‹ Traité du paludismeChapitre 123 sur 291 · Duguet, Soc, de Biologie · texte numérisé non relu

Duguet, Soc, de Biologie

2. P. Moscato, Morgagni, novembre 1895. — G. Fazio, Giorn, med, del R* EsereilOi 31 mai 1800.

I. Épistaxis. — Les épistaxis sont fréquentes et quelquefois elles constituent, par leur abondance, une grave complication.

Un de mes malades eut, à la suite d*un accès pendant lequel la température s'était élevée à 40°, 7, une épistaxis qui dura une partie de la nuit. Le matin, je trouvai le malade dans un état de coUapsus très alarmant; le pouls était filiforme, les extrémités étaient froides, le thermomètre placé dans Faisselle ne marquait que 35°. Heureusement l'hémorragie s'était arrêtée ; grâce à la quinine et aux stimulants qui furent administrés rapidement, le malade se rétablit.

Le tamponnement des fosses nasales aurait été indiqué dans ce cas, mais le médecin de service n'avait pas été appelé.

J. Troubles nerveux, — Le malaise général qui précède l'apparition des accès de fièvre, et le frisson qui en marque d'ordinaire le début, méritent de figurer en tète des troubles du système nerveux qui accompagnent la fièvre intermittente.

La céphalalgie et la rachialgie ont souvent, pendant les paroxysmes fébriles, un caractère d'acuité qui appelle l'attention.

Il n'est pas très rare d'observer du subdélire pendant la période de chaleur, au moment où la courbe thermométrique de l'accès atteint son fastigium; lorsque les phénomènes nerveux sont plus marqués, les accès méritent de prendre place parmi les accidents pernicieux.

K. Hj/persplénie. Point splénique. — L'hypersplénie, qui est constante, est moins marquée dans les fièvres récentes que dans les fièvres de rechute.

Les malades accusent souvent, au moment des paroxysmes fébriles, une douleur vive dans la région splénique ; cette douleur dépend de la turgescence de l'organe, de la distension de la capsule et du péritoine, et de la périsplénite qui est commune ; le point splénique n'est pas spécial du reste à la fièvre palustre, je l'ai observé plusieurs fois, avec un degré d'intensité au moins égal, chez des malades atteints de fièvre typhoïde.

Lorsqu'il existe une douleur spontanée, la pression est toujours douloureuse au-dessous des fausses côtes du côté gauche; mais il peut se faire qu'on rencontre des douleurs à la pression chez des sujets qui n'accusent pas de douleurs spontanées.

Le volume de la rate augmente au moment des accès et diminue lorsque la fièvre a cédé sous l'influence du traitement spécifique.

Lavbiuv, Traité da Paladisme, 2« édition. i 6

La rate reprend son volume normal d'autant plus facilement que le paludisme est moins ancien.

Dans les fièvres intermittentes de rechute et surtout dans la fièvre intermittente des cachectiques, la rate reste volumineuse dans l'intervalle des rechutes, bien que la diminution de volume soit encore sensible pendant les périodes apyrétiques.

L. Troubles gastro-intestinaux. Congestion du foie. — Les accès de fièvre intermittente s'accompagnent souvent de vomissements alimentaires ou bilieux, quelquefois de diarrhée.

Chez les malades qui ont eu antérieurement de la dysenterie, les paroxysmes fébriles sont quelquefois marqués par des rechutes de dysenterie.

Les troubles gastro-intestinaux qui accompagnent la fièvre intermittente sont moins persistants, en général, que ceux qui s'observent dans les autres fièvres; l'accès une fois terminé, l'appétit revient assez vite.

Le foie est souvent augmenté de volume, mais l'hypertrophie du foie est moins constante et en tout cas beaucoup moins marquée que celle de la rate.

M. Urines. Modifications quantitatives ou qualitatives. Degré de toxicité. — Les modifications quantitatives et qualitatives de la sécrétion urinaire, chez les malades atteints de fièvre intermittente, ont été étudiées par Mossé, Jaccoud, Brousse, Roque, Lemoine et Rem-Picci*.

Après les accès de fièvre intermittente, on observe souvent une légère polyurie. La quantité d'urine émise dans les 24 h. varie de 2 1. 1/2 à 3 1. 1/2; elle atteint parfois 5 1.

Cette polyurie ne s'accompagne pas d'une azoturie proportionnelle; la quantité des sels reste élevée, aussi la densité de l'urine est-elle à peu près normale (Mossé).

Rem-Picci a observé cette polyurie épicritique de la fièvre intermittente 60 fois sur 150 cas; quelques faits tendent à prouver que la polyurie, très passagère en général, peut se prolonger.

La polyurie qui survient pendant l'accès de fièvre peut s'expli-

1. Mossé, Excrétion urinaire dans le paludisme. Semaine méd,y i888, p. 378, et i893, p. 389. — Jaccoud, Rapport entre Texcrétion de Purée et rapparition des accès de fièvre intermit., Gaz. méd. de Paris, 1888, p. 133. — Brousse, Rech. sur la toxicité urinaire dans le paludisme, Soc. de méd. et de chir. pratique» de Montpellier^ 14 mai 1890. — RoQUB et G. Lemoinb, même sujet, Revue de médecine^ 1890, p. 926. — G. RsM-Pica, La sécrétion urinaire dans Tinfection malarique, Rome, 1806. Extrait du Bulletin de VAcad. de méd. de Rome, 1895-1806.

Hvier par Taugmentation de pression sanguine qui accompagne le *^îsson*; il n'en est plus de même pour la polyurie épicritique.

11 est évident qu'il faut tenir compte de la soif ardente qui tour- ^^ente les malades pendant Taccès et qui nécessite Tabsorption ^lune grande quantité de boisson.

L'activité des oxydations et de la dénutrition des tissus pendant les paroxysmes fébriles explique l'augmentation du chiffre de l'urée et des sels.

L'augmentation de l'urée, constante comme dans toutes les fièvres, n'est pas en rapport direct avec l'élévation de la température. Déjà avant que la température ne s'élève, chez un malade qui est en imminence d'accès, il existe une augmentation de l'azote des urines et, lorsque la fièvre intermittente est coupée à l'aide de la quinine, on constate une augmentation d'urée le jour où devait se produire un accès, bien que la température du malade ne s'élève pas au-dessus de la normale '.

Il résulte des recherches de Traube et Jochmann, de Sydney Ringer et de Frànkel, que l'élimination de l'urée atteint son maximum pendant le frisson.

Quelquefois la forte élimination de l'azote a lieu après l'accès de fièvre; on s'explique que l'élimination de l'urée formée pendant l'accès puisse être tardive, par suite de la diminution de la diurèse au moment du paroxysme fébrile.

L'élimination de l'acide urique ne paraît pas être sensiblement influencée par l'accès de flèvre, non plus que l'acidité de l'urine.

Pendant l'accès, la quantité de chlorure de sodium et celle des sulfates éliminés par les urines augmentent, les phosphates seuls sont en diminution constante ^

La quantité de fer est augmentée (0 gr. 0093 au lieu de Ogr. 0013), ce qui est en rapport avec la destruction rapide des hématies ^

D'après les recherches de Martin Solon, il existerait de l'albuminurie dans le quart des cas^ La proportion indiquée par Martin Solon est exceptionnelle dans les fièvres simples. Il s'agit presque toujours d'une albuminurie transitoire, qui disparait rapidement

Page 1