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PRÉPARATION DU TISSU CONDUCTEUR

des cellules quelconques du tissu cellulaire deranlhère, qui se sont mèlamorphosées en cellules spéciales; pourtant on peut constater, comme pour le sac embryonnaire, que, dès leur apparition, ces cellules, quoique se comprimant par leurs faces contiguës, diffèrent par la coloration ot l'aspect muqneux de leur contenu des autres éléments de l'anthère.

Pour examiner les grains de pollen, on peut les faire tomber dans l'eau, dans la glycérine, étendue d'eau ou d'alcool, dans les essences, dans l'acide sulfurique concentré ou non. On étudiera les réactions cellulosiques et autres de leurs deux enveloppes. Pour cela il sera bon de faire des coupes de grains polliniqucs, comme il a été indiqué plus haut (p. 831).

Le tube pollinique peut se former avec une rapidité plus ou moins grande, suivant les plantes que l'on considère; souvent, au bout de quelques heures seulement, l'intine s'échappe par les pores de l'exine ou déchire la peau, si celle-ci est close. Dans les conifères le tube ne prend pas sa source dans l'intine elle-même, mais dans une cellule à laquelle elle donne naissance: le Pinus, le Picea elV Abies montrent nettement un petit corps formé de plusieurs cellules, qui est lié à l'intine, et dont la cellule terminale se développe pour constituer le tube pollinique. Au moyen de l'acide azotique on peut séparer Ijntine de l'exine, et l'on voit alors trèsnettement son petit corps cellulaire. Dans les Cupressinées et les Taxinées, au contraire, le contenu de l'intine se divise en deux cellules inégales dont la plus grosse se transforme en tubes poUiniques (fig. 272). On trouve des tubes poil iniques ramifiés dans le Fagvs sylvatica, V Araucaria brasiliensis et le Thuya, et quelquefois aussi, mais plus rarement, dans le Viola tricolor, le Crocus, elc.

On peut conserver dans la dissolution de chlorure de calcium les coupes transversales faites dans les grains de pollen. Cependant la production cellulaire de l'intine des conifères ne semble pas se conserver, soit avec la dissolution de chlorure de calcmm, soit avec l'huile d'amande douce. (Schacht, p. 205.)

Le moyen le plus facile d'obtenir des boyaux polliniques est de prendre les grains des pollens qui adhèrent aux stigmates de presque toutes les plantes épanouies. On trouve aussi des arains polliniques émettant spontanément leurs tubes suivant k professeur van Heurck, en préparant au chlorure de calcium les poils de la fleur du Nicandra physaloides épanouie depuis un ou deux jours et surtout quand le temps est humide. On voit aussi

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un grand nombre de ces grains parmi ces poils. 11 est beaucoup d'autres plantes sur lesquelles on peut saisir aussi des grains de pollen envoyant leur tube pollinique (lîg. 272) dans le tissu conducteur au travers (lu stigmate, \ors({\\e celui-ci se trouve couveil

- Fis. 272 *. Fig. 275 *\

de pollen,- quand on fait des coupes longitudinales minces portant à la fois sur lui et sur le style.

Pour les masses polliniques des orchidées (ou pollinies), il faut les chercher sur le gynostème au-dessus du stigmate, où enfermées chacune dans la logette (fig.275a), on les voit quand celle-ci est ouverte {b). On peut alors examiner les groupes de grains de pollen (cl, e) retenus par des filaments muqueux (c).

908. Quand on est parvenu à se familiariser par l'organogénie avec la structure de l'ovaire, du style et du stigmate des plantes et aussi avec le développement de leurs ovules, on peut étudier à fond, dans quelques-unes, le canal du style, sur des fleurs non saupoudrées par le pollen, puis sur des fleurs saupoudrées. Pour connaître le chemin suivi par les tubes polliniques, ainsi que les changements qu'ils déterminent dans le canal du style, on doit étudier avec soin l'élat de l'ovule et du sac embryonnaire au temps de la floraison, avant qu'un tube pollinique ne soit parvenu jusqu'à ce dernier ; c'est surtout sur le contenu du sac embryonnaire qu'il faut porter son attention, car c'est de cette manière seulement qu'il est

* Coupe longitudinale d'un fragment de stigmate du Mallhiola aiimia. Sw, montrant quelques grains do pollen, p, qui ont émis leur tube ou boyau Ip.; plusieurs de ces tubes sont entrés dans la cavité des papilles sligmatiques pu; l. tissu propre du stigmate. (Tulasiie.)

