegetatio-
868 l'UÉl'AlWTION DES BOURGEONS.
nis), on voit, de chaque côLc, d'autres petites érninences cellulaires, qui sont recouvertes par le même épithélium et sont constituées par le même tissu que le cône de végétation; ces érninences ne sont autre chose que les rudiments des feuilles, et plus on descend bas dans la tige, plus on les trouve développées.
Outre les coupes longitudinales, il est encore nécessaire de faire, à diverses hauteurs, dans les bourgeons, des coupes transversales. La coupe longitudinale montre la connexion des faisceaux vasculaires du bourgeon avec ceux de la tige ou de la racine dont ils provien nent; à l'aide d'une coupe transversale, on apprend, au contraire, les rapports de situation des feuilles dans le bourgeon.
Si l'on veut suivre la formation du jeune bois, il faut faire, au printemps et à l'été, des coupes transversales et des coupes longitudinales suivant deux directions. Ces coupes doivent être trèsminces, et surtout l'on doit couper très-nettement le cambium. 11 est quelquefois avantageux de placer quelques minutes les coupes fraîches dans une dissolution étendue de potasse, ce qui rend plus claires les cellules du cambium ; on pourrait encore se servu- de glycérine. On pourra ainsi, dans les jeunes cellules ligneuses de Pinus et de Picea, observer une spirale très nette et assister, en quelque sorte, à la formation des canaux poreux. (Yoy. Schacht,
Ces coupes montrent que dans l'accroissement des couches du bois, les cellules des rayons médullaires, les jeunes cellules ligneuses et les très-jeunes cellules vasculaires elles-mêmes, peuvent concourir à la génération des nouveaux éléments utnculaires. Ces cellules se dilatent, puis se divisent en plusieurs utricules. Celles-ci brandissent à leur tour, et se divisent de la même mamère en cel- Fules d'ordre tertiaire, qui continuent la multiplication ulriculaire. Il naît ainsi une masse de tissu cellulaire plus ou moins considérable, dans laquelle les fibres internes se développent en cellules ligneuses et en vaisseaux, tandis que les cellules externes arrivent à l'état de parenchyme cortical et en liber. (Trecul.)
Des coupes de l'ordre de celles dont il vient d'être question mon. trent que les bounjeons adventifs se développent sur les feuil sur les tiges et sur les racines. Le bourgeon est précède pa une pr ci:ctio;utriculaire, néeordinairementdelacouche^^^^^^^^^^^
L vaisseaux se manifestent, dans l'intérieur de - ^ P^^^^^^^^ utriculaire, longtemps avant que rien -^"«"^^^ P^f^ ! /j,! feuilles; ces vaisseaux, qui sont réticulés ou ponctues, pai