PRINCIPAUX SIGNES
Il serait imprudent toutefois d'attribuer une trop grande impor-
nce à ce signe; chez les individus qui sont impaludés depuis peu
face est injectée, animée, vultueuse, ou *bien la physionomie
IKprime la stupeur, comme dans la fièvre typhoïde à forme adyna-
Hique.
g. Hypersplénie. Procédés dC exploration de la rate. — L'augmen-
ition de volume de la rate fournit au diagnostic un de ses élé-
Bents les plus importants.
A la vérité, si Thypersplénie est constante, elle est souvent peu marquée dans les fièvres de première invasion et, d'autre part, on l'observe dans un grand nombre de maladies étrangères au paludisme.
Dans la fièvre typhoïde, dans la septicémie et dans la plupart des maladies infectieuses, la rate est augmentée de volume.
Dans la leucémie splénique, dans la splénomégalie primitive, dans les cirrhoses du foie, la rate peut acquérir les mêmes dimensions que dans la cachexie palustre.
Les tumeurs de la rate (abcès, kystes hydatiques, etc.) modifient souvent sa forme, ce qui facilite le diagnostic.
L exploration de la rate doit être faite au moyen de la palpation et de la percussion.
Pour la palpation, le malade est placé dans le décubitus dorsal ; après s'être assuré que les muscles-abdominaux sont dans le relâchement, on déprime la paroi abdominale au-dessous des fausses côtes du côté gauche; dans les cas où la rate dépasse les côtes, on arrive sur un plan résistant et il est facile de délimiter par la palpation la partie inférieure de la rate.
M. le D' Catrin a conseillé de placer la main droite dans le flanc gauche du malade, en appuyant légèrement, puis de remonter peu à peu jusqu'à ce qu'on sente le rebord inférieur de la rate '.
Ce procédé est bon, mais il est évidemment insuffisant; la rate peut être augmentée de volume sans dél)or(ler notablement les fausses côtes, elle est parfois si molle qu'on la trouve difficilement en procédant ainsi, enfin elle peut être déplacée.
Il me paraît indispensable, pour apprécier exactement les dimensions de la rate, d'associer la percussion à la palpation.
On a dit que la percussion de la région splénique était douloureuse, chez les palustres, et qu'elle pouvait provoquer des ruptures de la rate.
i. Catrcv, Soc. méd. des hôp., M janv. 1896.
Il est rare que la douleur splénique soit assez forte pour contn indiquer la percussion.
Quant à la crainte de provoquer la rupture de la rate en la pci cutant, rien ne me paraît la justifier; si une percussion brutale ei dangereuse, la palpation faite dans les mômes conditions Test a moins autant; on peut se borner d'ailleurs, une fois qu'on reconnu la partie inférieure de la rate par le palper, à délimita par la percussion la partie supérieure qui est protégée par la cag thoracique.
On fait coucher le malade dans la position intermédiaire enti le décubitus dorsal et le décubitus latéral droit complet, el on pei cute sur une ligne allant de la partie moyenne de Faisselle à Tépin iliaque antéro-supérieure gauche. A Tétat normal la rate ne dono sur cette ligne que 3 à 4 cm. de matité (de la 9* à la H* côte).
La partie supérieure de la rate, située sous le diaphragme, e séparée de la paroi thoracique par une lame pulmonaire, échap|)ei la percussion ; par suite, la hauteur vraie de la rate est toujour notablement supérieure (d'un tiers au moins et quelquefois A moitié) à celle qu'indique la percussion; les chiffres de 10, 12 cm de matité annoncent une hypersplénie déjà très prononcée.
On détermine la largeur de la rate en percutant sur une ligm perpendiculaire à la première ligne de percussion.
Comme les rapports de la rate avec les parois thoracique e abdominale sont variables, il est nécessaire de pratiquer toujoun la percussion dans la môme position, afin d'avoir des résultat comparables. ,
D'après Ziomssen la percussion de la rate dans la station deboul fournit des données plus exactes que la percussion dans la positioi semi-latérale*. La percussion dans cette <lernière position est pluj commode, moins fatigante pour les malades quand ils ont la fièvre ou qu'ils sont très faibles. Contrairement à l'opinion de Ziemssen je ne crois pas qu'il faille essayer d'apprécier par la percussion les dimensions vraies de la rate, en hauteur.
La rate hypertrophiée peut devenir mobile ainsi que nous FavoM vu (p. 208); quand on pratique l'exploration d'une grosse rate palustre, il y a lieu par conséquent de rechercher la mobilité du viscère; on examinera le malade debout après l'avoir examiné couché.
1. Mûnchener med, Wochenschr. Anal, in Méd. moderne, 23 janv. 1897.