"* Masses polliniques du Mamillaria peliolaris. a. Logetles fermées, h. Logettes dont l'une a son opercule renversé, t.d.c. Masses polliniques isolées ou réunies par des tilamenis mucilagineux, c, d.

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possible de se faire une idée exacte des changements déterminés plus tard par le tube poUinique.

Pour suivi'e la course du tube pollinique depuis le stigmate jusqu'à l'ovaire, le meilleur moyen consiste à saupoudrer soi-même les fleurs. On étudie alors chaque jour une ou plusieurs d'entre elles en faisant des coupes longitudinales minces par le milieu de l'ovaire et du style, et l'on se rend compte ainsi du temps que met le pollen pour se développer en tube et parvenir jusque dans la cavité de l'ovaire. Le Limodorum abortivum est la plante la plus convenable pour suivre le développement et la marche du tube pollinique. On peut se convaincre facilement que ces tubes n'ont pas une structure uniforme, et qu'elle change de l'un à l'autre , suivant la manière dont la nourriture leur arrive.

Les grains de pollen de Limodorum et de Strelitzia développent déjà leur tube dans la loge de l'anthère. Chez les conifères la même chose arrive quelquefois dans le Cupressus. Le stigmate de ['Hoya carnosa convient très-bien pour observer l'émission du tube ; avec l'eau sucrée ce phénomène se réalise beaucoup plus difficilement. (Schacht, p. 205.)

Lorsqu'on a préparé de bonnes coupes longitudinales, il est souvent utile d'écarter un peu avec l'aiguille, en s'aidant de la loupe, les parois du canal du style ; il existe souvent, en effet, des faisceaux de tubes poUiniques mélangés avec les cellules du tissu conducteur, et l'on pourra ainsi les suivre, à la loupe, jusque dans la cavité de l'ovaire. Dans les plantes à style long, inince, se fanant promptement, rarement on réussit à suivre, sans interruption, la marche du tube pollinique ; cela est, au contraire, très-facile avec les plantes qui présentent un style court et charnu, comme les Orchidées et les Viola tricolor. Quand on examine, par ce procédé, le style d'une fleur d'Epipactis, huit jours après l'avoir saupoudrée, on est surpris du nombre prodigieux de tubes poUiniques produits ; on peut suivre facilement les faisceaux qu'ils forment, jusque dans les ovules. Pour le Viola, en prenant des fleurs flétries, on y trouve souvent des tubes poUiniques ramifiés ; le même fait se présente quelquefois dans le Fagus sijlvatica et ÏŒnothera muricata. (Schacht, p. 225.)

Beaucoup d'ovules sont assez gros, à l'époque de la floraison, pour qu'on puisse les placer sur le doigt, et y faire des coupes transversales; mais on devra prendre soin de faire cette coupe dans une direction convenable. On enlève d'abord rapidement un des côtés de l'ovule avec un rasoir extrêmement tranchant ; puis on

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le retourne avec un pinceau fin, el l'on répète la même opération de l'autre côté: de tout l'ovule il ne reste ainsi que la lamelle centrale qui n'a pas été attaquée. Pour empêcher que la préparation se dessèche pendant que l'on opère, il faut avoir soin de maintenir toujours le doigt humide. On porte aussitôt la préparation, sans couvre-objet, sous le microscope, et l'on reconnaît s'il est utile de la tailler encore ; on arrive quelquefois, en voulant améliorer successivement la préparation à la détruire complètement, mais souvent aussi, surtout si l'on s'aide de l'aiguille et de la loupe,' on réussit à avoir une coupe utile permettant de faire des observations nettes. On devra essayer d'isoler complètement le sac embryonnaire des fleurs non saupoudrées, lorsque cela est possible. Il semble alors constitué par une cellule simple. Dans la plupart des cas il est si délicat, qu'en cherchant à l'isoler on le détruit, ou au moins les cellules qui y sont renfermées ; il vaut mieux alors se contenter de coupes longitudinales, aussi minces que possible, et étudier à fond le contenu du sac embryonnaire, voir s'il existe des cellules à son intérieur, et dans ce cas, examiner quelle est leur position. Lorsqu'on ne peut isoler le sac embryonnaire, ou lorsqu'il n'est pas possible d'étudier l'ovule en le coupant avec le rasoir, on pourra recourir à l'action de la potasse qui permet de reconnaître la disposition et la structure des enveloppes de la nucelle et de distinguer le contour du sac embryonnaire.

