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PRÉPARATION DES POMMES DE TERRE MALADES

le Peronospora infesians, il n'en est pas ainsi; les conidies comme celles des Cystopiis peuvent engendrer et omettre des zoospores analogues ù ceux des Cystopiis; elles peuvent aussi émellre un tube simple dont l'extrémité se rende en forme de vésicule qui s'isole du tube-gei'rae par une cloison et prend les caractères essentiels delà conidie mère; cette cellule secondaire peut parfois engendrer une cellule tertiaire par un même procédé, et ces productions jouent également le rôle de sporanges. (Sur 1rs Zoospores, v. p. 911.)

Quant aux organes sexuels des Peronospora (Tulasne), ils ne diffèrent de ceux des Cysiopus que par des caractères secondaires. On y observe également des Oosporanges (fig. 294) fécondés par des Anthéridies qui s'appliquent sur un des points de leur surface et font pénétrer dans leur intérieur la matière granuleuse qu'ils renferment. M. de Bary a fait de nombreuses et inutiles tentatives pour observer la germination des oospores des Peronospora; mais il admet, par analogie avec ce qui se passe dans les Cystopus, que ces oospores ayant reposé pendant l'hiver engendrent des zoospores, et que ceux-ci poussent des tubes de mycélium qui pénètrent dans la plante hospitalière.

969. Les spores des Peronospora semées sur une partie convenable de la plante hospitalière, les tubes-germes, après avoir atteint une longueur qui souvent ne dépasse pas le diamètre de la spore, perforent la paroi des cellules épidermiques, s'accroissent dans leur intérieur, puis traversent la paroi opposée pour entrer ordinairement dans les méats intercellulaires du tissu sous-épidermique et y former le mycélium. Les mycéliums du Peronospora umbellifei'arum n'entrent que par les stomates.

Quand on sème le Peronospora infesians sur des feuilles saines de Pomme de terre, ces tubes de mycélium entrent au travers de l'épiderme, et se répandent dans le tissu du point ensemencé ; au bout de quelques jours des filaments sortent (fig. 295) par les stomates et produisent des conidies. Le tissu prend peu à peu une teinte noirâtre et se desséche ou se pourrit. Les taches des feuilles sont donc produites par le parasite, et la propagation rapide de la maladie s'explique par la grande quantité de conidiessporanges et de zoospores qui est produite, et par la rapidité du développement de la plante.

Quand on sème les zoospores du Peronospora infestons sur un tubercule sain, on voit les gern'es du parasite pénétrer dans les cellules superficielles, se répaii Irc dans le parenchyme périphé-

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riquc et produire les' mômes altérations qu'on observe sur les tubercules malades retirés du sol d'un cbamp. Mais lo parasite ne fructifie ordinairement que sur les surfaces du tissu inteneur mises

en contact avec l'air.

Quand, au printemps, une pomme de (erre malade pousse ses

Fie. 29i ".

Fig. 295

tiges, le mycélium monte dans celles-ci et se trahit par des taches noirâtres. Le parasite fructifie abondamment et se propage dans la nouvelle saison par des conidies provenant du mycélium vivace. Cette circonstance est importante pour l'espèce dont il s'agit ici : car, du moins dans nos climats, elle ne produit pas d'oospores et ne se multiplie que par des conidies dont la vitalité est sans aucun doute détruite promptement, soit par suite de leur germination immédiate, soit par leur dessiccation. Quand on place des tubercules sains dans du teri-eau et qu'on séme des conidies du Peronospora à la surface du terreau arrosé de temps en temps, on voit au bout de huit à dix jours les tubercules atteints de la maladie. Quand on examine le terreau ou le sol d'un champ dont les fanes sont envahies par le Peronospora, on trouve aisément les conidies à une profondeur considérable. Ainsi les conidies sont amenées aux tubercules par l'eau qui pénétre dans le sol ; ce liquide détermine

■ Oosporanges du Peronospora infcslans. zz. Zoospores sortis des oosporanges. (De liary.)

" ■i'erniwspora iiil'eslaiis SOI lanl par un stomate {si) de l'épidcrmc {ep). m. Mycélium . /'. Filament portant des conidies-sporanges {zs) rudimeiitaires. (D'après de liary.)

^'^'^^ l'RÉPARATlON DES URÉDINERS PARASITES,

le clévnloppomciil des zoosporos ol des germes dans le sol môme, et ceux-ci, perçant l'épidémie, envahissent les tubercules pour y produire les altérations connues. Le scnrc Perono.ym-a ronUnme un grand nombre d'espèces parasites de végétaux sauvages ou cultivés. Elles se dévelojipcnt en général sur diverses espèces d'un même genre ou d'une même famille naturelle et se signalent à l'observateur par le duvet ou la poussière grisAIre doi.t elles couvrent la face inférieure des feuilles et par le changement de couleur qu'elles déterminent dans ces organes.

970., De même que les Péronosporées, les Urédinées habitent des plantes vivantes. Leur mycélium (Léveillô, -1839) est formé de filaments ténus, rampant dans les méats intercellulaires, dépourvus de suçoirs et formant souvent des plexus inextricables. Sous l'épiderme de la plante hospitalière sur un siroma, ou petite masse cellulaire formée par des rameaux du mycélium réunis, entrelacés naissent des coussinets cellulaires assez compactes. L'accroissement de ceux-ci et de la fructification détermine, à un moment donné, la rupture de 1 epiderme de la plante qui les nourrit et forme des petits groupes.

Les Ai^cidnim sont caractérisés par l'existence d'une véritable enveloppe protectrice, membraneuse, d'abord close et naissant de la circonférence d'un coussinet ou siroma du mycélium, dont les filaments ténus pénètrent dans le parenchyme sous-jacent. Celte sorte de péridium est formée d'un seul rang de cellules très-différentes de celles qui composent le parenchyme ou l'épiderme de la plante hospitalière. Après avoir protégé la fructification de l'enlophyte et avoir formé une saillie plus ou moins considérable au-dessus de l'épiderme qu'il a déchiré, il s'ouvre au sommet d'une façon souvent très-régulière pour laisser échapper les spores. Sur les coupes on voit que les organes de la fructification se composent de chapelets nombreux et libres, de petites cellules globuleuses. Dans chacun d'eux, ces cellules vont en grossissant de la base au sommet; celles de la base sont à peine formées et naissent sur des cellules dressées, oblongues, sortes de basides, ce qui l'ait désigner ces spores par le nom de stylospores ; la cellule supérieure est une spore parfaite qui se détache. Chaque cellule du chapelet devient à son tour terminale et spore complète, et il y a une formation incessante de cellules à la base du filament monili l'orme , Ces spores mûres sont sphériques, munies d'un tégument égal; elles s'accumulent en grand nombre dans le péridium.

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