Statistique médicale de Tarmée pour
3. Simon, Étude médicale sur la ville de Saumur, Saumur, 1898.
De l'embouchure de la Gironde à celle de l'Adour. la cftte, autrefois 1res insalubre (Landes), a élè assainie par la lixation des tlunus, la plantation de [>ins maritimes et la mise en culture du sol.
Sur le littoral méditerranéen, la côte située h l'est de l'emboi chure du Rhône est élevée et salubre; au contraire celle qui t située à l'ouest de cette embouchure est basse, man'-cnpeuse el pa£ suite insalubre; les fièvres y sont très communes ainsi que dam l'tle de la Camargue et le long du canal de Beaucairn à AîgiieSâ Mortes qui traverse une série de marais.
La côte orientale de la Corse est insalubre; les eaux sta^nantegj marais, étants, occupent une vaste étendue; la plaine d'Aléri les régions voisines des vastes étangs de fiigu<!lia, de Dian d'Urbino sont désolées par le paludisme. Les cours d'eau sont i torrents; leurs embouchures sont obstruées par des atluvions qui déterminent, en été, la formation de marécages.
Lorsque do llaslia on se rend à Aléria, par la voie ferrée qui suit le littoral oriental de la Corse, on est frappé de constater qu'il n'existe aucun centn» habité, aucun village à proximité du chemin de fer; on nu voit aux stations que les gares; les villages sont situés sur les bauteurs, souvent à une grande distance des station qui portent leur nom. L'insalubrité de la plaine expli<jue celtf anomalie; une expérience séculaire a démontré aux habitants it^ cette région que, pour éviter les fièvres, il fallait se réfugier, principalement la nuit, sur les hauteurs. Dans ces conditions, la culture du sol est difficile, aussi cette plaine i cependant, a-t-olle été envahie par le maquis < partie de son étendue '.
Kn dehors de la côte orientale, on trouve i foyers moins importants de paludisme.
Au temps des Uomains, les plaines de k Cors et fertiles, la ville d'Aléria était grande et prospère; on peut donc espérer que l'assainissement de ces plaines si belles et si fertiles pourra être obtenu. Nous verrons au chapitre Prophylaxie que les elTorts de la Ligue corse contre le paludisme ont des résultats remarquables,
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nom de Dombes et la Sologne étaient naguère de redoutables foyers de Tendémie palustre.
Les habitants de la Dombes avaient transformé une grande partie de leurs propriétés en étangs à poisson qui étaient exploités pendant deux ans, puis vidés et ensemencés; cette alternative d'inondations et de dessèchements était bien faite pour développer Tendémie palustre, qui prit en effet une extension telle que cette région fut ruinée et se dépeupla. De 1802 à 1842, la vie moyenne des habitants de la Dombes ne dépassait pas vingt-quatre ans. Les travaux d'assainissement qui ont été pratiqués depuis cinquante ans ont modifié heureusement cette situation; plus de la moitié des 200000 hectares de terrains alternativement novés et asséchés avaient été reconquis à la fin du siècle dernier par la culture '.
Le paludisme règne encore, dit Delore en 1899, à Birieux et à Montellier, et c'est dans ces localités que les étangs ont conservé la plus grande étendue.
En 1901, une loi très imprudente a été votée permettant de remettre en eau les étangs de la Dombes qui avaient été desséchés; depuis lors on a noté dans cette région, comme on pouvait s'y attendre, une recrudescence du paludisme.
La Sologne (départements actuels du Cher, de Loir-et-Cher et du Loiret) et la Brenne (Indre) doivent leur insalubrité, comme la Dombes, à la constitution du sol, dont les couches superficielles, très peu perméables, favorisent la formation des étangs et des marécages; la déplorable industrie des étangs à poisson a accru cette cause d'insalubrité.
La Sologne, qui s'étend entre la Loire et le Cher, est une plaine légèrement onduleuse dont le sous-sol argileux est imperméable; les cours d'eau, dont la pente est très faible, débordent facilement, ce qui donne lieu à la formation de marécages.
Jusqu'en 1450, la Sologne avait été un pays très salubrc et très prospère; à la suite de la guerre de Cent Ans, le pays s'appauvrit et se dépeupla; on créa partout des étangs et la culture du sol fut abandonnée. Au commencement du siècle dernier, on comptait en Sologne 12 000 étangs occupant 17 000 hectares.
En 1386, à la suite du dessèchement des étangs de la ville de
I. RoLLET, Étangs de la Domhes, Ann. (Vhyg. publ.. 1802, 2* série, l. XVIII, p. 225. — Passerat, Étangs de la Dombes en 1808, Bourg, 1897. — Bollach, TIi. Lyon, 181)8. — X. Delore, Des étangs de la Dombes, Lyon, 1899. — Bondet, Congrès de CAssoc fr. pour l'avanc, des <c., Lyon, 1906.
Rumoranlin, uoe épidémie de lièvres palustres fit ua grand nombre de victimes.
