CHAPITRE
De l'emploi du microscope dans l'étude de l'anatomie et de la physiologie des diverses parties de la fleur.
905, Pour étudier la structure des divers organes foliacés des fleurs, on procède comme il a été dit plus haut à propos des feuilles elles-mêmes (p. 869-870).
Dans l'étude des boutons, il faut, avant tout, porter son attention sur le nombre et les rapports de position des différentes parties, et étudier la structure de ces mêmes parties. Pour cela, on devra faire des coupes transversales, à différentes hauteurs dans un bou ton qui ne soit pas encore ouvert. Une telle coupe, faite par la pointe du bouton, ne montrera en général, que les rapports de position du calice et des pétales ; une coupe faite un peu plus bas fera voir de plus, dans les fleurs hermaphrodites, les anthères et leur position par rapport aux pétales, et même, dans quelques cas, le stigmate ou le style, ou même l'ovaire, lorsqu'il est supère-, on fera ensuite une autre coupe, encore plus profondément, et si l'ovaire est infère, on ne devra pas négliger de l'étudier séparément. Ces coupes, qui ne doivent pas êire très-minces, donnent une connaissance complète de la disposition relative des différentes parties de la fleur ; on reconnaît ainsi les différents verticilles et le nombre de leurs éléments, puis la position relative des pétales et des sépales; on voit quelle est la structure des anthères avant ladéhiscence et la position des loges de l'ovaire par rapport aux verticilles précédents ; on reconnaît enfin si les éléments des verticilles se modifient simultanément ou les uns après les autres. (Schacht.)
Souvent une coupe transversale, à travers un bouton, comprend aussi une coupe à travers la bractée à laquelle tient le bouton. Il faut avoir soin dans ces opérations, de ne rien déranger avec l'aiguille ou tout autre instrument de ce genre ; cela est d'ailleurs facile à éviter pour les jeunes boutons. Lorsque ceux-ci sont voisins de l'épanouissement , on ne peut plus les étudier par le même procédé, car les différentes parties se sépareraient. Lorsqu'une coupe transversale a été faite dans un jeune bouton, on doit la détacher du couteau avec un pinceau de poils très-fins, comme toutes les préparations délicates ; il faut toujours rejeter les coupes qui ne seraient pas tout à fait horizontales.
Indépendamment de ces coupes, il est nécessaire encore d'en l'aire de longitudinales, passant exactement par le milieu du bouton, dans des directions qui sont indiquées par les coupes transversales : 1° Elles permettent devoir très-aisément l'inserlion des pétales et des étamines ; on pourra par elles reconnaître si les étamines sont insérées à la même hauteur que les pétales, comme cela a toujours lieu à l'origine, si elles sont portées par un disque, si dans les fleurs qui ont les pétales soudés les étamines sont soudées avec ceux-ci ou en sont distinctes ; 2° Elles apprennent quelle est la position de l'ovaire par rapport aux parties de la fleur, s'il est au-dessus, au milieu ou au-dessous, comment est constitué le style et de quelle manière son canal est en relation avec les loges de l'ovaire, question qui, dans beaucoup de cas, ne pourra être résolue que par l'élude organographique de l'ovaire et du pistil. (Schacht, p. 192.)
Pour étudier les anthères des fleurs très-petites, on fait des coupes transversales très-minces dans le bouton floral, et on cherche ensuite avec l'aiguille les anthères que l'on a coupées transversalement ; mais lorsqu'il s'agit de fleurs assez grandes, on ouvre le bouton et on place directement l'anthère dans la moelle de sureau. Ces coupes faites à travers un bouton floral permettent aussi de reconnaître si la déhiscence des loges de l'anthère se fera du côté intérieur ou du côté extérieur. (Schacht, p. 198.)
On peut faire l'étude organogénique de la fleur de deux manières : 1° observer directement, sous le microscope, les états successifs de la fleur; 2° faire à travers tout l'axe floral des coupes longitudinales, transversales et inclinées, extrêmement délicates. Le second procédé conduit plus rapidement et plus sûrement au but ; il donne une vue beaucoup plus précise sur les rapports intérieurs des différentes parties de la'fleur, et enfln, il demande beaucoup moins d'exercice pour être pratiqué convenablement. Dans le premier procédé, on n'est jamais sûr de n'avoir pas produit quelques lésions avec l'aiguille, lors même que l'on est très-habile à la manier ; de plus, l'observation est rendue difficile, car on étudie des corps en relief qui exigent que l'on place successivement le foyer de l'instrument à des distances différentes. Dans bien des cas, cependant, il sera bon d'appliquer les deux méthodes afin de ne rien laisser passer d'essentiel.
