ÉTUDE DE LA FÉCONDATION DES PHANEROGAMES
vue de leur nombi'e, de leur disposition, et de leur réaclion, alors on peut s'occuper de l'étude des ovaires fécondés et appliquer encore ici la même méthode.
909. Eu transportant du pollen, au moyen d'un pinceau sec, sur le stigmate, on peut reconnaître quel est le temps qu'il faut au tube poUiniqne pour pénétrer à travers le canal du style jusqu'au micropyle de l'ovule, temps qui varie suivant la nature des plantes, et qui est complètement indépendant de la longueur du chemin à parcourir. Si on saupoudre à la même époque plusieurs fleurs, et qu'on ait soin de les marquer avec un petit ruban, on peut suivre, sans se tromper, le développement du tube jusqu'au moment de son entrée dans le micropyle et même de la fructification.
Les fleurs d'orchidées permettent d'observer très-aisément, sans aucune préparation, l'entrée du lube poUinique dans l'ovule"; si l'on n'a pas saupoudré soi-même les fleurs, on peut d'ailleurs reconnaître l'état de fécondation au développement de l'ovaire. Si la fécondation a eu lieu, il existe un ou plusieurs tubes polliniques dans le micropyle de chaque ovule, et Ton peut alors enlever ces derniers avec l'aiguille, après avoir fendu l'ovaire. Dans le Veronica serpyllifolia et dans le Torenia asiatica, l'observation est tellement facile qu'elle n'exige aucune préparation ultérieure. Avec les ovules plus gros, pour lesquels il est nécessaire de faire une coupe transversale, il est plus rare de trouver l'entrée du tube poUinique, parce que le rasoir le traverse très-facilement. Quand on fait, au contraire, comme il a été recommandé plus haut, de minces coupes longitudinales à travers l'ovule, jusqu'à rencontrer le globule de protoplasraa des deux vésicules embryonnaires, qui s'est entouré d'une membrane solide résistant à l'action de l'eau ; alors, en enlevant avec soin les enveloppes avec l'aiguille, et à l'aide d'une loupe on ne manque jamais d'apercevoir le tube poUinique dans le micropyle ; et, en isolant plus complètement encore le sac embryonnaire, on constate que ce tube poUinique est en liaison étroite avec Vappareil filamentaire ou filigère. CeUe liaison est si intime que, le plus souvent, il n'est pas possible de séparer les deux parties sans ' les briser. On constate que la paroi du tube poUinique est ramollie et gonflée, soit sur une grande longueur, soit seulement au point de contact avec l'appareil filigère {Gladiolus, Crocus), et que son contenu granuleux est plus ou moins détruit.
Les globules de protoplasma, au-dessous de l'appareil filio-ore des deux vésicules embryonnaires, sont alors pouivns d'une mem- •
Ilowx. — Microscope. e,(j
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brane, très-mince d'abord, qui va en grossissant peu à peu, et les sépare de cet appareil. On reconnaît facilement la présence de cette membrane autour du globule de protoplasma, en faisant contracter dans l'eau le contenu de la cellule ; on coiislate ainsi qu'il existe, le plus souvent, des différences remarquables dans l'épaisseur des membranes correspondant aux deux globules de protoplasma. Bientôt, l'un des deux globules s' allonge et descend dans les vésicules embryonnaires, probablement par suite d'un ramollissement successif de l'appareil fdigère ou filamentaire; son contenu se divise en même temps suivant une direction transversale, de manière à constituer deux jeunes cellules ; la cellule supérieure servira de support à l'embryon, et l'inférieure, au contraire, constituera une nouvelle cellule mère (Schacht, p. 231), qui est la cellule mère de l'embryon {vésicule préembryonnaire, embryonnaire ou (jerminative de quelques auteurs).
Peu à peu, le contenu du long tube qui forme la vésicule préembryonnaire "préèente des formations de noyau, et peu après il se divise, à un instant donné, en fractions plus ou moins étendues, entre lesquelles s'interposent des cloisons transversales. Dans quelques espèces, cette division a lieu avant l'apparition du noyau. Les cellules ainsi formées constituent le filet suspenseur. Elles se partagent elles-mêmes de la façon indiquée ci-dessus, il en résulte une série linéaire et simple d'ulricules cylindriques (fig. 274).
La formation de l'embryon directement aux dépens d'une des cellules du préerabryon, se fait de la manière suivante : avant que la formation des cellules du suspenseur dont nous venons de parler ait pris fin, l'utricule terminal, devenu spbéroïdal (représentant ce que quelques auteurs ont plus spécialement appelé la vésicule embryonnaire ou (jerminative), produit les cellules qui com-
* Développement de l'embryon. — -A. Premier état observé dans le Pastel {Isatis lincloria L.) : e, embryon ; sp, suspenseur ; v, point où celui-ci s'attache à l.-i paroi du sac embryonnaire se; tp, oïtrémité du tube pollinique qui a opéré la fécondation. — 13. État plus avancé, représenté d'après le Mathiota tricuspidata R. Br.; mêmes lettres (Tulasne). (A, ISO/I ; 1), 180/1).