En 1833, les Solognots vivaient dans un état misérable qui a été bien décrit par Monfalcon ' et Burdel, île Vierzun'. La Sologne ■ était inculte et marécageuse dans la moitié au moins de sa super- j ficie; les habitants, misérables, n'ayant qu'une nourriture insuffî- ] santé et de l'eau de mauvaise qualité, étaient inipaludés dans une | très forte proportion.
Depuis 18K2 on travaille â assainir la Sologne, on a creusé des J canaux, drainé le sol sur un grand nombre de points, desséchél les étangs les plus insalubres; ta surface cultivée s'est considéra- 1 blement accrue: cliez la plupart des habitants l'aisance a remplace 1 la misi^re, et la conséquence <le toutes ces améliorations a été la j diminution progressive de l'endémie palustre'.
Le paludisme, autrefois commun dans la Puisaye, a également 1 disparu presque complètement de cette région voisine de la ] Sologne '.
I>a Itrenue est située dans la partie occidentale du département 1 de l'inilre; c'est un jdaleau d'argile et de marne imperméable qui | a plus (le 100 000 hectares de superficie. L'insalubrité n'a commencé qu'avec le déboisement et la création de nombreux étangs; en 1860, les surfaces inondées représentaient encore 6 274 bec- J tares*; comme en Sologne, les travaux d'art exécutés et losprogrèaJ lie la culture ont eu pour elîet une décroissance marquée i l'endémie.
A Strasbourg, les fièvres palustres ont régné pendant longtemps;'! il y avait, à la Krutenau, un marais entretenu par les débordements! de l'Ill, et plus loin d'autres marais longeant le Ithin. En 1832,' l'endémie palustre était encore très grave et les médecins de Strasbourg avaient souvent l'occasion de traiter, non seulement de» lièvres intermittentes, mais des fièvres compliquées d'accidents pernicieux; depuis lors, les marais ont été desséchés. l'Ill et 1 Rhin ont été endigués, et les fièvri's sont devenues très rares.
Le paludisme s'observe avec une grande fréquence sur tes rivei
1, UaHrALCOit. IliMuire tiiéil. ôw inar«i», pHri», 1X30.
2. Burdel, De In ilrp^niTi-sci-iifi- i.nluslrc, Pnris, 1873. :i. Thivaro, Tti. l'nris, ISNIl.
t. L. RocBÉ. Le paludisme en PuîMvr: A. I^vauAH, Happart à l'Arail. <fe n
aO mai ISBQ.
.1. (Uldon. Or la Breiinc il dr «^ 6lniig«. U' BIuih-, 1860. — ItifiTiitKrr), Etude» statiiL^l M>r le ri>vriil.>m.-iit iNiii> I,- rlc'|>nrli'<ii.!nl '1- riii<)iv. n.r. rM». 'h nifd. mIUI., tmi.
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du Danube et de ses affluents, en Hongrie, en Bulgarie, en Roumanie, dans la Dobrudscha, en Morée.
Dans l*Europe centrale, le type dominant est le type tierce; à Tubingue, Griesinger* a compté, sur 414 cas de fièvre intermittente : 268 tierces (64,9 p. 100), 122 quotidiennes (29,2 p. 100), 3 quartes et 21 irrégulières.
Mannaberg, à Vienne, sur 143 cas de paludisme, a observé 88 tierces et 8 quartes; aucun des malades atteints de quarte n'avait contracté la fièvre aux environs de Vienne*.
X. Lewkowicz, qui a étudié le paludisme à la clinique des enfants à Oacovie, a noté, sur 446 cas, 406 tierces ou quartes régulières et 40 fièvres à longs intervalles et malignes \
Parmi les régions de TEurope les plus éprouvées par le paludisme, il faut compter encore la Russie du Sud : embouchures des grands fleuves dans la mer Caspienne, la mer d'Azov et la mer Noire, Bessarabie, Tauride, Crimée, vallées du Kour et du Rion, ancien Phase, Caucase.
D'après la Statistique médicale de l'armée russe, la morbidité due au paludisme a été, en 1893, de 210 p. 1000 dans le Caucase, c'est-à-dire aussi forte que dans notre armée d'Algérie; dans le territoire de Kazan elle a été d'environ 100 p. lOOO*.
Gabritschewsky donne, pour la région de VVoronesch (Russie), les chiffres suivants concernant la répartition des types.
Sur 191 cas de paludisme, on a noté :
Fièvre tierce 130 cas, 72,9 p. 100.
— quarte 7 — 3,7 —
Eslivo-automnale 44 — 22,9 —
Tierce + eslivo-aulomnale 1 — 0,5 —
Au Caucase, sur 166 palustres examinés, les petits parasites ont été trouvés 111 fois, soit dans 67 p. 100 des cas, et les grandes formes 55 fois, soit dans 33 p. 100 des cas\
1. Gribsinger, Traili' dcM iiinlnd. inftM-ticuses, Trad. fr., 2* édil., p. 31.