‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 123 sur 251 · Marion, Th. Paris · texte numérisé non relu

Marion, Th. Paris

3. GuiNON, Des agents provocateurs de l'hystérie, Th. Paris, 1889. — Lejonne, Th. Lyon, 1890. — Dgbrulle, Hystérie mâle provoquée par l'anémie palustre, Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 1890, p. 436. — REOiNAULT, Hystérie et impaludisme, Gaz. des hop., 7 janv. 1890. — Grasset, Étiologie infectieuse de l'hystérie, Montpellier, 1894. — Clément, Rapports de Thystérie et du paludisme. Th. Montpellier, 1894. — Gilles de la Tourette, Traité clin, et thérap. de l'hystérie, p. 93. — Trianta- PiiYLLiDÈs, Neurasthénie palustre, Arch. de neurologie, août 1894. — G. H. Lemoine, Hystérie chez un paludéen. Soc. méd. des hôp., 24 juillet 1896. — Ducamp, Hystéropaludisme. Congrès fr. de méd. int., Nancy, 1896.

4. Griesinger, Traité des malad. infect., trad. franc., p. 69, et Traité des malad. mentales, trad. franc., Paris, 1863.

duquel il trouva riiématozoaire du paludisme et qui fut guéri à la suite d'un traitement prolongé par la quinine '.

f. Asphyxie locale et gangrène symétrique des extrémités. — Maurice Raynaud, Marroin, Galmette, Moursou ont publié des faits dans lesquels l'asphyxie locale des extrémités semblait être en relation étiologique avec le paludisme ^

Tantôt l'asphyxie locale se montre seulement au moment des accès de fièvre et disparaît avec eux, tantôt elle persiste après la guérison des accès et elle prend une forme plus grave, qui peut aboutir à une gangrène symétrique.

Je n'ai pas à décrire ici la maladie de Raynaud, qui se présente chez les palustres avec ses caractères ordinaires.

Le paludisme peut-il, par lui-même, donner lieu à l'asphyxie locale des extrémités ou bien faut-il admettre qu'il ne joue ici, comme dans beaucoup d'autres cas, que le rôle d'une cause prédisposante?

Verneuil et Petit, qui ont fait une étude très complète de l'asphyxie locale et de la gangrène palustre, font remarquer avec raison que 1 asphyxie locale est très rare, relativement à l'extrême fréquence des fièvres palustres ; c'est, comme ils le disent, une des manifestations les plus contingentes du paludisme.

Je n'ai observé, pour ma part, aucun exemple de cette complication pendant mon séjour en Algérie.

Il faut noter d'autre part que des maladies qui, comme la diarrhée de Gochinchine, n'ont aucun rapport avec le paludisme, mais qui sont, au même titre que lui, des causes d'épuisement et d'anémie, prédisposent également les malades qui en sont atteints à l'asphyxie locale des extrémités (Moursou).

Le froid paraît jouer un grand rôle dans l'étiologie de l'asphyxie locale des extrémités, avec l'irritabilité plus ou moins grande de la moelle épinière;le paludisme ne favorise probablement la production de la maladie qu'en augmentant la sensibilité au froid et l'action réflexe de la moelle sur les vaso-moteurs.

g. Troubles oculaires ^ — On a décrit comme complications du

1. P. Manson, Himterian Society. The annual Oration, 1894. Voyez aussi Pasma.nik, Psychoses malariques, Wiener medic. Woche7îschr., 20 et 27 mai'S 1897.

2. M. Raynaud, Th. Paris, 1862, et Arch. gén. de méd., 1874, t. 1, p. o et 189. — Rey, Rapports de la maladie de Raynaud avec le paludisme, Ai^ch. de méd. nav., 1869, t. XII, p. 211.— Marroin, Même rec., 1870, t. XIII, p. 344. — Galmette, Rec. mém. de méd. milit., 1877, p. 24. — Moursou, Étude clinique sur l'asphyxie locale des extrémités, A)'ch. de méd. nav.., 1880. — Verneuil et Petit, Revue de chirurgie, 1883.

3. PoNCET, Rétino-choroïdite palustre. Soc. de biologie, 27 juillet 1878. — Teillais,

paludisme des conjonctivites et des kératites, l'ischémie et l'hyperémie des vaisseaux rétiniens, des hémorragies rétiniennes, la névrite optique et la rétinite, enfin des amhlyopies.

La névralgie sus-orbitaire s'accompagne toujours de l'hyperémie de la conjonctive avec épiphora, quelquefois d'une légère tuméfaction de la paupière supérieure, cette conjonctivite est intermittente, paroxystique comme la névralgie et elle disparaît sous l'influence de la quinine.

La conjonctivite ])eui-e\[e se développer, sous l'influence du paludisme, indépendamment de la névralgie? On a publié quelques faits à l'appui de cette hypothèse ^ ; ces faits me semblent peu probants.

Dans les pays chauds les ophtalmies sont communes et sous l'influence de la fièvre une conjonctivite latente peut se réveiller.

hlierpès, commun dans la fièvre intermittente, se localise quelquefois sur la cornée.

