Pauly, Esquisses de climatologie comparée, Paris
Les habitants de la campagne romaine fuient la plaine pour la montagne pendant la saison des fièvres.
De même en Corse, en Algérie.
Le mot arabe qui signifie terrains bas, plaine : liemma, veut dire aussi fièvre \
F. Jacquot a insisté avec raison sur l'insalubrité des plaines en Algérie et a bien analysé les causes de cette insalubrité ^
Au Mexique, les fièvres palustres, communes et graves sur les côtes, disparaissent à mesure qu'on s'élève sur les hauts plateaux; à Mexico, bien c[ue la ville soit entourée de lacs et de marais, bien que la température moyenne soit assez élevée, l'endémie palustre n'a plus que très peu d'importance.
A Madagascar, le plateau central jouit d'une salubrité relative alors que l'endémie palustre a, sur les zones basses du littoral, une redoutable intensité.
Aux Indes, les Anglais ont établi, sur les hauts plateaux, des stations sanitaires ou villes de santé dans lesquelles la plupart des Européens se réfugient pendant les mois les plus chauds de l'année qui sont aussi les plus dangereux au point de vue du paludisme.
Les Hollandais ont fait de même à Java.
Nous aurons à revenir plus loin sur les bienfaits des stations sanitaires établies sur les hauteurs dans les pays tropicaux (V. Prophylaxie).
L'altitude qui suffit à mettre à l'abri des fièvres est souvent peu considérable.
A la Guadeloupe le sanatorium qui a été créé sous le nom de camp Jacob jouit d'une salubrité parfaite bien qu'il soit situé seulement à 545 m. au-dessus du niveau de la mer.
Dans une même ville on peut trouver à quelques centaines de mètres les uns des autres des quartiers fébrigènes et des quartiers salubres.
La ville de Gonstantine est construite à 600 m. d'altitude sur une énorme masse rocheuse, à 130 m. environ au-dessous se trouve la vallée du Rummel; les personnes qui habitent Gonstantine ne prennent presque jamais la fièvre palustre; au contraire, parmi celles qui habitent dans la vallée, très peu échappent au paludisme, et aux portes mêmes de Gonstantine, au Bardo, on observe les fièvres palustres sous leurs formes les plus graves.