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CHAPITRE VII

Études relatives à la détermination de la nature des filaments des étoffes.

988. La délerminalion de la nature spécifique des fibres végétales textiles repose sur l'observation microscopique de ces fibres vues suivant leur longueur et surtout dont on observe les^coupes transversales faites comme nous l'avons indiqué pages 548-549 ^

On observe ensuite la coloration qu'elles éprouvent par l'action de l'iode, sous l'influence de l'ocide sulfurique aqueux ou étendu de glycérine. La forme et le volume des fibres , ceux de leur cavité centrale, la manière dont certaines, parties se 'colorent en jaune et les autres en bleu,permeltent de les distinguer aisément les unes des autres, qu'elles soient mélangées ou non. Les six espèces de fibres acluellement utilisées dans l'induslrie sont le lin, le coton, le chanvre, le lin delà Nouvelle-Zélande (P/iormimJi tenax), le jute (Corchorus caj^swkns) et le China-grass {Urtica utilis) .

989. Pour constater les cas dans lesquels, dans une étoffe, on a changé la nature des fils qui composent la trame, ou ceux qui constituent la chaîne, il suffit d'examiner la composition élémentaire de deux fils se croisant à angle droit, pris en quelques points différents de la pièce successivement. Si les étoffes ont des perpendiculaires à celles-là, comme on le voit dans le velours, il faudra les examiner à part, leur nature étant en général différente de celle des précédentes. (Coulier, Manuel du microscope. Paris, 1859, in-i2.)

Quand la laine a été teinte de manière à être rendue tout à fait opaque, si on ajoute une goutte d'acide azotique à la préparation, on la rend transparente.

Si des laines ont eu précédemment une couleur différente, et

' Voy. Chevreul, RapporL sur un mémoire de M. Vclillart, inlUulc : Elude sur les filaments végétaux employés dans l'industrie [Comptes rendus drs séances de l'Académie des sciences de Paris. In-i", 1870, t. LXX , p. 1116). Ce travail contient l'indication des procédés à suivre dans l'examen des libres selon que les cordes, les étoiles, elc, ont été écrucs, apprêtées ou teintes. 11 décrit en outre les caractères des six espèces de libres citées plus haut, comparativement à d'autres espèces textiles non encore employées.

9i)0 EXfVMEN DES MLAMEMS DIÎS ÉTOM-'ES.

surtout si elles sont vieilles, ses poils gardent une teinte différente de celle des poils de laine neuve à laquelle les premiers ont pu être, mélangés \mv fraude. On peut constater aussi en même temps que ceux-là sont plus usés.

Il n'y a pas lieu de revenir ici sur l'indication donnée ])lus haut des caractères microscopiques des poils de laine de mouton (p. 554).

Quant aux poils de chèvre commune qui se rencontrent dans certaines étoffes, ils présentent la même structure que la laine, mais les cellules épitliéliales de leur superficie sont bien moins saillantes, tandis que les stries de la substance propre sont plus visibles. Il existe presque toujours certains poils sur lesquels on nelrouveque que des traces des cellules superficielles imbriquées, tandis que les stries centrales sont très-caractérisées. Ce sont surtout ces dernières qui font reconnaître la présence de poils de chèvre.

Le diamètre de ces poils est de 0""",02 à 0"""08. Le diamètre des poils de la chèvre d'Angora et de Cachemir est en moyenne de Qmm^QQ. quelques-UHS ont seulement 0°""01. {Coulier.)

Les poils de l'Alpaga sont faciles à distinguer des fibres de laine, en ce que leurs cellules superficielles sont complètement invisibles sur un grand nombre de poils qui dès lors ne peuvent être confondus avec les autres laines. D'autres poils, au coniraire, présentent des stries transversales indiquant l'imbrication épithéliale analogue à celle qu'on voit sur les poils de chèvre. Dans tous, les stries longitudinales sont très-prononcées. Leur diamètre est en moyenne de 0"'",025 à 0™",03. Les poils de chameau, dont on fait un grand usage en Algérie, présentent les mêmes caractères.

Les poils de Vigogne sont remarquables par leur finesse, car leur diamètre varie de O'"",007 à 0""",010. Les stries et les cellules épitliéliales superficielles sont difficiles à voir.

Les poils de dromadaire sont reconnaissables à leur diamètre, qui est de 0""°,06, et surtout au canal considérable qui se trouve au centre de chaque poil. Ce canal, qui est rempli de matière pigmentaire très-noire, a en moyenne une largeur de O'""", 02 à 0°"",04.

La soie est formée de filaments un peu aplatis, transparents, agissant d'une manière remarquable sur la lumière polarisée (p. 420). Sous le rapport de la forme ces fils présentent une certaine analogie avec les filaments ou poils du coton. La largeur des fils de soie est de 0""",007 à0'"'",015 environ. Leur épaisseur est sur beaucoup près de moitié moindre. Jamais on n'y trouve de canal central. Les filaments de la soie cassent net, sans qu'on puisse décou-

APPLICATIONS DU MICROSCOPE A lA CHIMIE. 091

vrir dans leur cassure des fibrilles élémentaires. La soie lie peut être confondue avec aucune autre matière textile. Si on la traite par l'acide azotique, l'ensemble des filaments jaunit un peu, chacun se gonfle au point d'acquérir un diamètre de 0-,05 et plus. Cette expérience peut être faite dans la lumière polarisée. On voit alors chaque filament s'assombrir au fur et à mesure qu'il se ramollit en se gonflant, et finit par disparaître. L'acide azotique est au contraire presque sans aclion sur le coton. L'acide sulfunque gonfle les filaments de soie moins vite que ceux du coton, et de plus ils ne bleuissent pas au contact de l'iode comme font ces derniers.

La bourre de soie se présente sous la forme de fils composés de plusieurs fibres semblables à celles que nous venons de décrire, mais moins régulières et accolées les unes aux autres de manière a former des faisceaux. L'action de l'acide azotique sur elle est la même que sur la soie, et sert à la distinguer du coton ou du chanvre. Notons enfin que la soie, comme la laine et toutes les fibres azotées, est bien plus colorée par l'eau iodée que les fibres ligneuses analogues au coton et au chanvre. L'action sur la lumière polarisée ne peut servir de caractère, car elle est à peu près la même que sur les fibres végétales. (Coulier, p. 295-295.)

CINQUIÈME SECTION

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