Carra, Th. Rome
fièvres, du sérum de bovidés ou de chevaux élevés dans les marais Pontins '; ces individus reçurent en plusieurs fois 130 gr. environ de sérum, après quoi, ils furent inoculés avec du sang- palustre. Dans ces conditions, la période d'incubation aurait été plus longue qu'à l'ordinaire ^ mais il convient de remarquer que la durée d'incubation du paludisme est variable.
K. Resjnrateurs destinés à filtrer l'air. — Plusieurs o])servateurs ont préconisé l'emploi de masques ou de respirateurs garnis d'ouate pour filtrer l'air et pour éviter ainsi l'infection palustre.
A. Zemanek rapporte que les habitants de Metkovic (Bosnie) sortent le moins possible le soir et que, quand ils sont obligés de sortir après le coucher du soleil, ils portent sur la bouche et sur le nez un mouchoir qui sert à filtrer l'air respiré ^.
Zemanek propose l'appareil suivant : entre deux masques en fil de fer reliés entre eux à la périphérie et recouvrant le nez et la bouche, on place une feuille d'ouate salicylée. Le respirateur est attaché derrière la tête. Les deux masques peuvent se séparer l'un de l'autre, ce qui permet de remplacer facilement l'ouate.
La manière dont Zemanek parle de son respirateur, dans son aide-mémoire d'hygiène militaire publié en 1896, semble prouver que l'appareil n'a jamais été appliqué.
Le D"" Nouât, au Bengale, a conseillé l'emploi d'un respirateur qui contenait du charbon pulvérisé; il s'agissait de protéger contre le paludisme des messagers qui devaient traverser des localités très insalubres; les résultats furent, paraît-il, satisfaisants *.
M. le D' Henrot, qui, dès 1874, proposait d'opposer aux germes aériens des maladies infectieuses un masque qui filtrait l'air au travers d'une couche d'ouate antiseptique, a présenté, en 1895, à l'Académie de médecine, un respirateur perfectionné par lui et il a préconisé cet appareil pour la prophylaxie du paludisme ^
L'emploi des respirateurs soulève plusieurs objections.
Il n'est pas démontré que l'infection palustre se produise toujours par les voies respiratoires; nous avons vu que l'eau avait été incriminée par bon nombre d'observateurs et que les mous-
1. Les bovidés et les chevaux n'étant pas sujets au paludisme, on ne voit pas pourquoi le sérum de ceux de ces animaux qui proviennent de régions palustres aurait des propriétés particulières.