Catrim, Soc. méd. des hôp., 17 janv
Il est rare que la douleur spléniqiie soit assez forte pour contreindiquer la percussion.
Quant à la crainte de provoquer la rupture de la rate en la percutant, rien ne me paraît la justifier; si une percussion brutale est dangereuse, la palpation faite dans les mêmes conditions l'est au moins autant; on peut se borner d'ailleurs, une fois qu'on a reconnu la partie inférieure de la rate par le palper, à délimiter par la percussion la partie supérieure qui est protégée par la cage thoracique.
On fait coucher le malade dans la position intermédiaire entre le décubitus dorsal et le décubitus latéral droit complet, et on percute sur une ligne allant de la partie moyenne de l'aisselle à l'épine iliaque antéro-supérieure gauche. A l'état normal la rate ne donne sur cette ligne que 3 à 4 cm. de matité (de la 9" à la 11^ côte).
La partie supérieure de la rate, située sous le diaphragme, et séparée de la paroi thoracique par une lame pulmonaire, échappe à la percussion; par suite, la hauteur vraie de la rate est toujours notablement supérieure (d'un tiers au moins et quelquefois de moitié) à celle qu'indique la percussion; les chiffres de 10, 12 cm. de matité annoncent une hyper splénie déjà très prononcée.
On détermine la largeur de la rate en percutant sur une ligne perpendiculaire à la première ligne de percussion.
Comme les rapports de la rate avec les parois thoracique et abdominale sont variables, il est nécessaire de pratiquer toujours la percussion dans la même position, afin d'avoir des résultats comparables.
D'après Zif^mssen la percussion de la rate dans la station debout fournit des données plus exactes que la percussion dans la position semi-latérale ^ La percussion dans cette dernière position est plus commode, moins fatigante pour les malades quand ils ont la fièvre ou qu'ils sont très faibles. Contrairement à l'opinion de Ziemssen je ne crois pas qu'il faille essayer d'apprécier par la percussion les dimensions vraies de la rate, en hauteur.
La rate hypertrophiée peut devenir mobile ainsi que nous l'avons vu (p. 208); quand on pratique l'exploration d'une grosse rate î palustre, il y a lieu par conséquent de rechercher la mobilité du viscère; on examinera le malade debout après l'avoir examiné couché.
\. Mûnchener med. Wochenschr. Anal, in Méd. moderne, 23 janv. 1897.
Les douleurs spontanées ou à la pression qui existent assez souvent dans l'hypocondre gauche et qui sont dues à de la périsplénite et à des adhérences de la rate aux parties voisines fournissent au diagnostic une donnée intéressante*.
h. Caractères de la fièvre. — Lorsqu'un malade a tous les jours, tous les deux jours ou tous se trois jours, un accès de fièvre revenant à la même heure, et le plus souvent de minuit à midi, il est difficile de méconnaître une fièvre intermittente palustre; encore faut-il constater les accès.
Certains malades qui n'ont pas trace de fièvre disent avoir des accès, d'autres au contraire ont des accès sans qu'ils s'en doutent. Le frisson manque souvent au début des accès, surtout pendant la saison chaude; et comme beaucoup de malades font consister la fièvre surtout dans le frisson, il arrive que des accès passent inaperçus.
Le médecin, souvent mal renseigné par le malade et par son entourage sur le type de la fièvre, ne doit avoir confiance que dans les indications thermométriques.
Le traitement du paludisme est long et assez dispendieux, il importe donc de ne pas l'instituer, sauf dans les cas d'urgence, avant d'être fixé exactement sur le diagnostic.
Lorsque l'état du malade n'est pas assez grave pour nécessiter une intervention immédiate, et qu'on n'est pas dans un pays où l'endémie palustre a beaucoup de gravité, il est bon de constater deux ou trois accès de fièvre avant d'intervenir, à moins, bien entendu, que l'examen du sang n'ait révélé l'existence des parasites, auquel cas on peut agir immédiatement, le diagnostic n'étant pas douteux.
« On attendra, dit Trousseau 2, que plusieurs accès aient eu lieu, pour savoir à quel type on a affaire et surtout pour savoir si c'est véritablement une fièvre intermittente qui commence... En agissant ainsi on ne risquera pas de faire, au début d'une fièvre typhoïde, une médication intempestive ou de croire qu'on a guéri une fièvre intermittente en administrant quelques-uns de ces prétendus fébrifuges tels que l'écorce de marron d'Inde, le sel de cuisine, etc. »
Dans nos climats cette expectation ne présente aucun danger ; dans les pays chauds il faut se défier des accidents pernicieux et,
1. P. Fabre (de Commenlry), Gaz. méd. de Paris, Va août 1885.