‹ Traité du paludisme (volume 3)Chapitre 156 sur 243 · PROVENANCE DES MALADES. PROFESSION. SAISON · texte numérisé non relu

PROVENANCE DES MALADES. PROFESSION. SAISON

Je signalerai plus loin les causes d'erreur dans Texainen du sang.

Lorsqu'on constate dans le sang d'un malade la présence de ^hématozoaire du paludisme, le diagnostic est fait; lorsque IVxamen îst négatif, on doit être plus réservé, surtout lorsqu'on n'a pas une ^nde habitude de l'examen du sang palustre; il m'est arrivé sourent de trouver des parasites dans des préparations que des con- Brères avaient examinées sans y rien découvrir d'anormal.

On ne peut pas toujours attendre un accès de fièvre pour faire le diagnostic et, <lans l'intervalle des paroxysmes fébriles, les hématozoaires disparaissent souvent de la grande circulation.

D'autre part l'examen histolôgique du sang n'est pas toujours possible, soit qu'on n'ait pas sous la main un microscope, soit que le temps fasse défaut.

Quelle que soit l'importance de l'examen du sang, il ne faut donc pas négliger les autres signes.

La provenance des malades, leur profession, leurs antécédents morbides, l'époque de l'année dans laquelle on se trouve, fournissent des indications très précieuses au point de vue du diagnostic.

b. Provenance des malades, — Un médecin qui pratique en pays palustre, apprend vite à connaître les localités insalubres, celles qui fournissent chaque année le plus grand nombre de fièvres et d'accidents pernicieux; le seul fait qu'un fébricitant provient d'une de ces localités fournit, surtout si l'on est pendant la période endémo-épidémique, de grandes présomptions en faveur du paludisme.

c. Profession, occupations liabituelles ou accidentelles. — La connaissance de la profession, des occupations habituelles ou accidentelles a aussi une grande importance ; si le malade est employé à des travaux de dessèchement d'un marais, de curage d'étangs ou de fossés, à des travaux de terrassement ou de culture, s'il s'agit d'un jardinier ou d'un moissonneur, d'un voyageur, d'un chasseur ou d'un soldat qui a traversé des localités insalubres, les probabilités sont en faveur du paludisme ; elles sont en faveur d'un autre diagnostic, si le malade a des occupations qui le retiennent à la ville, s'il est employé dans un magasin ou dans un bureau.

d. Saison. — Dans la plupart des contrées palustres, les fièvres

deux lames porte-objet et quatre lamelles couvre-objet, ce qui permet de faire deux préparations de sang frais, et deux préparations de sang desséché. Les préparations faites sont remises dans Tenveloppe sur laquelle on inscrit le numéro de la salle et <lu lit, le jour et l'heure de la prise de sang. La visite terminée, si Ton est dans un hôpital, on procède à loisir à Texamen des dilTérenti» échantillons de sang.

ne régnent que pendant une partie de Tannée, dite périod< endémo-épidémique ; nous avons vu qu'en Algérie, cette période s'étendait de juin à novembre, et qu'en dehors de ces limites i était très rare de voir survenir des fièvres de première invasion.

Pendant l'hiver on ne rencontre guère que des fièvres intermit tentes, qui sont d'autant plus faciles à reconnaître que les malades ont eu antérieurement une ou plusieurs atteintes de fièvre; on peut dire, si singulière que la chose paraisse, que le diagnostic des fièvres palustres ne présente de sérieuses difficultés qu'en été; c'est alors que régnent les continues palustres, si difficiles à distinguer de l'embarras gastrique fébrile et de la fièvre tj-phoïde, les accès pernicieux délirants ou comateux, si semblables aux accidents produits par l'insolation, par la méningite ou par l'alcoolisme, les bilieuses graves, les accès cholériformes dont la symptomatologie a une si grande analogie avec celle du choléra, la dysenterie enfin qui peut venir compliquer la fièvre palustre.

e. Antécédents morbides, — La connaissance des antécédents morbides est d'un grand secours pour le diagnostic ; si un fébricitant a eu antérieurement une ou plusieurs atteintes de fiè\Te intermittente, il y a des chances sérieuses pour que les accidents qu'il présente relèvent du paludisme.

Les accès pernicieux ne se développent presque jamais d'emblée; il est donc très important, étant donné un malade atteint d'accidents graves, de s'enquérir s'il a eu déjà des accès de fièvre.

L'existence antérieure d'accès de fièvre intermittente ne fournil toutefois qu'une présomption; le médecin qui rapporterait au paludisme tous les accidents observés chez d'anciens fébricitants aurait de nombreux mécomptes. J'ai cité dans le chapitre vn quelquesunes des maladies intercurrentes du paludisme ; pour être complet, il aurait fallu épuiser le cadre nosologique, toutes les maladies pouvant venir se greffer sur le paludisme.

« La fièvre paludéenne, dit Dutroulau, est de toutes les maladies d'un môme climat, celle qui a le plus d'affinité pour les autres. » {Op. cit., p. 236.)

f. Aspect général, teinte terreuse. — Le faciès des malades qui ont des fièvres palustres graves est quelquefois très caractéristique; la pâleur de la face et sa teinte terreuse permettent presque de faire le diagnostic à distance, comme l'aditBailly*.

1. Bailly, Traité anatomc-pathol. des fièvres intermit., Paris, 1825, p. 401.

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