‹ Traité du paludisme (volume 3)Chapitre 158 sur 243 · PRINCIPAUX SIGNES · texte numérisé non relu

PRINCIPAUX SIGNES

Les douleurs dpontanées on à la pression qui existent assez souvent dans rhypocondre gauche et qui sont dues à de la périsplénite et à des adhérences de la rate aux parties voisines fournissent au diagnostic une donnée intéressante '.

h. Caractères de la fièvre, — Lorsqu'un malade a tous les jours, tous les deux jours ou tous se trois jours, un accès de fièvre revenant à la même heure, et le plus souvent de minuit à midi, il est difficile de méconnaître une fièvre intermittente palustre; encore faut-il constater les accès.

Certains malades qui n'ont pas trace de fièvre disent avoir des accès, d'autres au contraire ont des accès sans qu'ils s'en doutent. Le frisson manque souvent au début des accès, surtout pendant la saison chaude; et comme beaucoup de malades font consister la fièvre surtout dans le frisson, il arrive que des accès passent inaperçus.

Le médecin, souvent mal renseigné par le malade et par son entourage sur le type de la fièvre, ne doit avoir confiance que dans les indications thermométriques.

Le traitement du paludisme est long et assez dispendieux, il importe donc de ne pas l'instituer, sauf dans les cas d'urgence, avant d'être fixé exactement sur le diagnostic.

Lorsque l'état du malade n'est pas assez grave pour nécessiter une intervention immédiate, et qu'on n'est pas dans un pays où Tendémie palustre a beaucoup de gravité, il est bon de constater deux ou trois accès de fièvre avant d'intervenir, à moins, bien entendu, que l'examen du sang n'ait révélé l'existence des parasites, auquel cas on peut agir immédiatement, le diagnostic n'étant pas douteux.

« On attendra, dit Trousseau •, que plusieurs accès aient eu lieu, pour savoir à quel type on a affaire et surtout pour savoir si c'est véritablement une fièvre intermittente qui commence... En agissant ainsi on ne risquera pas de faire, au début d'une fièvre typhoïde, une médication intempestive ou de croire qu'on a guéri une fièvre intermittente en administrant (juelques-uns de ces prétendus fébrifuges tels que l'écorce de marron d'Inde, le sel de cuisine, etc. »

Dans nos climats cette expectation ne présente aucun danger; dans les pays chauds il faut se défier des accidents pernicieux et,

1. P. Fabrb (de Commentry), Gaz, méd, de Paris^ 15 août 1885.

2. TnousiiSBAU, Clin, méd., t. III, p. 428-430. Lavkran, Paludisme. 20

par suite, on est souvent obligé crintervenir sans avoir déterminé le

type de la fièvre.

L'heure à laquelle se produisent les accès a de Timportance au

point de vue du diagnostic, surtout dans la quotidienne qui peut

être confondue avec une fièvre hectique. On a vu que les accès

palustres commencent d'ordinaire le matin; les paroxysmes de la

fièvre hectique ont lieu au contraire le soir.

Dans les continues palustres, le tracé thermométrique n'a rien

de caractéristique, il diffère peu des tracés que peuvent donner

un grand nombre d'autres maladies.

J'ai constaté quelquefois des rémissions vespérales, chose rare dans les autres pyrexies et dans les phlegmasies; on peut dire aussi que les tracés des continues palustres se font remarquer par leur irrégularité et par la rapidité avec laquelle la température monte ou s'abaisse.

Les accidents pernicieux se produisent presque toujours dans le cours d'un accès de fièvre, ou d'une continue (V. p. 183), et par conséquent il y a une élévation marquée et souvent considérable de la température au début; à la fin des accès algides ou cholériques, la température dos parties centrales tombe souvent à la normale ou au-dessous; je ne parle pas de la température des parties périphériques, qui est toujours abaissée dans ces cas.

Il se produit dans l'état des malades atteints d'accidents pernicieux des changements qui sont plus rapides que dans aucune autre pyrexie et qui, par cela même, sont intéressants pour le diagnostic. On a quitté un fébricitant qui présentait un état typhoïde bien marqué, qui délirait ou qui même était plongé dans le coma; on se demande avec inquiétude s'il passera la nuit et le lendemain on a de la peine à le reconnaître dans un homme affaibli, sans doute, mais sans fièvre.

i. Effets de la médication quiniqiie. — La rapidité avec laquelle la fièvre palustre et les accidents graves qui peuvent la compliquer, se dissipent sous l'influence de la médication quinique, est donnée par tous les auteurs comme un bon signe du paludisme.

Le précepte : naturam morborum curaiiones ostendunt trouve en effet ici une application très juste. Il faut bien savoir toutefois que les fièvres palustres ne cèdent pas toujours aux premières doses de quinine ; les continues palustres persistent quelquefois pendant 3 ou 4 jours malgré l'emploi à haute dose de la quinine. C'est seulement lorsque la fièvre se prolonge au delà de 4 jours, chez un

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