D'après Godo sur 40 cas d'herpès fébrile cornéen un tiers était d'origine palustre ; on trouve souvent alors des vésicules d'herpès sur le nez, les lèvres ou les paupières; Lévrier et Durruty ont signalé des faits analogues.

Kipp, Arlt, Javal, Sedan (de Toulon), Raynaud ont étudié la kératite palustre'.

En dehors de la kératite produite par l'herpès, on peut observer, chez les cachectiques palustres, des kératites plus ou moins graves; dans ce cas le paludisme paraît jouer seulement le rôle de cause prédisposante par l'affaiblissement qu'il entraîne.

Maurice Raynaud et Moursou ont noté, chez des palustres atteints d'asphyxie locale des extrémités, de Y amblyojrie qui paraissait se rattacher à l'ischémie des vaisseaux rétiniens.

L'ischémie des vaisseaux rétiniens avec amblyopie transitoire,

De l'amblyopie par intoxic. palud., Journ. deméd. de l'Ouest, 1886, p. 163. — Lopez Y Veitia, Des hémorragies rétiniennes d'origine palustre. Th. Havane, Rec. d'op/italm., 1888, 12. — Sulzer, Altérations de la vue produites par le paludisme, Ann. d'oculis tique, 1890, t. CIV, p. 178. — Raynaud, Troubles oculaires de la malaria, Th. Paris, 1892. — Benson, Troubles oculaires dus au paludisme. Congrès d'ophtalm. d'Edimbourg, 1894.

1. Beylot, Rec. mém. de méd. milit., 1853, t. XI, p. 230. — Verdan, La fièvre intermit. à Ouargla, Arch. de méd. milit., 1885, t. VI. — Schweinitz, Complic. oculaires de la malaria, Merf. neim, 1 juin 1890. — Raynaud, Th. Paris, 1892, p. 23.

2. GoDO, Herpès fébrile cornéen, Th. Paris, 1879, et Rec. d'ophtalm., mars 1880. — Lévrier, Accidents ocul. dans les fièvres intermit.. Th. Paris, 1879. — Iùpp, Transact. of amer le. ophtal. Soc., 1880, et N. Y. med. record., août 1889. — Durruty, De l'herpès oculaire, Rec. d'ophtalm., 1887, p. 516. — Raynaud, Th. Paris, 1892, p. 33. — Tika- NADSE, Kératite superficielle d'origine palustre, Wratch, 1896, 29, p. 805.

guérie par la quinine, que signalent Ramorino et Benson, s'explique bien par des obstructions temporaires des vaisseaux rétiniens.

Peunoff, Sulzer, Germaix ont cité au contraire des cas d'hyperémie optique d'origine palustre.

Les hémorragies de la rétine ne sont pas très rares (Guéneau de Mussy, Galezowski, Mackenzie, Poucet); Brunt à New-York, sur 192 cas de fièvre intermittente, a rencontré 6 fois cette complication.

Les hémorragies se produisent le plus souvent le long des gros vaisseaux, ou dans la région ciliaire ; lorsqu'elles siègent dans le nerf optique ou au niveau de la tache jaune, elles peuvent entraîner une cécité persistante.

Ces hémorragies s'expliquent bien par l'accumulation des éléments parasitaires dans les petits vaisseaux.

Signalée dès 1868 par Macnamara et Jacobi la neuro-rétinile d'origine palustre a été décrite par Hammond, Galezowski, Poncet, Sulzer*.

La papille est gonflée, œdématiée, grisâtre, ses limites sont indécises, les veines sont tortueuses, les artères filiformes.

La névrite s'accompagne souvent d'hémorragies.

Sur des coupes histologiques de l'œil, on constate que les vaisseaux de la choroïde et de la rétine renferment un grand nombre d'éléments pigmentés ; la présence de ces éléments dans les vaisseaux du nerf optique est cause de la teinte grisâtre de la papille que l'on peut constater chez les sujets atteints d'accès pernicieux '.

L'atrophie optique est quelquefois la conséquence de la névrite.

ïj'amblyopie et Vamaurose [sine materia) ont été signalées comme complications du paludisme par Morand, von Storch, Stosch (fièvre larvée amaurotique), Deval, Ouradou, Testelin, Leber, Verdan, Teillais, Raynaud ^ etc.

D'après Poncet il s'agit, dans tous ces cas, de rétino-choroïdites qui ne sont pas toujours appréciables à l'ophtalmoscope, mais qui peuvent être constatées au microscope chez les sujets qui meurent d'accès pernicieux.

Le paludisme qui a été considéré par Quaglino et Fontan comme

1. Hammond, Transact. of americ. neurol. Soc, 1873. — Galezowski, Trailé iconogr. d'ophtalmosc, 1876. — Poncet, Rétino-choroïdite palustre. Ann. d'ocul., mai 1878, et Atlas des malad. profondes de l'œil par Perrin et Poncet, 1879. — E. Sulzeh, Arch. d'ophfalm., mdiiei juin 1890.

2. Poncet, Soc. de biologie, 27 juillet 1878, et Progrès méd., 1878, p. 598.

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