Voir Raynaud, Th. citée, p
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une des causes efficientes de ïhémérniopie ne joue dans cette maladie Cjue le rôle de cause prédisposante.
h. Troubles auditifs '. — Le paludisme donne lieu rarement à des troubles de l'ouïe mais la quinine détermine souvent, comme on sait, des bourdonnements d'oreilles et une surdité plus ou moins persistante; je reviendrai sur ce point à propos du traitement (Ch. x).
H. Gangrènes. — En dehors de la maladie de Raynaud, il existe dans la science un certain nombre d'exemples de gangrènes survenues chez des malades atteints de fièvre ou de cachexie palustre ".
Verneuil et Petit qui, dans un excellent mémoire, ont réuni la plupart des faits connus de gangrène pouvant se rattacher plus ou moins directement au paludisme, ont divisé avec raison ces faits en deux groupes : gangrènes associées ou secondaires et gangrènes palustres proprement dites.
Les gangrènes associées ou secondaires sont de beaucoup les plus nombreuses.
Les malades affaiblis par les fièvres sont naturellement prédisposés aux inflammations gangreneuses, et il n'y a pas lieu de s'étonner si, chez des cachectiques palustres, on observe des angines ou des stomatites gangreneuses, des eschares de decubitus, des gangrènes du poumon, ou si, chez ces malades, les traumatismes accidentels et les opérations chirurgicales se compliquent souvent de gangrène.
C'est évidemment l'état général qui joue dans ces cas le principal rôle, le paludisme n'intervient que très indirectement.
Dans cette catégorie rentrent les cas de noma, de parotidite gangreneuse observés à la suite de fièvres palustres graves et les gangrènes consécutives à des traumatismes ou à des congélations chez des cachectiques palustres. Lors du désastre du Bou Thaleb on constata que les soldats atteints de paludisme avaient moins bien résisté au froid que les autres ^
Il faut aussi exclure du chapitre de la gangrène palustre les
1. Ferreri, Des lésions (le l'oreille dues au paludisme. Sperimentale, 1886, p. 610. — G. L. Weich, Même sujet. Th. Zurich, 1886.
2. MoTY, Delà gangrène dans les fièvres intermittentes, Gaz. des hop., 1879, p. .372 et 386. — Verneuil et Petit, Revue de chirurgie, 1883, p. 438. — Boutin, Gangrène j)alustre, Arch. de me'd. navale, 1884, p. 343. — Blanc, Contrib. à l'étude de la gangrène palustre, Arch. de méd. miUl., 1885, t, YI, p. 337. — Blaise et Sarda, Montpellier médical, 1888.
3. ScHRiMPTOx, Relation de la retraite du Bou Thaleb. Rec. mém. de méd. milit.,
faits Je gangrène diabétique, alors même que le paludisme figure dans les antécédents des malades; nous verrons plus loin que rien n'autorise à admettre l'existence d'un diabète d'origine palustre.
J'ai observé en 1893 un malade qui avait eu la fièvre palustre à Madagascar et au Tonkin et qui, à la fin de son séjour dans cette dernière colonie, avait été atteint d'une gangrène sèche, à marche lente, des orteils du pied gauche; l'amputation de la jambe gauche avait été pratiquée, au mois de mars 1892, au lieu d'élection.
Lors de l'entrée du malade au Val-de-Grâce le membre inférieur droit s'était pris à son tour et, le 15 janvier 1894, tout l'avant-pied était atteint de grangrène sèche qui nécessitait l'amputation de la jambe droite.
Chez ce malade toutes les artères battaient très faiblement, non seulement aux membres inférieurs, mais aussi aux membres supérieurs. Les artères oblitérées n'étaient pas indurées, comme dans l'athérome ; l'examen des vaisseaux du membre amputé démontra qu'il s'agissait d'une endartérite oblitérante, bien différente de l'artério-sclérose K
L'endartérite oblitérante a été bien décrite par Friedlaender ^ et Heydenreich'^, les causes de la maladie sont encore très obscures; dans le cas que je viens de rappeler on pouvait accuser le paludisme mais, comme la maladie de Friedlaender s'est développée souvent chez des sujets qui n'avaient jamais eu la fièvre palustre, j'incline à croire que le paludisme n'a joué ici encore que le rôle de cause prédisposante.
M. le D"" Rogée a cité en 1896 une observation de gangrènes multiples, chez un homme atteint de paludisme et alcoolique, qui me paraît rentrer aussi dans l'histoire de l'endartérite oblitérante progressive ; en 1 5 années le malade avait subi l'amputation des doigts, la désarticulation médio-tarsienne des deux pieds, l'amputation de la jambe gauche et, en dernier lieu, la désarticulation des deux genoux *.
Les gangrènes palustres proprement dites sont rares; Ebrard, Larché, Duteuil, Verneuil, Moty en ont cité des exemples.
Les deux faits de gangrène cutanée par plaques disséminées observés par M. le D"" Moty sont très intéressants.
1. A. Laveran, Endartérite oblitérante avec gangrène des extrémités inférieures. Acad. de niéd., 27 février 1894.
2. Friedlaendek, Centralbi. f. die med. Wissensch., 1876, p. 65.