Caussaob, Mouard, Soc. méd. des hop., 4 novembre
décider de la nature de la fièvre, )e médecin devra recaurir i l'examen du sang.
Fièvre typhoïde. — La fièvre typhoïde se disting'ue de la fiène intermittente par la continuité du mouvement fébrile; il faut savoir loutefois qu'il existe des fièvres typhoïdes dans lesquelles la température est normale le malin, pendant presque tout le cours de la maladie.
J'ai recueilli plusieurs exemples de ces Bèvres typhoïdes atypiques; un tracé thermom étriqué remarquable à cet égard m'a élé fourni par un malade entré à l'hûpital de Constantine pour dysenterie- Ce malade était convalescent de sa dysenterie, lorsqu'il contracta dans les salles la fièvre typhoïde. La plus haute tempéralur» observée le malin, pendanl la période d'état, fut de 38», el ce chiffre ne fut alteintque deux fois; pendant la période des grandes oscillations, la température du matin tombait à 36°, et m<>me à 35", tandis que le soir elle montait k 40", 6 et iû^jS; plusieara fois l'ascension de la température fut accompagnée de frissons, si bien qu'il était difficile de ne pas croire à l'existence d'une liè^xe intermittente palustre; ce malade n'était pas sous l'iiifiuence du paludisme, l'exaroen du sang était négatif, et la quinine n'avail aucune action sur la fièvre.
On a décrit, sous le nom de lièvre typbo'ide sudorale, une fome de fièvre typhoïde qui diflère de la forme classique. Les paroxysoiM fébriles sont très marqués et s'accompagnent de sueui-s al>ondante^. ce qui pourrait faire croire à l'existence d'accès de (ièvpc inlermittente. Les troubles nerveux et abdominaux ont peu d'intensité. La durée moyenne est de cinq semaines'. Quelques auteurs oal considéré cette fièvre comme une variété de typho-malarienne; il paraît bien probable qu'elle n'a rien à voir avec le paludisme, on l'observe en effet en dehors des foyers palustres et elle ne c^de pas à la quinine.
C'est naturellement le diagnostic différentiel de la continua palustre et de la fièvre typhoïde qui présente le plus de difficultcs, on a vu (p. 251) combien étaieut grandes les ressemblances symptomatiques de ces deux pyrexies; ce diagnosUc présente cependant, au point de vue pratique, un graml intérêt, car il s'a^t iie formes communes dans les pays chauds, et les indication» thérapeutiques sont très différentes, sutTaot qu'un « afTaîiv
). Jaccoud, De la typlmide sudorale. Stmaine mMiealf. 10 Kvner 181PT.
à un typhoîdique ou à un malade atteint de continue palustre.
Les caractères différentiels que Ton donnait autrefois sont tous insufGsants^
Si le malade vient d*une localité notoirement insalubre, il y a des chances pour que la fièvre soit de nature palustre, mais c'est là seulement une présomption.
On a dit que, chez le typhoîdique, on constatait de la sensibilité à la pression dans la fosse iliaque droite, tandis que chez le palustre, il y avait de la sensibilité à la pression dans la région splénique, au dessous des fausses côtes du côté gauche, et que, dans le paludisme, Thypersplénie était plus marquée que dans la fièvre typhoïde.
On peut trouver, chez les malades atteints de continue palustre, de la diarrhée, du gargouillement et même de la sensibilité à la pression dans la fosse iliaque droite ; chez les typhoïdiques, il peut y avoir, par contre, de la constipation, et la sensibilité abdominale n*est ni constante, ni toujours exactement localisée dans la fosse iliaque droite; quant à Thypersplénie, elle n'est pas toujours plus marquée dans la continue palustre que dans la fièvre typhoïde.
Les taches rosées lenticulaires sont caractéristiques de la fièvre typhoïde, du moins je ne les ai jamais rencontrées pour ma part dans la continue palustre, mais elles peuvent faire défaut dans les fièvres typhoïdes les plus authentiques et, d'ailleurs, elles De se montrent que vers le huitième jour de la maladie.
L'action de la quinine fournit une donnée précieuse : si la médication quinique fait tomber la fièvre au bout de deux, trois ou quatre jours, c*est qu*il s'agissait probablement d'une continue palustre; si la flèvre persiste le quatrième jour, alors que le malade a déjà pris 5 à 6 grammes de quinine, on peut en conclure, presque à coup sûr, qu'on a afTaire à une fièvre typhoïde ou à quelque autre maladie étrangère au paludisme. Mais on ne peut faire ainsi qu*un diagnostic tardif et il est évidemment à désirer que le diagnostic soit posé dès le début de la maladie.
L*examen histologique du sang rend ici les plus signalés services; j'ai diagnostiqué bien souvent ainsi des continues palustres qui avaient toutes les apparences de fièvres typhoïdes.