EXAMEN DE LA POURRITURE DES FRUITS
fois, des points par où se sont introduites les spores. L'épidcrme onipèche donc le passage cle la nuicédinée du dedans au dehors, comme elle l'empêche du dehors au dedans; aussi, lorsque la peau est très-mince, comme sur la figue, la fraise, etc., le mycélium se fait jour partout et recouvre bientôt tout le fruit de son efflorescence verte ou noirâtre. L'orange, quoique son péricarpe soit trèsconsistant, se recouvre de même de la fructification du champignon qui s'est emparé de son parenchyme, parce que le mycélium, ayant détruit les glandules qui produisent l'essence de l'écorce arrive, par là, au contact de l'air atmosphérique.
976. Beaucoup dechampignons autres que leMucor et le Penicil- /tM??i peuvent produire la pourriture des fruits ; M. Davaine en a étudié sept espèces appartenant à sept genres différents. Les phénomènes qu'ils produisent sont très-analogues à ceux dont nous venons de parler. Ces espèces se développent avec plus ou moins de rapidité et de vigueur, suivant que le parenchyme est plus ou moins consistant ou ramolli, plus ou moins sucré ou acide; aussi arrive-t-il fréquemment que, pendant l'envahissement de la pourriture, d'après les conditions nouvelles dans lesquelles se trouve le fruit, une mucédinée se substitue à une autre. Une moisissure rosée, le Trichothecium domesticiim (Fries), qui s'empare des fruits desséchés, se propage très-facilement par inoculation sur ceux qui sont encore verts et compactes, alors que le Mucor n'y végète que très-lentement. Les spores de ce Trichothecium, qui vit mieux sur les tissus résistants que sur les tissus mous, insérées sous l'épiderme des feuilles des plantes grasses, s'y développent rapidement. Ces feuilles deviennent demi-transparentes ; elles se ramollissent, se rident, puis se dessèchent. L'altération s'arrête au point d'insertion de la feuille sur la tige. En trois ou quatre jours, tout le parenchyme est envahi par le mycélium, et les spores ne se montrent qu'au point de l'inoculation , sur les feuilles de divers Mesembrianthemum pachyplujllum, sur celles de la Joubarbe {Sempervivum tectorum L.), etc. Les spores du Mvcor mucedo se développent de même dans le parenchyme de ces feuilles; mais les inoculations réussissent moins constamment qu'avec le Trichothecium.
Des spores de Mucor insérées sur le Slapelia europœa, à l'extrémilé de tiges longues de 6 centimètres, les ont complètement envahies en cinq jours. Ces tiges, ramollies et réduites à l'état de pulrilage, s'affaissent sur elle-mêmes, se crevassent et donnent issue à une abondante sérosité.
Robin. — Microscope.