DE L INTERMITTENCE
rate peuvent donner lieu à des accès de fièvre périodiques*; il en est de même du cancer de la rate ^
Ceci dit, il faut reconnaître que l'intermittence est un des principaux caractères des accidents d'origine palustre et que les types tierce et quarte ne s'observent guère en dehors du paludisme.
Sydenham admettait que l'accès de fièvre était dû à l'accumulation de la matière morbifîque dans le sang-, pendant l'apyrexie, et que, à la suite de l'accès, cette matière était éliminée par la sueur; Trousseau pensait au contraire que la cause de l'intermittence était dans le système nerveux '.
L'intermittence peut dépendre en efîet de ce que Sydenham appelait la matière morbifique, c'est-à-dire, en langage moderne, du microbe et de ses produits, ou bien du système nerveux.
Chez les malades atteints de fièvre intermittente, c'est au début des accès qu'on trouve les parasites en plus grand nombre dans le sang ; après les accès, les hématozoaires disparaissent plus ou moins complètement de la grande circulation.
Dans la fièvre récurrente les spirilles apparaissent de même dans le sang de la grande circulation au moment des rechutes et disparaissent dans les intervalles d'apyrexie.
On devait donc être tenté d'expliquer les accès intermittents d'origine palustre comme les paroxysmes de la fièvre récurrente.
Ainsi que MM. Roux et Chamberland l'ont fait remarquer, dans la fièvre récurrente, les choses se passent comme si, à la suite de chaque période fébrile, des substances élaborées par les spirilles et accumulées dans les tissus, empêchaient le développement de ces parasites '*.
Les recherches de PfeifTer et de Gabritschewsky ^ viennent à l'appui de cette hypothèse ; il semble résulter en effet de ces recherches qu'il existe dans le sang des malades atteints de fièvre récurrente, à certaines périodes de la maladie, une substance bactéri-
1. Verneuil, Du paludisme considéré au point de vue chirurgical, ISSIÎ, p. 4. — Matiion, De la splénite traumatique. Th. Paris, 1876. — Audouard croyait que l'altération de la rate était la cause de la fièvre intermittente iJourn. gén. de méd., mai et juin 1823). Nous verrons plus loin qu'on a observé cette fièvre chez des malades auxquels on avait enlevé la rate.