Dit Bo» Saint-Sbvrin, Arch, de méd. nav.^ 1896, p
Laverar. Traité da Paludisme, 2* édition. i5
M6 FOEtMES CLINIQUES
Che2 les cachectiques palustres, le chilTre des leucocytes est d'habitude au-dessous du chiffre normal.
D'après Evans, la proportion des leucocytes aux hématies varie, chez ces malades, de 1 p. 500 à 1 p. 800 et même 900 '.
2° ffypers/'fènie. — La rate est toujours augmentée de volume chez les palustres; l'hypersplénie estdonc un symptâme imporlaot du paludisme, bien <^u'on puisse l'observer dans un grand nombre d'aulres états morbides.
Peu marquée dans les fiè'^Tes récentes, l'hypersplénie augmente à mesure que les rechutes se multiplient et elle atteint son maximum chez les cachectiques.
La matilé splénique qui, chez l'homme sain, n'a que Ski cm. en hauteur', atteint dans les fièvres palustres récentes 8. 10, 12 cm.; la raie déborde pluaou moins les fausses côtes,
Durand de Lunel dit avoir constaté que la rate est en général plus volumineuse le matin que le soir chez les malades atteints de fièvre palustre ' et il a construit, sur celte donnée, toute une théorie de la fièvre intermittente. Il me parait impossible de mesurer les dimensions de la rate à quelques millimètres près, comme prétendait le faire Durand de Lunel.
La raie se tuméfie au moment des accès et, comme les accès se produisent d'ordinaire de minuit à midi, on s'explique qu'elle soit souvent plus grosse le malin que le soir.
Dans la cachexie palustre, l'bypersplénie atteint des proportions considérables; il n'est pas rare de trouver de 1!S à 20 cm. de matité et de constater que l'extrémité inférieure de la rate descend jusqu'à l'ombilic ou jusque dans la fosse iliaque gauche, la rate hypertrophiée occupe parfois toute la moitié gauche de l'abdomen.
La rate des cachectiques palustres, qui est dure et qui dépasse toujours notablement les fausses eûtes, est facile à limiter par ta palpation dans sa partie inférieure. ^
1. EïuMS. Bril. ni«d. Journ., lB«t, p. 780. — Kblsch, op. «"(.
2. L'Él^ndijp de lo raalilO splénique ne correspond pat nux dimensioi de la rate dooL la partie supérieure, silure bous le diapbroeme el sépara da li paroi thoraciquc pat le poumon, échappe à la percussion. La hauteur vraie deU raie, dans les cas d'hypertrophie légère ou moyenne, s'élève souvent au iloDble dn chiffre de la matilé. A propos du diafooslic, je reviendrai sur les proei-dés d'nploralion de la rate.
3. Durand de Lunel a prnliqué dans 2 176 cas la percussion de la rett> malin ri soir chex lea paluslre:»; dans I 500 cas la raie a été trouvée plus voluniineuM' \e matin que le soir, daus 3BI cas plus volumineuse le soir que le malin. enHn dul 2S3 cas le volume i-la'H le m^nie le maiiu 9oiT(G(u. nu<rf. dr Farit. IgtO),
Parfois la rate hypertrophiée devient mobile. La périsplénite est commune, presque constante chez les cachectiques, aussi les malades accusent-ils souvent des douleurs plus ou moins vives dans la région splénique.
Nous avons vu plus haut que, chez les cachectiques, le nombre des leucocytes, loin d'être augmenté, tombait souvent au-dessous du chiffre normal. On comprend que Thypersplénie paluslre n'ait pas les mômes conséquences que Thypersplénie leucémique; si le volume delà rate peut atteindre, dans les deux cas, les mêmes proportions, les lésions sont bien différentes; dans la leucémie c'est le tissu adénoïde qui s* hypertrophie, tandis que, dans le paludisme, rhypersplénie est due, comme nous le verrons (Ch. IX), à rhyperplasie du tissu conjonctif et au développement du réseau vasculaire.
3** Classement des formes cliniques. — On peut rapporter les manifestations cliniques du paludisme aux formes suivantes : fièvre intermittente; fièvre continue ; cachexie palustre; accès pernicieux ; formes larvées.
Cette division est indispensable pour mettre un peu d'ordre dans Tétude des manifestations cliniques du paludisme, mais il faut se rappeler que ces fypes peuvent se combiner de bien des manières et qu'il existe beaucoup de formes intermédiaires.
Les accès prolongés et subintrants établissent une transition entre Tintermittente et la continue palustre ; entre les fièvres intermittentes ou continues simples et les accès pernicieux, on trouve des fièvres graves que Ton peut classer, à volonté, dans Tun ou l'autre groupe ; il est très difficile de dire où commence la cachexie; enfin la cachexie s'accompagne presque toujours de rechutes de fièvre intermittente, et elle se complique parfois d'accès pernicieux. On a quelquefois divisé le paludisme en aigu et chronique; cette division, qui s'applique bien à l'étude de l'anatomie pathologique, parce que les lésions sont très difTérentes chez les individus qui succombent rapidement au paludisme et chez les cachectiques, se prête mal aux descriptions cliniques.
La fièvre intermittente s'observe aussi bien au début du paludisme que dans les formes les plus anciennes ; les accès pernicieux qui, au premier abord, semblent relever du paludisme aigu se produisent plus souvent chez les cachectiques palustres que dans les fièvres de première invasion.
La continue palustre a, il est vrai, toutes les allures d'une
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maladie aiguë, mais ici CBCore il faut remarquer que le malade qui vient de faire une continue palustre reste sous le coup de rechutes de fièvre intermittente qui se produisent dans la plupart des cas. On peutdireque le paludisme, quand il ne donne pas lieu à des accidents rapidement mortels, se comporte presque toujours comme une maladie chronique.
III. Fièvres intermittentes. — A. Des types. — La fièvre inte^ inittente, quand elle est régulière, se rapporte presque toujours à un des types suivants :
Type quotidien, caractérisé par des accès revenant tous les jours:
Type tierce, caractérisé par des accès revenant tous les dcui jours;
Type quarte, caractérisé par des accès revenant tous les trois jours.
Les tracés thermométriques reproduits dans les figures XXI, XXII et XXIII sont caractéristiques de ces trois types classiques.
Le tracé XXI est celui d'une fièvre intermittente quotidienne: