C. Romx. — Microscope. PJ
'JiO J'IIÉPAUAÏION DES l'SOROSl'EltMIES.
donno. Ou rencontre les psororpermies dans presque tous les organes des poissons; il n'y a guère que les masses musculaires du tronc et les centres nerveux où n'y en ait pas. La rate ot les reins paraissent être leur siège de prcdileclion. Elles se développent en suivant les ramifications artérielles logées dans la tunique cellulaire des artères. Chez certains cyprins, tels que la Tanche, on les voit souvent, en grand nombre, dispersées dans la vessie natatoire. Parfois elles sont accumulées et déterminent la formation de petites taches jaunâtres à peine perceptibles à l'œil nu et même de tumeurs volumineuses d'un blanc jaunâtre, à surface mamelonnée. On ne trouve les Psorospermies que sur la portion antérieure ou courte ■portion de la vessie aérienne et non sur la portion postérieure ou longue portion de cet organe. (Balbiani.) Quand les psorospermies ne sont pas accumulées sous forme de tumeur, on les trouve dispersées, ou en séries et petits groupes, dans l'épaisseur de la vessie aérienne, souvent le long de ses vaisseaux. Pour les pi'éparer, il suffit d'enlever la membrane externe de la vessie, puis de détacher un lambeau de la mince tunique sous-jacente qu'on étale dans l'eau pour l'observer à des grossissements de 500 à 600 diamètres. Elles se développent dans la tunique moyenne ou intermédiaire de la vessie aérienne, membrane très-molle et très-vasculaire, dans laquelle on rencontre souvent aussi une filaire mince et très-longue. Quand les psorospermies forment des tumeurs, celles-ci amènent l'ècartement des membranes interne et externe de la vessie aérienne
M. Balbiani, après avoir montré aussi que les Psorospermies sont des algues, a prouvé que les corpuscules de la pébrine (voy. dans la section suivante, page 984, l'article qui les concerne) sont des Psorospermies, et Ylacovich a rencontré des corpuscules trèssemblables à ceux des vers à soie dans un reptile , le Coluber carbonarius. Les uns étaient libres et répandus dans les interstices des tissus, les autres renfermés dans des vésicules particulières ou kystes. Les corpuscules libres étaient déforme ovoïde, d'une longueur de 6 à 7 millièmes de millimètre, d'une largeur de 2 à 5 millièmes, et renfermaient chacun vers la grosse extrémité une vacuole claire et transparente; les vésicules, que Vlacovicli considère comme les kystes générateurs des corpuscules précédents, étaient de forme sphérique, d'un diamètre de 12 à 18 millièmes de millimètre pour la plupart, et contenaient dans leur intérieur, soit un nombre variable de vésicules fdles remplies d'une
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substance homogène et transparenle, soit des groupes formés de dix, vingt, ou d'un plus grand nombre de corpuscules semblables à ceux qui existaient à l'état libre. Vlacovich a également trouvé des corpuscules et des kystes analogues chez une larve du Gryllus campeslris. 11 faut évidemment ranger à côté des faits précédents les corpuscules on Psorospermies que M. Balbiani a rencontrés, soit à l'état libre, soit renfermés dans de grands kystes sphèriques, chez le Pyralis viridana, décrits dans son mémoire sur les corpuscules de la péhrine. Vlacovich serait aussi parvenu à y démontrer l'existence d'une substance analogue à la cellule végétale, manifestée par la coloration violette qu'ils prennent sous l'action combinée des solutions alcalines, des acides et de l'iode. Si cette découverte de M. Vlacovich se confirme, la nature végétale des corpuscules aura été mise hors de toute contestation par la démonstration de leur composition chimique. {8ui Corpiiscoli oscillanti del Bomhjce del Gelso. Nuove osservazioni. Venezia, 1867, p. M et suiv.)
948. Les Psorospermies sont des corpuscules microscopiques dont la forme et le volume varient presque
autant que les différentes espèces de poissons chez lesquels on les rencontre (fig. 294). Leur forme est tantôt presque complètement globuleuse, tantôt plus ou moins aplatie, ovoïde ou lenticulaire ; d'autres fois, enfin, plus ou moins allongée, cylindinque ou fusiforme. LeCir volume dépasse souvent à peine celui des globules rouges
du sang chez la plupart des poissons Fig. 294 *.
Quelles que soient les variations que l'on constate daus la conformation extérieure de ces corpuscules, ils se composent toujours d'une enveloppe résistante et d'une cavité renfermant différents petits organes dans son intérieur. L'enveloppe ou la coque est formée de deux valves qui s'appliquent exactement par leur
' Psorospermies de la Tanche, a b. Aspect présenté par le plus grand nombre d'entre elles, fjuanl à la disposition des vésicules et du contenu, c. Psorospermies, vue de côté avec une autre vue de l'ace dans laquelle les vésicules ont disparu et montrant S granules inéguliers d'hématosine. d. Psorospermie non granuleuse, e. Psorospermies vues de face et de côté, montrant seulement les vésicules et quelques corpuscules pâles irréguliers.
