‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 198 sur 251 · Pluckkr, Semaine méd., 1895, p · texte numérisé non relu

Pluckkr, Semaine méd., 1895, p

Lorsqu'on soupçonne une rupture de la rate, il faut d'abord lutter contre l'hémorragie interne : application de glace sur l'hvpocondre gauche, compression du ventre, injections d'ergotinine et d'éther. Si l'état s'aggrave, on pratiquera la laparotomie et s'il n'est pas possible d'arrêter l'hémorragie, on fera la splénectomie '.

M. le D"" Brault a pratiqué la laparotomie chez deux cachectiques palustres atteints de sclérose polyviscérale avec ascite énorme. Les résultats ont été, paraît-il, excellents ; la rate et le foie, qui étaient hypertrophiés, ont diminué de volume, l'ascite ne s'est pas reproduite pendant la convalescence. On donnait en même temps la moelle osseuse (80 gr. par jour environ)-.

J'enregistre ces résultats sans commentaires; il est évidemment impossible dans l'état actuel de la science de les expliquer d'une manière satisfaisante, mais il en est de même des résultats qui ont été obtenus à l'aide de la laparotomie simple dans la péritonite tuberculeuse.

VL Succédanés de la quinine. — Un très grand nombre de substances, appartenant, soit au règne minéral, soit au règne végétal, ont été proposées à titre de succédanés de la quinine et, toutes les fois qu'un nouveau fébrifuge a été imaginé, on a pu citer des cas de guérison de fièvre intermittente, en plus ou moins grand nombre, à son actif.

Lorsqu'on expérimente un fébrifuge chez des malades atteints de paludisme, il faut se rappeler d'abord que beaucoup de fièvres intermittentes, surtout dans nos pays, guérissent en l'absence de toute médication spécifique; il suffit souvent que les malades entrent à l'hôpital pour que la fièvre disparaisse ; le repos, une bonne alimentation, quelques toniques (vin, café), ont produit à eux seuls ce résultat; tout médicament donné à ces malades, au moment de leur entrée à l'hôpital, paraîtra donc avoir des propriétés fébrifuges d'après l'axiome : post hoc, ergo propter hoc.

L'exemple suivant cité par Trousseau et Pidoux ^ est très instructif à cet égard.

Ghomel, voulant expérimenter les propriétés fébrifuges de la poudre de houx, choisit 22 malades atteints de fièvre intermittente;

1. Vincent (d'Alger), Revue de chirurgie, juin 1S93. — Bernard Pitts et C. Ballante, Trois cas de splénectomie pour rupture de la rate (non palustre). Guérison dans les trois cas. Soc. clin, de Londres, 1896, et Médecine moderne, 1896, p. 157.

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