‹ Traité du paludismeChapitre 158 sur 291 · Olieerv. LU de mon Traité des fièvres palustres · texte numérisé non relu

Olieerv. LU de mon Traité des fièvres palustres

directe du paludisme et il y aurait lieu d*admettre : une pneumonie palustre intermittente, une fièvre rémittente pneumonique et même une fièvre pernicieuse pneumonique.

L'existence de ces formes est très contestable.

J'ai constaté plusieurs fois, chez des cachectiques palustres atteints de pneumonie aiguë, qu'il n'y avait pas d'éléments parasitaires dans le sang pendant l'évolution de la pneumonie. D'autre part, il résulte des recherches de Baccelli, de Bignami, de Guarnieri et d'Ascoli ' que, chez les palustres atteints de pneumonie, on trouve constamment des pneumocoques dans les crachats.

Chez certains malades atteints de fièvre intermittente, on observe, à chaque accès, une congestion pulmonaire qui s'accompagne de bouffées de râles sous-crépitanls, ce qui a pu faire croire à l'existence d'une intermittente pneumonique.

En dehors du paludisme, on observe d'ailleurs des pneumonies qui procèdent par poussées successives, avec intermittences dans le processus fébrile*.

c. Pneumonie chronique. — La pneumonie chronique vraie ou cirrhose pulmonaire n'est pas rare chez les cachectiques palustres'.

La pneumonie chronique évolue lentement et donne lieu à des symptômes qui rappellent, de très près, ceux de la phtisie pulmonaire; il existe des dilatations bronchiques qui simulent très bien les cavernes tuberculeuses, des hémoptysies, de la fièvre hectique.

Dans la pneumonie chronique, la localisation aux sommets est moins marquée que dans la tuberculose ; encore de Brun admetil que la pneumonie chronique palustre se localise souvent sur les sommets.

Pour ce diagnostic différentiel il faut tenir compte des antécédents morbides, de l'état général, et surtout des données fournies par l'exploration de la rate et par l'examen des crachats et du sang.

1. BioNAMi, Rech. sur Panot. path. des flèvres pernic, Acad, de méd, de Borne, 1890. — ÂSGOLi, Suir utilita dell' esame del sangue nella diagnosi di malaria, Roma, 1892.

2. Jaccoud, Pneumonie à reprise, Leçons de clin. méd. de la Pitié, 18S4-1885, p. 637. — Bertrand, Des anomalies du type fébrile dans la pneumonie flbrineuse, Revue de méd., 10 juillet 1889. — Andrew Clark, Progrès méd., 1885, p. 061.

3. Hesghl, Ueber Lungen Induration, Prag. Viertelj., 1856. — A. LAYniAif, Soc. méd, des hôp., 26 déc. 1879. — E. Lancbreaux, Du paludisme, BuUetin médical, 1891 1 p. 959. — OuBER, Pseudo-tuberculose d'origine palud., Th. Lyon, 1804. — Di Brun, Pneumo-paludisme du sommet, Acad. de méd.^ 29 janv. 1895, et Revue de médecine, p. 361. — Hameun, Étude sur le pneumo-paludisme. Th. Paris, 1806. — Gaidb, Pseudotuberculose d'origine palustre, Ann, d'hyg, et de méd, colon., 1003, t. VJ, p.

Le tuberculeux présente rarement les signes de la cachexie palustre, sa raten'est pas hypertrophiée et Texamen des crachats révèle la présence du bacille de Koch.

Chez les sujets atteints de pneumonie chronique d'origine palustre, la rate est augmentée de volume, les crachats ne renferment pas de bacilles de Koch et, si le malade a une rechute de fièvre intermittente, on constate la présence de Thématozoaire du paludisme.

d. Bronchite y asthme^ etc. — On a vu (p. 296) que quelques observateurs mettent la bronchite et Tasthme au nombre des accidents larvés du paludisme ' ; j*ai discuté cette opinion et j*ai montré qu*il s'agissait très probablement, non de manifestations directes du paludisme, mais de complications dans lesquelles le paludisme, en affaijblissant l'organisme, jouait seulement le rôle de cause prédisposante. On s'explique ainsi que les bronchites dites palustres a.ient été observées principalement dans des climats, comme le climat du Caucase, où les variations de température sont brusques et considérables et dans lesquels l'endémie palustre est grave.

e. Pleurésie. — La pleurésie est une complication rare du paludisme.

Raymond a appelé l'attention sur les pleurésies de la base gauche qui, d'après lui, seraient communes chez les palustres à grosses rates; ces pleurésies, d'ordinaire sèches, se révéleraient par l'existence de frottements pleuraux à la base de la poitrine, du côté gauche*. Raymond suppose que les douleurs qui existent souvent chez les palustres au niveau de Thypocondre gauche, doivent être attribuées à la pleurésie de la base; il n'est pas douteux que ces douleurs relèvent, en général, de la périsplénite que Ton constate presque toujours à l'autopsie des anciens palustres, tandis que les plèvres sont à l'état sain.

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