Jaccoud, Bulletin méd., 3 janv
4. Lépine, Sur l'absorption du fer et sur les injections sous-cutanées des sels de ce métal. Semaine méd., 26 mai 1897. — Naamé, Note sur l'administration du fer en injections hypod. dans la cachexie palud. Revue de méd., 10 mars 1897.
MÉDICATIONS ADJUVANTES 375
liqueur de Fowler (arsénite de potasse), à la dose de dO à 20 gouttes par jour dans de l'eau ou du vin.
La liqueur de Fowler donne de très bons résultats chez les enfants au-dessus de deux ans. On commencera par deux gouttes (à prendre au milieu du repas), on augmentera peu à peu jusqu'à 10 gouttes, puis on redescendra à deux. On suspendra alors l'emploi de la liqueur pour y revenir au bout de 8 à 10 jours (J. Simon).
La médication arsenicale doit être continuée pendant longtemps, mais à petite dose et avec des interruptions, de manière à ne pas provoquer d'accidents gastro-intestinaux ; s'il survient de la diarrhée ou de la dyspepsie, il faut suspendre aussitôt le traitement.
La noix vomique est un excellent tonique qui convient bien aux palustres chez lesquels les fonctions digestives sont souvent languissantes.
La teinture de noix vomique sera prescrite, chez l'adulte, à la dose de 5 à 15 gouttes, à prendre au moment des repas.
L'hydrothérapie rend de grands services dans le traitement de l'anémie et de la cachexie palustres. Quelques médecins ont même préconisé son emploi dans le paludisme aigu, comme dans le paludisme chronique.
Priessnitz conseillait, pendant l'accès de fièvre, l'enveloppement dans un drap trempé dans l'eau froide.
Fleury prescrivait de prendre une douche froide (12 à 14° G.) une ou deux heures avant l'accès de fièvre (douche en pluie ou en jet sur la région splénique); il cherchait ainsi à provoquer un accès de fièvre artificiel et à prévenir l'accès vrai^
Avec la plupart des auteurs je pense que l'hydrothérapie n'est applicable qu'au traitement de l'anémie et de la cachexie palustres, et à condition d'associer son emploi à celui de la quinine. Des douches froides sur la rate, données sans précaution, peuvent en effet provoquer des accès graves et même des accidents pernicieux rapidement mortels (E. Fazio).
On aura soin de ne prescrire les douches, et surtout les douches froides en jet sur la rate, qu'après avoir fait prendre au malade
■1. Voir Fleitry, Traité pratique raisonné d'iiydrotliérapie, Paris, 1856. — Fourcade, Du traitement des fièvres intermittentes par l'iiydrotliérapie, Th., Paris, 1872. — Béni-Barde et Materne, Traité d'hydrothérapie, Paris, 1894. — A. Strassner, L'action de l'hydrothérapie dans la malaria. Deut.med. Wochenschr., 8 nov. 1894. — E. Fazio, Azione dei bagni minerali e termo minerali nell' infezione malarica. Rivista internat, d'igiene, 1895.
quelques doses de quinine. On emploiera d'abord les douches tièdes, puis les douches en pluie froides, et, en dernier lieu, les douches froides en jet.
Les bains de mer, qui excitent la nutrition, sont ég-alement indiqués lorsque les malades ne sont pas trop afTaiblis ; ici encore il est utile de faire prendre de la quinine préventivement.
Les eaux minérales alcalines, celles de Vichy notamment, donnent de bons résultats, mais il faut savoir que l'excitation produite par le traitement hydro-minéral, principalement par les bains, détermine souvent une rechute de fièvre; on pourra donner de la quinine de manière à prévenir la rechute.
Sir J. Fayrer et L.-ï. Young ont recommandé les eaux de Garlsbad dans le traitement du paludisme chronique \
Les hydropisies qui ne se rattachent pas à une altération des reins et qui ne s'accompagnent pas d'albuminurie, se dissipent en général rapidement, dès que l'état général s'améliore; on peut hâter leur disparition à l'aide des diurétiques.
Lorsqu'il existe de l'albuminurie, le régime lacté est indiqué; il donne souvent d'excellents résultats.
On combattra, bien entendu, par les moyens appropriés, toutes les complications telles que : diarrhée, dysenterie, dyspepsie, etc., qui affaibliraient l'organisme et diminueraient sa force de résistance au paludisme.
La transfusion du sang a été pratiquée trois fois avec succès par Oré chez des malades atteints de cachexie palustre '.
Chanr/ement de climat, rapatriement. — Lorsqu'un malade a eu plusieurs atteintes de fièvre, lorsqu'il a eu surtout des accès pernicieux et qu'il présente des signes de cachexie, il est urgent de prescrire un changement de climat ; le malade sera envoyé dans une localité saine et, autant que possible, dans un climat tempéré.
On empêche ainsi la réinfection de se produire, en même temps qu'on met le malade dans de bonnes conditions, au point de vue de l'hygiène générale.
La grande chaleur est débilitante; les sueurs abondantes, les nuits sans sommeil, le supplice des moustiques, la dyspepsie, presque constante dans les pays chauds, affaiblissent l'organisme, l'empêchent de réparer ses pertes; il n'est donc pas surprenant