SouuÉ, Soc, de Biologie, 23 juillet
2. Ph.-H. Ross et A.-D. Milne, Tick fever, Brit. nied. Journ., 26 nov. 1904. — J.-E. DuTTON, W. Mtcrs et J.-L. Todd, Journ. of trop, med., 15 août 1905. — J.-E. DuTTON et J.-L. Todd, Liverpool Sch. of trop, med,^ Mem. XVH, nov. 1905. — R. KocH, Soc. deméd, berlinoisey 31 janvier 1006.
paludisme, on a assez souvent à faire le diagnostic différentiel ie ces deux maladies. '
Les accès de fièvre symptomatiques des abcès du foie écUtoil à des intervalles ïrré^uliers, ils ne cèdent pas à la quinine, la raie n'est pas notablement augmentée de volume, et l'exaineo du iiyw fournit en général des siiçnes plue ou moins décisifs.
L'hypocondi-e druit est le siège de douleur» plus ou mcin' vire»; le foio est augmenté de volume et, dans quelques cas. I.i palpation permet de reconnaître la tumeur formée par l'abcès; ce? signes sont, ù vrai dire, obscurs ou même manquent complètemenl lorsque les abcès se sont développés dans la partie centrale du foie ou h la face convexe.
Il existe ou il a existé pres<]Ue toujours de la dysenterie.
Enfia l'examen du sang, fait pendant les accès de fièvre, e<l négatif.
Pyohémie, septicémie, tiitcès /irofomls, endoertrdite ulcéreuse. — Les accès de fièvre syinplomatiques de la pyohémie. ceux qui s» produisent dans le cours des suppurations internes, ceux encore qui s'observent k la suite du cathétérisme, et dans la lithiase biliaire ou urinaire, sont identiques aux accès de tièiTe intcniiiltente d'origine palustre; dans tous ces cas, l'accès de fièvre présente les stades classiques de frisson, de chaleur et de sueurs.
Les accès d'origine palustre se distinguent souvent par la r^ularité avec laquelle ils reviennent tous les jours, tons les dcQX jours ou tous les trois jours, et par leur prédilection marquée pour les heures matinales.
Les accès de fièvre de la pyohémie éclatent à des intervalles irréguliers et aux heures les plus variées.
Des abcès péri néphrétiques siégeant à gauche ont fait croire quelquefois au paludisme*; il existe, dans l'hypocondre gauche, une tumeur (|ui peut être confondue avec la rate bypertrophiét\ et des accès de fièvre.
I^a tumeur produite par l'abcès périné|ihrétîque diffère notablemeat de celle qui est due à l'hypersplénie, elle est beaucoup [>lui sensible; la pression est douloureuse, non seulement en aratit mais en arrière, au-dessous des fausses côtes, et il existe souvent, à ce niveau, une tuméfaction et de l'œdème de la peau toujours défaut dans le paludisme. Quant â la fièvre, e
t. noocn cl Bo.tNCT. Soc. inéd. des l>4p., 5 jnillrt ISH.
caractère de la fièvre hectique ou bien le malade a des accès qui revienaent à intervalles irréguliers et qui ne cèdent pas i la quinine.
G. Dock a cité trois observations d'endocardite infectieuse avec accès de fièvre qui avaient fait croire à Texistence du paludisme \
L'examen du sang permettra de faire sûrement le diagnostic différentiel de ces fièvres symptomatiques et de la fièvre palustre.
Fièvre des tuberculeux, des cancéreux, des syphilitiques, — La fièvre des tuberculeux présente une intermittence assez régulière, mais les paroxysmes se font toujours le soir contrairement à ce qui a lieu d'ordinaire pour les fièvres intermittentes d'origine palustre, jamais la fièvre n'a le type tierce ni le type quarte.
L'hypersplénie fait souvent défaut ^ et des localisations ne tardent pas à se produire, le plus souvent du côté de la poitrine.
Ajoutons que ces pseudo-intermittentes ne cèdent pas à la quinine; il en est de même de la fièvre symptomatique de la tuberculose aiguë*.
Bien que ce diagnostic différentiel semble facile, j'ai eu souvent l'occasion de montrer, à l'aide de l'examen du sang, que des accès de fièvre relevant de la tuberculose, avaient été attribués à tort au paludisme.
Dans les infections secondaires, consécutives au cancer, on observe quelquefois une fièvre intermittente assez régulière*. L'existence souvent reconnue d'une tumeur cancéreuse met l'observateur sur ses gardes, la fièvre ne cède pas à la quinine et l'examen du sang est négatif.
Des fièvres à type intermittent, quotidien ou irrégulier, s'observent parfois chez d'anciens syphilitiques. Les élévations thermiques ne sont pas fortes, elles résistent à la quinine et cèdent au traitement mixte par le mercure et l'iodure de potassium ^ Ces fièvres sont rapportées d'autant plus facilement au paludisme que la
i. Georoe Dogb, Endocardite et fièvre intermittente, The Botton med, and chirurg. Journal, 1895, II, p. 457.
