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CHAPITRE V

Élude à raide du microscope des'|maladies des vers à soie.

979 Pour déterminer la présence des cryptogames parasites dans le sang, les tissus et les organes des vers à soie, de leur chrysalide ou de leurs papillons, ainsi que des autres insectes, il laut

EXAMEN DE MUSCARDINE. 981

les préparer comme on le ferait pour étudier ces diverses parties à 1 état sain (voy. les cliap. II et III de la section précédente). On constate ensuite s'il y a ou non parmi leurs éléments anatomiques ou dans l'épaisseur de ceux-ci, des spores ou des mycéliums, etc.. Il est nécessaire souvent de faire cet examen à l'aide de grossissements de 400 à 500 diamètres.

980. Dans les recherches de cet ordre, nous citerons en premier lieu la muscarcli7ie, maladie contagieuse produite, sur les vers à soie et autres insectes, par la végétation d'une mucédinée découverte par Bassi {Botnitis Bassiana Balsamo, Montagne). Cette plante peut se développer dans le corps, des insectes vivants très-sains et très-vigoureux • elle se propage par ses sporules, qui sont déposées sur d'autres inseJtes par le contact immédiat ou par l'air. Quand ces spores tombent sur un ver à soie, elles pénètrent dans ses stigmates, etc. La germination de ces spores est d'autant plus rapide que les vers à soit sont dans un âge plus avancé. Ainsi, par exemple, six à huit jours sufnsenl dans le cinquième âge,- pour amener la mort des vers infectés artificiellement. Dans les cas les plus ordinaires, vingt à vingtquatre heures après sa mort, le ver prend une teinte rosée plus ou moins intense et devient de plus en plus dur. Ce n'est que vingt à vino-t-quatre heures plus tard encore, suivant la température, qu'il commence à blanchir légèrement par la sortie des premiers rameaux du cryptogame. A partir de cette époque, ces rameaux croissent rapidement, rendent le ver de plus en plus blanc, et vers la centième heure la plante est en pleine fructification. Les spores se détachent au moindre toucher. Ces spores ont 5 millièmes de millimètres ; elles sont sphériques et d'un blanc de neige, et s'élèvent dans l'air comme une poussière impalpable, se mélangent et se répandent paitout avec les corpuscules de celle-ci.

981 . La flacherie est une maladie des vers qui peut être spontanée, héréditaire, c'est-à-dire transmise d'une génération à une autre. Elle est due à un ferment qui se multiplie à l'infini dans le tissu de l'animal et le fait périr. Le ferment est constitué dans de très-petites cellules ovoïdes analogues à celles de la levure de la bière, mais moitié plus petiles au moins, se multipliant rapidement par gemmation, et que par suite on trouve disposées en chapelets ou série de cellules. On les voit se développer dans l'estomac pendant la digestion des feuilles de mûrier, et on les trouve aussi dans le sang et dans les tissus, on employant les grossissements de -400 à 500 diamètres. Le point de départ du forment paraît résider dans la

lîXAMEN DE LA FLACHERIE.

fermenf alion des feuilles de mûrier, dont on nourrit l'animal ; mais, une fois développé, le germe du mal peut aussi passer dans la graine ou œuf, s'y conserver et se transmeltre. On évite cette transmission héréditaire en choisissant la graine de femelles exemptes de la maladie. On évite le développement du mal en donnant des soins aux feuilles qui servent à l'alimentation et en évitant qu'elles puissent fermenter. Dans l'état actuel de nos magnaneries françaises, les chambres de vers ne sont point assez spacieuses : il est indispensable d'en accroître les dimensions et de les rapprocher de celles qui sont usitées au Japon, là où les maladies sont bien plus rares. (Pasteur.)

982. Les corpuscules dils de la pébrine que l'on observe chez le Bombyx du mûrier, ainsi que chez d'autres Insectes et Articulés, offrent dans leur mode de propagation, et dans la manière dont ils envahissent peu à peu tous les organes et tous les tissus, des phénomènes entièrement semblables à ceux que présentent les Psorospermies des poissons. Si leur structure est en général plus simple que celle de leurs congénères qui vivent sur les Poissons, on rencontre cependant aussi quelquefois parmi ces derniers des formes qui, par leur simplicité, rappellent certaines phases de l'évolution des Psorospermies qui donnent lieu à la maladie de la pébrine chez le Bombyx d(i mûrier. D'un autre côté, Balbiani a rencontré chez un Lépidoptère, le Pyralis viridana, des corpuscules dont la structure plus compliquée rappelle les formes les plus élevées que ces parasites végétaux présentent dans les Poissons. Comme sur ces derniers, ils sont composés d'une coque ovalaire formée de deux valves juxtaposées, et renferment dans leur intérieur quatre vésicules brillantes et oblongues, disposées par paires vers les deux extrémités. (Voy. p. 947.)

Après quelques instants de séjour dans l'eau, ces corpuscules prennent un aspect homogène qui les fait ressembler, à s'y méprendre, à ceux que l'on. observe dans les organes des vers à soie malades ^

Mais ce n'est pas seulement chez les Bombycides et les autres Lépidoptères que l'on rencontre ces parasites. Leydig a signalé leur

1 D'après li. lloiïmann, les corpuscules de la pébrine ou île Cornalia [Noseina bombych de ISaegeli) ne seraient pas esseiiliellement dilTcrcnts du Monas crcpusciilum. (Voy. p. 'J29.) Il y a certainement là quelque confusion entre des corpuscules divers autres que ceux rie la pébrine, car ceux-ci ne ressemblent en rien aux Monas.

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