On ne doit pas, dans ces recherches, se contenter d'une seule préparation, quelque bien réussie qu'elle soit, il est indispensable d'en faire plusieurs, aussi complètes que possible, et de les comparer les unes aux autres. Dans le Gladiolus, le Crocus, le Phormium, le Zea, le Cheiranthus, VEuphrasia, etc., la membrane du sac embryonnaire, avant la fécondation, est déjà assez solide pour qu'on puisse l'isoler, au moins à sa pointe.

Les vésicules embryonnaires se trouvent à la pointe du sac embryonnaire, au-dessous du micropyle, tandis qu'à l'autre extrémité apparaissent une ou plusieurs cellules, les antipodes des vésicules embryonnaires. Sur une préparation habilement faite, on reconnaît que ces dernières cellules sont pourvues d'une membrane solide de cellulose, tandis que le globule de protoplasma des vésicules embryonnaires {globule de fécondation), i[m n'est entouré que par la couche externe du plasma, s'écoule très-facilement dans l'eau du porte-objet. Dans les fleurs qui n'ont pas été saupoudrées, bien que le temps normal de la fécondation soit passé, le globule de

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proloplasma se coagule et se laisse séparer, même dans l'eau ; avec le sac embryonnnaii-e on arrive au même résultai en plongeant des fleurs fraîches dans l'alcool pendant 2i heures {Crocus, Gladiolus). Par ces deux procédés, on reconnaît qu'il existe au-dessus du globe de protoplasma une masse brillante, striée, qui se colore en bleu avec la dissolution iodée de chlorure de zinc, et est, par suite, formée par de la cellulose ; et comme, ordinairement, deux vésicules embryonnaires apparaissent l'une à côté de l'autre, il existe aussi deux pareilles masses distinctes l'une de l'autre, et placées chacune au-dessus de son protoplasma. Dans le Gladiolus et le Crocus, la structure striée de cette masse de cellulose que Schacht a appelée appareil filamentaire, est très-nette ; elle semble se composer, après la dissolution du globule de protoplasma, d'une touffe de fils fins ; on reconnaît facilement que ces fils appartiennent au globule de protoplasma, et forment, conjointement avec lui, la vésicule embryonnaire. Dans le Phormium tenax, le rapport de ces filaments avec le globule de protoplasraa est encore plus évident. (Schacht.)

Pour voir les vésicules embryonnaires intactes, il faut chercher à obtenir des coupes longitudinales, par le milieu d'ovules non fécondés, le plus rapidement possible, afin qu elles n'éprouvent aucun trouble. Dans les premières secondes de l'observation, sur une coupe fraîche, le protoplasma se présente sous la forme d'une cellule globuleuse, avec un nucléus central qui est lui-même quelquefois recouvert par un protoplasma granuleux ; mais au bout de quelques instants, il s'écoule sous les yeux de l'observateur, sans laisser l'apparence d'aucune membrane déchirée (de 1/2 à 5 minutes). Le plus souvent, la seule partie qu'il soit possible de voir nettement est la partie inférieure du globule de protoplasma, qui se dresse librement dans la cavité du sac embryonnaire et recouverte par l'appareil filamentaire (Faf/enapF'''«0 qui dépend. Il semble généralement qu'il n'existe aucune séparation entre cet appareil et le globule de protoplasma. (V. Schacht, p. 227.)

Lorsqu'on a étudié avec soin le sac embryonnaire avant la fécondation, et les vésicules embryonnaires qui y sont contenues, vésicules qui, généralement au nombre de deux, sont pressées l'une contre l'autre et situées à la même hauteur, quand la pointe du sac embryonnaire n'est pas trop étroite {Gladiolus, Crocus, Yucca, Zea. Watsonia, Torenia) ; lorsqu'on a de plus étudié par des réactifs le contenu granuleux, et observé les vésicules antipodes au ponit de

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