2. H y a des exceptions. Voyez notamment : Rendu et Widal, Soc. méd. des hôp., 2 juin 1809, MocrrABD Martin et LirAS, Ch. Achard et J. Castaigne, même Soc, 0 juin 1899. Dans la tuberculose aiguë, la rate est très souvent envahie et par suite tiiménée.
3. Delhktser, Diagnostic de la f. intermit., Joum, méd. de Bruxelles, 18 mars 1897.
4. Hampiln, ZeiUekr, /. klin, Med., 1888. — Devic et Chatin, Province méd,, sept. 1892. — Achard, Soe, méd, des kôp., 26 juillet 1895. — K. Witthauer, MûneK. mtd, Woehemtehr., 5 février 1908.
5. BozzoLO, Les fièvres d*origine inconnue, iU* Congrès de la Soc. ital. de méd. interne, Rome, 1004.
rate est Rouveat augmentée de Tolume chez les syphilitiques', j
Aulret causes d'accès intermittents. — La fiè^Te biliaire iolar- 1 mittente sur latjuclle Charcot a appelé l'attenlion est aujourd'hui ' bien connue'.
Des infections ayant pour siège les voies urinaires ou les vottt digestives*, peuvent donner naissance également à des accès it fièvre intermittente.
D'après Huot, des soldats auraient réussi à simuler la fièvn' intermittente en mâchant des feuilles de laurier rose '.
Fièvre nerveuse; hystérique. — (jraves, dans ses leçons clinitjues, appelle l'attention sur une fièvre nerveuse qui, dit-il, peut être confondue avec la fièvre intermittente.
Cette fièvre nerveuse qui se produit toujours chez des feram» anémiques el nerveuses, prend parfois un type intermittent assez régulier; elle cède aux antispasinodiques et non à la quinine'.
J'ai eu quelquefois l'occasion d'observer cette fièvre nerveuse dans les conditions signalées par Graves.
Debove a cité un cas remarquable de pseudo-lièvre paludéenni' chez une hyslérique".
Les neurasthéniques se plaignent souvent d'une sensation île fièvre, l'élévation de température est réelle, mais faible par rapport à la sensation perçue. Cette sensation se produit à la suite île fatigues, d'émotions, voire même à la suite des repas; il y a uoe véritable thermo-hyperesthésie '.
Anémie tropicale, chlorose, anémie pernicieuse. — Les personnes qui habitent les pays chauds s'anémient en général, alors même qu'elles échappent au paludisme; celle anémie a une marche Ieol« et elle n'atteint jamais tes mêmes proportions que dans le paludisme.
1. BnuHNs. L'hypertrophie de la rate dans la syphilis, analyse in UAIceiiw modo^ir. :» août (8W. — Mï^BTRiER. .Soe. inéd. d/s hôp.. 22 juin 1900.
2. Cbahcot, Malad. du foie, 1877. — LiconcHt, Sur la Oâvre ÎDlermilleDIe hépatique in Eludes de clin, lu^d., I8SI. — Cica. Congrèt inlernal. de médrâae. l'aria. IMM (Section île pathologie interne). — MiiMiiti. HT Congrèt allemand tU mfi. iitXtrnr. Berlin, avril tSOl.
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7. P. Pahuot, La UAvre ueurastbénique, Coagrh fraudait de mUê^nt, IilUf, IQ
L*hypersp]énie, toujours très marquée dans l'anémie palustre, même lorsqu*il n'y a pas d'accès de fièvre, fait défaut dans l'anémie simple, mais on peut l'observer dans la chlorose* et dans l'anémie pernicieuse '.
Leucémie spléniqtie. Splénomégalie primitive. Maladie de Banti, — La provenance des malades, les antécédents morbides, l'existence antérieure d'une et le plus souvent de plusieurs atteintes de fièvre intermittente chez les cachectiques palustres, enfin et surtout l'examen du sang, permettront de distinguer la leucémie splénique de la cachexie palustre. S'il s'agit d'un leucémique, on constatera facilement que le nombre des leucocytes du sang est fortement augmenté; dans la cachexie palustre, bien que l'hypersplénie atteigne souvent les mêmes proportions que dans la leucémie splénique, il est très rare que le chiffre des leucocytes dépasse le chiffre normal.
Les états morbides qui ont été décrits sous les noms de spléiiomégalie primitive^ i'anémie splénique, de maladie de Banti, de pseudo-leucémie infantile *, peuvent être confondus avec le paludisme; l'anémie et l'hypersplénie sont en effet des caractères communs à ces états morbides et au paludisme.
Le fait que le malade n'a pas séjourné dans un pays palustre et l'absence de fièvre intermittente dans les antécédents sont des présomptions sérieuses en faveur d'une maladie non palustre. L'examen histologique du sang devra être fait avec soin; s'il révèle l'existence de l'hématozoaire du paludisme, cela tranchera la question, mais on se rappellera que, chez les palustres qui n'ont pas eu d'accès de fièvre depuis quelque temps, les hématozoaires sont souvent absents du sang de la grande circulation.