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bord comme les deux moitiés d'une coquille de noix. Les alcalis caustiques délcrmincnl leur séparation après un temps variable. La déchirure des valves a lieu aussi d'une manière toute spontanée au moment de la reproduction, pour laisser échapper les organes propagateurs. Chaque valve est entourée, à sa circonférence, d'un anneau élastique formé de deux moitiés qui s'articulent sur la ligne médiane, et se terminent p?ir des prolongements filiformes qui, dans l'état ordinaire, se rephent contre le bord des valves. Ces filaments sont peu visibles; mais, au temps de la reproduction, ils s'écartent des valves, grossissent en s'allongeant, et se portent dans différentes directions. Ce sont de véritables organes de conjugaison, à l'aide desquels deux Psorospermies voisines s'entourent mutuellement, et se maintiennent en contact pendant toute la durée des phénomènes de propagation. (Balbiani.)
La cavité de la coque présente vers l'une de ses extrémités deux petits organes vésiculeux brillants, qui convergent symétriquement vers la pointe de la Psorosperraie, à laquelle ils adhéi ent par une extrémité effilée, tandis que, par l'autre bout, terminé en cul-desac, ils divergent plus ou moins et regardent vers l'intérieur de la cavité. Chacune de ces vésicules est formée d'une paroi assez épaisse et granuleuse, et d'iaie cavité que remplit entièrement un filament roulé en spirale. Sous l'influence des alcalis caustiques, ces filaments se déroulent et apparaissent à l'extérieur sous la forme de deux flagellums plus ou moins droits ou flexueux. Dans cet état, la longueur des filaments peut atteindre jusqu'à huit ou dix fois celle de la Psorospermie tout entière.
Dans ces conditions, on remarque aussi que les filaments traversent une petite ouverture dont est percée à son sommet la coque de la Psorospermie, et qu'ils adhèrent encore par leur base aux vésicules restées en place.
Les filaments remphssent probablement chez les Psorospermies un rôle analogue à celui des anthérozoïdes des autres cryptogames. (Balbiani.) • . j i n
Indépendamment des vésicules précédentes, la cavité de la Isoî-ospermie renferme un nombre variable de trés-petils globules brillants disposés d'une manière symétrique autour des premières. Ces globules ne sont autre chose que des organes de même nature que les vésicules à filament spécial, mais restés à un état rudimentaireet destinés à atteindre leur développement complet seulement au temps de la propagation.
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Le reste de la cavité du corpuscule est rempli par une substance glutineuse homogène qui s'étend depuis l'extrémité des vésicules [usqu'au bout opposé de la psorospermie. En raison de sa faible réfrin^-ence, cette substance est peu visible, mais elle devient beaucoup plus apparente sous l'action des réactifs qui la concentrent au milieu de la cavité du corpuscule, sous la forme d'un gros noyau.
Le même effet se produit d'une manière toute spontanée pendant la reproduction, et l'on voit alors ce globule devenu une véritable sphère se dégager peu à peu à l'aide de contractions lentes des valves qui le tenaient emprisonné, puis se mouvoir à la manière d'une amibe à travers les organes et les tissus, avant de reproduire de nouvelles générations de Psorospermies. (V. Balbiani, Comptes rendus et mémoires de la Société de biologie, 4863, p. IH, et Académie des sciences, 1863.)
949. Lindemann a décrit des Psorospermies qu'il assimile à tort aux Grégarines, formant des colonies ou agglomérations, sous l'aspect d'amas brunâtres, longs de 3 millimètres, épais de 1 millimètre et demi dans les valvules du cœur et dans les fibres musculaires du cœur de l'homme et autres organes également. Il 'en a vu des agglomérations par quinze environ, discoïdes, adhérentes ensemble, et contre les cheveux destinés à de faux chignons ou formant ceux, ci. Chaque Psorospermie a une membrane incolore, un contenu coloré en brun, ou formé de granules incolores très-réfringents. Il a pu les transmettre à des chenilles, dans lesquelles elles se sont multipliées jusqu'à la mort de l'animal. (Voy. la section suivante.) Il les considère comme arrivant aux faux cheveux par les excréments des poux, dans l'intestin desquels on en trouve toujours. Les réactifs qui les attaquent altèrent aussi les cheveux.
950. Pour observer les Psorospermies, on prépare un fragment du tissu des organes indiqués plus haut, dans lesquels on soupçonne^ leur existence , comme s'il s'agissait d'observer le tissu même, et on cherche ensuite à découvrir les corpuscules qui viennent d'être décrits au milieu des éléments de ce tissu. Il est nécessaire ensuite, quand on est sûr de les trouver dans un organe, d'en isoler sous le microscope à dissection ou le prisme redresseur, pour chercher à les faire éclater, voir leur contenu, etc.
ItSO APPLICATIONS DU MICROSCOPE A L'ÉCONOMIE RURALK.
QUATRIÈME SECTION
DES APPLICATIONS DU MICROSCOPE A L'ÉCONOMIE AGRICOLE ET A l>A RECHERCHE DES FALSIFICATIONS.
951. La possibilité des applications du microscope aux sujets indiqués par le titre de cette section repose sur ce fait qu'on détermine la nature d'un cliangement accidentel dans l'état des tissus, des organes et des fonctions, ou celle d'une adultération de sub-* stance par la détermination des modifications survenues dans la composition ou la structure de ses parties constitutives élémentaires, et encore par la détermination de la présence de quelque corps cristallin ou non, inerte ou vivant, de telle ou telle nature qui ne s'y trouve pas normalement. Or cette détermination s'obtient le plus souvent en faisant connaître, à l'aide du microscope et des autres moyens auxiliaires, quels sont ces changements déstructure intime, quelles sont les espèces de corpuscules organisés ou non qui se sont développés ou ont été introduits dans les animaux, les plantes ou les matières qu'ils fournissent.