On choisit les rameaux floraux les plus jeunes et l'on y fait à main libre des coupes longitudinales ; la coupe doit être suffisamment mince et montrer l'axe floral ; on doit y apercevoir aussi le
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bouton terminal et, au-dessous, les feuilles futures. Dans les feuilles situées plus bas (ou bractées), ou reconnaîtra la premièi-e ébauche des fleurs axillaires, formant un corpuscule cellulaire rond semblable au jeune bourgeon à feuilles ; ce corps cellulaire est l'axe de la fleur. A l'aisselle des feuilles placées au.-dcssous, on verra déjà apparaître, tout autour de ce eorps cellulaire, les sépales sous forme de mamelons arrondis ; la coupe ayant partagé en deux ces ébauches de fleurs, on verra alors la pointe de l'axe former un mamelon arrondi entre les rudiments du calice. Encore plus bas, sur la même coupe, on reconnaîtra l'apparition du second verlicille floral, puis du troisième, etc., etc.
Quand on s'est orienté par des coupes longitudinales à travers l'axe floral, sur le rapport des différents -verlicilles avec le cône de végétation, ou pointe de l'axe, on fait alors des coupes transversales minces à différentes hauteurs. Comme la jeune fleur fait avec l'axe principal (rapport commun des fleurs) un angle plus ou moins aigu, Schacht recommande de faire des coupes un peu obliques par rapport à cet axe. On fera un grand nombre de coupes, et pour chaque degré de développement des fleurs, on choisira celles qui paraissent faites dans des directions convenables.
Pour avoir une succession continue des différents états de déve- .loppement, ilestbon de dessiner toutes les coupes transversales et longitudinales que Ton obtient. 11 est alors facile de constater les rapports qui existent entre les coupes transversales et longitudmales correspondant au même degré de développement.
Il est utile de se servir de la loupe pour dégager les coupes longitudinales de toutes les parties inutiles ou nuisibles.
Pour l'étude organogénique d'une fleur, on a, avant tout, à observer dans une coupe transversal :
La succession des verticilles floraux et leur nombre ; La position des différentes parties d'une verticille par rapport a celles du verticille précédent. Un verlicille peut paraître manquer, mais il ne faut pas en conclure pour cela qu'il soit avorté ou atrophié • le nombre des parties de chaque verticille, l'adhésion des parties, la structure des anthères, del'ovaire, etc. (Schacht, p. 214
906- Pour étudier l'ovaire, il est nécessaire de faire des coupes transversales, minces, à différentes hauteurs, en suivant les procèdes indiqués plus haut (pages 850). En l'examinant avec l'aiguille sous le microscope simple, on verra s'il estpluriloculaireou non. D après
Schacht, beaucoup d'ovaires qui sont donnés dans les livres comme pliiriloculaires, avec un placenta central, paraissent uniloculaircs, au moins à la partie supérieure, avec plusieurs placentas pariétaux s'avançanl jusqu'au milieu de la cavité de l'ovaire, dans la partie inférieure ils paraissent réellement pluriloculaires ; on peut citer les Onagrariées, les Pyrolacées, les Monolropéos, etc. Les Cucurbitacées ont un ovaire pluriloculaire dans toute sa longueur avec placentas pariétaux. Dans les Onagrariées, on trouve quatre placentas pariétaux qui s'avancent en forme de cannelure, vers le centre de l'ovaire et se terminent en s élargissant de chaque côté ; ils portent de chaque côté une rangée d'ovules et sont adossés l'un contre l'autre. Entre ces quatre placentas qui se touchent, il reste une cavité libre qui est, en quelque sorte, la continuation du canal du style ; au contraire, dans la partie inférieure del'ovaire, les placentas sont réunis en une seule masse. Comme exemple de placentas pariétaux peu développés, avec un ovaire uniloculaire, on cite le genre Viola ; dans les orchidées, on trouve des placentas bifurqués envoyant de chaque côté des prolongements longitudinaux souvent très-développés , qui portent un grand nombre d'ovules.
Dans une coupe transversale d'un ovaire, il faut encore observer si les ovules ne forment qu'une seule rangée de chaque côté du placenta, comme dans les Onagrariées, oy s'ils en forment plusieurs comme dans les Éricacées. La distribution des faisceaux vasculaires dans l'ovaire, et le placenta mérite aussi d'être étudiée.
Quant au sac embryonnaire, on doit surtout observer sa position dans la nucelle. Dans les Orchidées et les Personnées, la nucelle est de bonne heure repoussée par lui. Dans les Rhinanthacées, les Orobanchées, les Acanthacées et dans les Labiées, le sac embryonnaire forme souvent, après la fécondation, des excroissances qui résorbant le parenchyme du tégument, le traversent et s'avancent librement dans la cavité de l'ovaire; ce fait ne peut être constaté qu'en faisant des coupes longitudinales trés-minces par le milieu de l'ovule. (Schacht, p. 209.) Nous reviendrons du reste plus loin sur son étude après la fécondation (p. 879).
907. Des grains de pollen et du boyau pollinique et de la fécondation, les ulricules mères polliniques (qui sont des Oî;M/es mâles, ainsi que je Tai montré ailleurs), et par segmentation du contenu desquelles se forment les grains de pollen, naissent au nombre de deux à six, ou quelquefois plus, au centre de chaque moitié de l'anthère Elles sont généralement regardées comme n'étant autre chose que