DU PALPER PENDANT LA PÉRIODE DE DÉLIVRANCE
Depuis longtemps déjà, tous les auteurs recommandent de porter la main sur le ventre de la parturiente aussitôt après l’expulsion du fœtus, afin de rechercher le globe utérin, et d’en apprécier le volume, la situation et la consistance.
En agissant ainsi, disent-ils, on reconnaîtra facilement si l’utérus contient encore un fœtus, et, s’il ne contient autre chose qu’un placenta, on sera renseigné sur l’état de contraction ou de relâchement de cet organe.
En dehors de ces préceptes, on ne trouve rien dans les traités classiques concernant les indications générales ou spéciales qui peuvent être fournies par la palpation de l’utérus pendant la période de délivrance. Hubert, de Louvain (1) a, le premier, signalé l’importance de cette exploration et montré les avantages qu’on en peut retirer soit dans la délivrance normale, soit dans la délivrance anormale.
Dans un travail publié en 1886, Schrôder (2) a étudié, plus et mieux qu’on ne l’avait fait jusqu’alors, les variations de situation et de volume de l’utérus pendant l’expulsion du placenta. Depuis plus de dix ans, je palpe l’utérus avec
(1) Hubert. Cours d'accouchements , 1869, T. II, p. 515 et suiv.
(2) Schrôder. Der schwangere und kreissende Utérus. Bonn, 1886 (52 figures).
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le plus grand soin pendant la période de délivrance, et je puis affirmer aujourd’hui que ce procédé d’exploration peut et doit rendre les plus grands services pendant cette période de perplexité, sinon d’angoisse, pendant l’acte que le professeur Tarnier considère avec raison, « comme l’acte le plus important de la parturition au point de vue de l’issue heureuse ou malheureuse des suites de couches. » C’est pour cela que je crois devoir donner le résultat de mes recherches.
Dans un premier chapitre, j’étudierai le palper dans la délivrance normale, et dans un second le palper dans la délivrance anormale.