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A. Laveran, Soc. de biologie, 27 mars i89'i

à cette phase, la petitesse des éléments parasitaires permet de les distinguer des noyaux.

4" Les noyaux en voie de segmentation ne sauraient être confondus avec les éléments en rosette ou en marguerite du sang palustre, la segmentation en 2, 3, ou 4 ne s'observe pas dans l'hématozoaire du paludisme et de plus, dans les corps segmentés du sang palustre, il y a toujours un amas de pigment au centre.

5° Les hématozoaires du paludisme du volume des noyaux sont visibles dans le sang frais, non coloré, tandis que les noyaux des hématies ne deviennent visibles qu'après coloration du sang frais ou desséché, à l'aide du bleu de méthylène ou d'autres réactifs colorants de même ordre.

On observe quelquefois, dans les hématies, des granulations arrondies, au nombre de deux ou trois, qui sont constituées peutêtre par de l'hémoglobine transformée en méthémoglobine et qui deviennent très visibles quand on emploie certains réactifs colorants (éosine-nigrosine).

Enfin, chez les individus très anémiés, l'hémoglobine se raréfie dans un certain nombre d'hématies dont les réactions aux matières colorantes sont par suite modifiées ; dans les préparations colorées à l'aide de l'éosine et du bleu de méthylène, les hématies ainsi altérées prennent souvent une coloration violacée K

On sait que les hématies des diabétiques se colorent par les couleurs basiques : bleu de méthylène, safranine et non par les couleurs acides : éosine, rouge de Congo, etc. ^

En dehors des hématies et des leucocytes qui sont faciles à reconnaître, on trouve dans le sang normal d'autres éléments plus petits, moins bien caractérisés ; il s'agit d'une part des hématoblastes et, d'autre part, de granulations de nature indéterminée.

Les liématoblastes sont des corpuscules globuleux ou de forme irrégulière, qui mesurent de 2 à 5 [i. de diamètre; ils sont incolores ou présentent une teinte jaunâtre; ils ne possèdent pas de noyaux. Ce sont, d'après Hayem, des hématies en voie de formation; d'où le nom d'hématoblastes.

D'après Ehrlich il s'agirait simplement de particules détachées des hématies arrivées à l'état parfait.

1. Gabritchewsky a décrit cette altération sous le nom de dégénérescence polychromatique. Ehrlich, 11° Congrès de méd. interne, Leipzig, 1882. Compte rendu du Congrès, p. 36.

2. Marie et Le Goi-'f, De la réaction de Bremer dans le sang des diabétiques. Soc. méd. des hôp., 30 avril 1897.

CAUSES d'erreur DANS L'EXAMEN DU SANG 313

En tous cas, il n'est pas possible de confondre, avec des hématozoaires libres, ces corpuscules qui ne renferment jamais de granu" lations de pigment et qui ne se colorent pas par le bleu de méthylène.

Edington a signalé l'existence dans le sang de corpuscules sphériques, incolores, ayant à peu près le tiers du diamètre d'une hématie. Ces corpuscules se formeraient dans l'intérieur d'un globule blanc spécial; d'abord incolores, ils grandiraient peu à peu en devenant biconcaves, se chargeraient d'hémoglobine et se transformeraient en hématies.

Ces corpuscules, auxquels Edington donne le nom à'albocytes, paraissent correspondre aux hématoblastes de Hayem ; personne n'a revu après Edington les leucocytes de nature spéciale dans lesquels les albocytes prendraient naissance.

Un autre observateur anglais, Norris, a décrit, sous le nom de troisième corpuscule du sang, des globules incolores, invisibles. La présence de ces globules a été constatée par Norris au moyen de la photographie, qui permet de distinguer, dans un milieu, des objets qui ont le même pouvoir de réfraction que ce dernier, et qui par suite sont invisibles à l'œil, pourvu que leur pouvoir photogénique soit différent de celui du milieu.

M"*" Hart a montré que les corpuscules de Norris ne sont autres que des hématies dont l'hémoglobine a disparu, sous l'action des réactifs ou des agents chimiques.

On trouve enfin, dans le sang normal, des granulations de nature indéterminée et des granulations graisseuses qui ont été prises, plus d'une fois, pour des éléments parasitaires.

KoUmann (de Leipzig) a appelé l'attention sur ces pseudo-microbes du sang humain normal. Lorsqu'on examine à un fort grossissement du sang humain normal, recueilli avec les précautions antiseptiques, on voit une quantité de petits éléments qui ressemblent à des microcoques ou à des bacilles; ces corpuscules, dont les plus gros mesurent 1/2 [j. de diamètre, sont animés de mouvements très vifs.

L'examen par les réactifs colorants confirme qu'il s'agit de produits artificiels, dérivés des hématies ou des leucocytes; les cultures dans les milieux ordinaires sont stériles.

La fibrine donne lieu, dans le sang retiré des vaisseaux, à la formation de filaments qui se montrent plus ou moins rapidement, suivant l'état du sang, suivant aussi que le sang a été exposé plus ou moins longtemps à l'air.

Dans le sang étalé en couche mince des préparations histologiques ordinaires, la fibrine forme des réseaux délicats avec des points nodaux occupés par des granulations.

On rencontre quelquefois, dans les préparations histologiques du sang frais, des cylindres qui sont le résultat d'une altération des globules blancs; cette altération se produit lorsque, en faisant la préparation de sang, on appuie sur la lamelle couvre-objet en la faisant glisser sur la lamelle porte-objet; aussi tous les cylindres ont-ils la même direction, dans une même préparation '. Ces cylindres qui se colorent par le bleu de méthylène paraissent dus au déroulement des noyaux des leucocytes.

Dans l'anémie pernicieuse, Lazarus a observé des granulations dans un certain nombre de globules rouges -, la nature de ces granulations n'est pas encore connue.

On a trouvé dans le sang de quelques malades atteints de mélanose, des granulations noires, libres ou incluses dans des leucocytes ; la mélanose est une affection très rare et en général facile à reconnaître; cette cause d'erreur est donc peu importante, on l'évitera d'ailleurs complètement en recherchant les parasites eux-mêmes qui, chez les palustres, se trouvent presque toujours dans le sang en même temps que les leucocytes mélanifères.

DiAG>osTic DIFFÉRENTIEL. — Lcs manifestations cliniques du paludisme sont très variées et, par suite, le nombre des maladies avec lesquelles on peut les confondre est considérable; je ne m'occuperai ici que des maladies pour lesquelles cette question de diagnostic se pose le plus souvent et présente le plus de difficultés.

A. Fièvre éphémère. — Rien ne ressemble plus à un accès de fièvre intermittente un peu prolongé qu'une fièvre éphémère; dans les deux cas, l'ascension thermique et la défervescence sont très rapides, dans les deux cas il se produit souvent de l'herpès labial.

Le frisson initial et le stade de sueurs sont, en général, plus marqués dans l'accès palustre que dans la fièvre éphémère, mais cette règle comporte de nombreuses exceptions.

Les conditions dans lesquelles la maladie s'est produite peuvent faire incliner le diagnostic d'un côté ou de l'autre ; en pays palustre,

1. LiTTEN, Soc. de méd. int. de Berlin, 3 févr. 1896, anal, in Médecine moderne, 12 février 1896.

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