‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 23 sur 251 · Acad. des Se, 17 août · texte numérisé non relu

Acad. des Se, 17 août

2. J.-H. Salisbury, American journ. of the med. se, janv. 1866, mémoire traduit dans la Revue des cours scientif. du 6 nov. 1869.

38 ÉTIOLOGIB

réglée alors que personne autre n'est atteint dans la même maison ; dans une autre expérience analogue, deux individus sur trois sont atteints de fièvre intermittente.

Salisbury dit encore que lorsqu'il parcourait des localités marécageuses dans lesquelles les palmelles étaient abondantes, il a souvent ressenti une sensation de sécheresse et de chaleur au fond de la gorge qui annonçait invariablement la pénétration des spores dans les premières voies de la respiration.

Depuis 1866, aucun fait confirmatif de ces recherches n'a été publié; on a constaté au contraire que, dans beaucoup de localités désolées par le paludisme, les palmelles faisaient défaut. L'expérience faite par Salisbury ne démontre pas le rôle pathogène des palmelles. En admettant qu'une fièvre intermittente légitime se soit développée chez les jeunes gens dont il parle, rien ne prouve que les palmelles ont été la cause de cette fièvre, la terre prise dans des localités marécageuses renfermait d'autres microbes en grand nombre, qui ont pu jouer le rôle que l'auteur attribue aux palmelles.

Wood et Leidy de Philadelphie ont couché, pendant un mois, dans une chambre où l'on avait réuni une grande quantité de palmelles sans éprouver aucun malaise \

Wood fait remarquer : 1° que les palmelles sont des plantes riches en chlorophylle, qui ont besoin pour vivre de l'action de la lumière et qui ne peuvent pas vivre dans le sang; 2° que les palmelles se trouvent dans une foule de localités salubres et qu'elles se développent aussi bien dans la neige que dans l'eau tiède, ce qui n'est pas en rapport avec ce que nous savons de l'action du froid sur l'agent du paludisme; 3" que les palmelles vivent très bien dans des solutions de sulfate de quinine.

En 1872, pendant le congrès médical de Lyon, une commission composée de MM. Colrat, Magnin et Fochier, fut nommée pour rechercher dans les étangs des Bombes les palmelles de Salisbury. « Nous trouvâmes, dit Magnin, sur les bords des étangs visités par nous, près de Villars, des algues répondant assez exactement aux palmelles de Salisbury, autant du moins que leur description imparfaite permet une identification. » (Magnin, Th. Paris, 1876, p. 96.) Cette algue, qui serait le Chlorococcum coccoma ou Palmella coccoma, a été rencontrée, dit Magnin, dans beaucoup d'en-

Page 1