Congrès de méd. de l'Inde, Calcutta
2. Oré, Art. Transfusion du Diction, de méd. et de cJtir. pratiques. — ,Gros, Arch. de méd. nav., mai et juin 1896.
MÉDICATIONS ADJUVANTES 377
qu'une amélioration rapide se produise cliez les palustres qui ont contracté la fièvre dans les pays chauds et qui sont envoyés dans des pays à climat tempéré, ou dans des stations installées sur les hauteurs.
Toutes les fois qu'il est possihle de prendre cette mesure avant que la cachexie soit trop avancée, on ohserve une amélioration rapide. L'appétit revient et avec lui les forces, l'anémie diminue, les rechutes de fièvre, moins nombreuses et moins graves, cèdent plus facilement à la médication quinique.
Les médecins de l'armée de terre et de la marine ont souvent l'occasion de noter les bienfaits du rapatriement sur des malades épuisés par les fièvres , présentant déjà les symptômes de la cachexie ou sous le coup d'accidents pernicieux.
« La première et la plus importante règle de la prophylaxie des accès pernicieux est le rapatriement ou l'envoi dans un sanatorium de tout individu dont les accès récidivent avec fréquence et, à plus forte raison, de tout paludéen chronique » (Gatrin, Gaz. hebdom. de méd. et de chir., mai 1895).
Dans un grand nombre de pays palustres on a installé sur les hauteurs, à l'abri du paludisme, des stations connues sous le nom de sanatoria dans lesquelles on envoie les malades et les convalescents. Pour ne parler que des sanatoria qui ont été organisés dans les colonies françaises, je citerai : le sanatorium de Salazie, à La Réunion, à 900 m. d'altitude, et le camp Jacob, à la Guadeloupe.
J'aurai l'occasion, à propos de la prophylaxie, de parler des stations d'été ou villes de santé qui rendent de si grands services dans les pays chauds et palustres.
Tout en recommandant le séjour des altitudes dans les pays chauds, aux malades atteints de paludisme, il faut se défier de l'action perturbatrice des stations élevées sur des organismes affaiblis. Gertaines stations, en raison de l'abondance des pluies et des grandes variations de température, sont nuisibles aux malades atteints de fièvre palustre et sont contre-indiquées en particulier lorsque le paludisme se complique de diarrhée ou de dysenterie.
Dans l'armée, le rapatriement donne de meilleurs résultats que l'envoi dans les sanatoria; le malade anémié, affaibli par les fièvres, éprouve une grande satisfaction à rentrer dans sa famille et cette impression morale exerce sur la marche de la maladie une influence qui n'est pas contestable.
Un malade qui a pris la fièvre dans les pays chauds n'est pas guéri par le seul fait qu'il rentre en France, par exemple; la fièvre récidive souvent pendant plusieurs mois ou même plusieurs années, après que le malade a quitté les localités fébrigènes; le changement de climat ne peut donc figurer que parmi les conditions adjuvantes du traitement, au même titre que la médication tonique et reconstituante.
Traitement de V hypersjolénie palustre, de Vectopie et de la rupture de la rate. — On a préconisé différentes médications contre l'hypersplénie.
La quinine, qu'on accuse en général dans le public de produire l'hypertrophie de la rate, a une action tout opposée et, dans les fièvres récentes, il n'y a pas lieu de se préoccuper de l'hypertrophie de la rate; la médication quinique, à elle seule, suffit à déterminer rapidement une diminution de volume de cet organe.
Dans la cachexie palustre il n'en est plus ainsi, la rate reste volumineuse, malgré l'emploi prolongé des sels de quinine.
Les révulsifs (vésicatoires, pointes de feu), appliqués au niveau de la rate, sont indiqués lorsqu'il existe des douleurs qui trahissent une périsplénite.
Les douches froides en jet, sur la région splénique, produisent souvent de bons effets; afin d'éviter une rechute de fièvre, on prescrira la quinine d'une façon préventive au début de ce traitement.
Mossler a employé, contre l'hypersplénie palustre, l'application locale de la glace et les injections dans le tissu même de la rate, à travers la paroi abdominale, de liqueur de Fowler (1 cm^ de cette liqueur au dixième), ou d'une solution phéniquée aux deux centièmes '.
Botkin a recommandé l'emploi de l'électricité dans le traitement de l'hypersplénie-.
Lorsque la rate palustre est simplement congestionnée, elle reprend assez facilement son volume normal, sans qu'il soit nécessaire de recourir au courant électrique, et quand elle est fibreuse, l'électricité ne paraît pas avoir beaucoup d'action sur elle.
Fazio a conseillé les injections intra-spléniques de quinine; ces injections peuvent entraîner des accidents et il n'est pas démontré
1. MossLEK Deutsches Ai'cMv, 1875, p. 409. — Griesinger, op. cit., p. 116. Note de M. Vallin.