PRÉPARATION DU STIPE DES CHAMPIGNONS
Cil. l\. (fig. 280 h). Dans ce cas, une seule spore ou plusieurs disposées en chapelet terminent le réceptacle. D'autres fois, le réceptacle est représenté par des fdainents formés de plusieurs cellules disposées bout à bout et dont celle qui est terminale présente un renflement qui porte à sa surface les spores nues. Cette cellule est le réceptacle même ; les cellules qui le supportent, généralement plus larges que les filaments du mycélium, constituent le pédicule.
Le réceptacle a reçu le nom de PEniDiDM quand il est sec, membraneux et rempli d'une poussière abondante, formée de spores; il prend le nom de PEuiTiiECiuM ou perithèque lorsqu'il est coriace ou corné, renfermant des spores libres ou contenues dans des thèques.
Le pédicule {caulis, pédicelle, pédoncule, sLipe, tronc, pétiole) ^mt être plus ou moins volumineux, et est formé par un tissu à cellules allongées, de dispositions diverses. On les prépare aisément à l'aide de coupes longitudinales et transversales aidées ou nom de la dilacération.
11 a dans les Champignons pourvus de stipe et dans les Lichens une couche corticale, mais les cellules qui la forment conservent le type filamenteux des éléments de ces plantes; bien que souvent elles soient colorées ou épaissies [Tubsr BovisLa). Pourtant il n'est pas rare de trouver le conceptacle ( Stilbum Biiquelii Mg. et Ch. U.), etc., tapissé de cellules plus courtes et autrement colorées que celles dû stipe, bien qu'elles n'aient pas particulièrement le type des cellules d'épiderme. D'autrefois c'est le conceptacle qui
est tapissé de cellules très-petites qui se rapprochent davantage des cellules épidervaiqiie&KSphceria, etc.).
Le réceptacle porté par un pédicule est dobuleux ou discoïde. C'est dans ces circonstances qu'on observe l'existence d'un conceptacle, organe particulier arrondi ou ovale, charnu, coriace ou corné, creux, et s'ouvrant, soit par rupture de sa paroi ou par un pore terminal ; il renferme des spoiig. 2S1 ranges ou thèques.
On le prépare à l'aide de coupes minces faites dans différents sens qui montrent les rapports de ces cellules sphéroïdales avec ou sans
' Groupes de thèques d'un champignon thécasporé. t. Thêque. p. Paraphai Spores conlenues dans deux de ces thèques. (Tulasne.)
PUÉPA^RÀTION DU SÏIPE DES CHAMPIGNONS. 905
gemmes, avec les cellules cylindroïdcs allongées. (Voy. p. 850,
Le sporanqe ou thèqne (fig.281, t) est une vésicule clislmcte, séparable, globuleuse, ovoïde ou allongée, dans laquelle les spores (s) sont contenues on nombre variable. Les sporanges peuvent être à la surlace même du réceptacle, ou dans un conceplaclc quand le premier en porte un.
Les basides (fig. 282, e,d) sont de petits corps saillants à la surlace
Fig. 285
du réceptacle, composés le plus souvent d'une seule cellule arrondie, ovoïde ou allongée, qui porte à son sommet une ou plusieurs cellules, ayant la forme dépeintes coniques {spiciiles, stérigmates ; fig. 283, c) , à l'extrémité desquelles se développe une spore unique et libre ou nue [d], c'est-à-dire non contenue dans un sporange ou thèque.
Le clinode est un corps accessoire, composé de cellules très-petites, allongées, simples ou rameuses, qui portent une spore nue à leur extrémité ; il se présente sous forme de filaments plus ou moins longs, continus ou cloisonnés, naissant des cellules qui constituent le parencliyme du réceptacle.
Cystides et paraphjses. — Sur le réceptacle, entre les sporanges, les basides et les clinodes, ou sur leurs côtés, on observe très-souvent des cellules saillante arrondies, ovales, quelquefois filiformes, simples (fig.. 281, p) ou rameuses, aiguës, obtuses ou renflées à leur extrémité libre. Dans les Pezizes et les Sphéries on les appelle des Pa-
- ITyménium et lissu soiis-liyménial de VAmanUa bulbosa. — a, a, (llamenls grêles du parencliyme. h. Grande cellule cylindrique, c. Cellules courtes du tissu sous-hyniénifll. d, rl, Dasides stériles. e,c. Basides fertiles. /". Stérigmalc. tj. Spores, (lîoudicr.)
" Uasides de VAmanUa bnlhosa, ayant subi la cuisson, — a, a. Tissu sous-liyménial. b, b. Basides fertiles, c. c. Stérigmates. d. Spore, (lioudier.)
006 PRÉPARATION DES CIIAMPIfiNONS MICROSCOPIQUES
raphyxes; dans les Agarics les Bolets, etc., on les appelle Cyslides (on les a aussi , mais à tort, appelées dos Anihéridiex, car on n'y a pas encore observé de spermatozoïdes, comme dans les anfliéridies des Algues). Ce sont des organes végétatifs accessoires de l'appareil reproducteur, mais dont les usages sont peu connus (fig. 281).
C'est à l'aide de coupes minces observées sous des grossissements de plus en plus forts que l'on étudie ces parties des champignons d'ordre élevé (voyez p. 352 et 850).
ART. II. — DE 1,'eXAMEN DES CHAMPIGNONS MICROSCOPIQUES EN PARTICULIER.
922. Dans les champignons inférieurs dont le mycélium se compose d'un entrelacement irrégulier de filaments cellulaires, de mycéliums ramifiés, il suffira, pour l'étudier, de débrouiller ces fils avec l'aiguille. Dans les champignons parasites, au contraire, dont les assemblages filamenteux se logent dans les tissus vivants d'une autre plante, on doit faire, dans la substance de celle-ci, des coupes transversales trés-minces, par le procédé indiqué à la page 850, et observer si les mycéliums du champignon percent les parois des cellules de la plante nourricière, ou s'ils passent seulement dans les espaces intercellulaires. Si c'est ce dernier cas qui se présente, il sera souvent nécessaire de faire disparaître la substance intercellulaire, en chauffant la coupe transversale avec de la potasse ; après cela, il est facile avec l'aiguille de séparer les cellules du parenchyme sous le microscope simple, et l'on peut ainsi dégager le mycélium de la cavité intercellulaire dans laquelle il était logé {Uredo Betœ, et feuille de Betterave). Quand, au contraire, la paroi des cellules est Iraversée parle fil du champignon, on peut observer par l'emploi de la teinture de carmin, comment se fait cette pénétration : l'extrémité de ces filaments, qui s'applique sur la paroi cellulaire, montre une couleur bien plus intense et est ordinairement trés-gonflée : il se développe plus tard une pointe amincie qui traverse complètement la paroi. Dans les tissus lignifiés, les fils du mycélium passent à travers les canaux poreux : ils peuvent ne pas résorber ces parois lignifiées. Dans les feuilles de Pellia et de Preissia qui datent d'une année, dans les rhizomes âgés de Corallorrhha et d'Ejnpoginm, ainsi que dans les vieilles racines de Limodorum, on trouve régulièrement de semblables champignons. Ajoutons qu'on en rencontre encore dans beaucoup de