Dans la maladie de Banti, l'hypersplénie se complique, à la dernière période, de cirrhose du foie, d'ascite et d'hémorragies gastro-intestinales très rares chez les palustres.
1. Clément, Congrh de méd, int., Lyon, 1894. — GoLOUBorr, Splénalgie et ostéomyélal^e de la chlorose, Arch. russes de PathologUy 1898, t. V, p. 192.
2. E. Jbanselmi et Papillon ont cité plusieurs observations intéressantes d'anémie pernicieuse avec hypertrophie du foie et de la rate et accumulation du pigment ocre dans ces organes. {Soe, méd, des hôp., 23 avril 1897).
Il est à noter que, dans Tanémie pernicieuse, on observe souvent des mouvements fébriles.
3. Brchl, De la splénomégalie primitive^ Arch, gin. de méd,, juin 1891. — Dnovi et Bbuhl, Sœ. méd, des hôp,, 28 juillet 1892. — Picou et Ramond, Arch, de méd. expér,, 1896, p. 168. — Maragliano, La clinica moderna, 6 juillet 1898. — OsLiR, The amer, Joum, of med. se, janv. 1900. — Banti, Riforma med„ 1, 2, 4 et 5 mars 1901. — E. Wbil et A. Clbrc, Semaine médicale, 12 nov. 1902.
Les eOeU, faYOrablcs ou non, de la médication quinique petiveot èiee utilisés pour le diagnostic.
O'oprés Suleimao Nouman bey, la maladie de Banti serait souvent de nature palustre; cet observateur a trouvé des hémamib» dans un cas oii le diagnostic de maladie de Banti avait été porté'.
Reybaud et Vernet ont cité un cas de splénomégalie avec anémie du Qourrisson, dans lequel l'existence do l'hématoioaire a été égllement constatée'.
D'après P.-G. AVoolley, on observerait aux Philippines une splénomésralie fébrile qui ne relèverait ni de //. uutlarix ni de Piroftiatma Donovani*.
On voit combien le diagnostic dîiïérentiel de ces splénoroé^lieii, encore nml connues, et du paludisme est difficile, et combien îl importe de faire l'examen du sang.
Antres causes d'hijpersplénîe. — La rate est fortement augmentée de volume dans les cirrhoses du foie (cirrhose atrophique ou bypertropbique) ; un ne confondra pas cette splénomégalie secondaire avec celle qui est sous k dépendance du paludisme.
Chez les jeunes enfants, la tuberculose et la svphilis héréditaire donnent lieu souvent à une augmentation de volume de la raie.
La dégénérescence amylo'ide de la rate qui s'observe à la iiuite des longues suppurations ou dans la syphilis invétérée, eu même temps que celle du foie et des reins, s'accompagne souvent d'une hy|jersplénie considérable.
D'après Carrién?, ii y aurait souvent hypersplénie ches les enfants racbitiques '.
Il faut citer encore, parmi les causes de l'augmentation de volume de la rate, les kystes hydatïques, mais dans ce cas la forme de lu raie est souvent modifiée et quelquefois on peut s'assurer par la palpation qu'il s'agit d'une tumeur ilncluanle.
Hypersplènie palustre et lumxunt ovariennes. — La rate Irè» liyperlropliiée, déplacée et engagée dans le petit bassin a été confondue plusieurs fois avec une tumeur de l'ovaire*.
1. St-Liitui) NoL-MAN. Ln mnladiede Binti. Pitut mUioaU, ÏS avril 1908. ^^H
2. IUybaud Ft ViRNKT. fWuiuon biotogique dt Mantille. 19 a*nl 1904. ^^H
4. (UMKlm«, I.BS rrroBies raies en pMialrie, Prrtse mêd.. 20 wpLMnhrv UWl, ' ~ EH, Tb. Paris, 1X02-I8S3. — tloirzn., Irad. du mM.. f jain IKT.
inrmfn de Mr., f juillet 1W8. - l'nUB, Sot. mal. é, Kin, JMH uveiubre I90U.
Dans un cas observé par Perlis, le diagnostic de tumeur de l'ovaire paraissait certain; la tumeur fut enlevée et on constata, après Tablation, qu*il s'agissait de la rate hypertrophiée considérablement (elle pesait 1500 gr.) et ectopiée; le pédicule, large et épais, était tordu quatre fois. La malade guérit.
Filariose. — Les malades atteints de fîlariose ont souvent des accès de fièvre semblables en tout à ceux du paludisme.
En 1893, j*ai observé un malade chez lequel le diagnostic de paludisme ne semblait pas douteux et dans le sang duquel je trouvai, non Thématozoaire du paludisme, mais des embryons de filaires; ces embryons existaient dans le sang périphérique le jour aussi bien que la nuit, ce qui permet de croire qu'il s'agissait de Filaria perstans (Manson); le malade revenait du Soudan*.
Les accès de fièvre de la filariose n'ont pas de type régulier; l'hypersplénie fait défaut, enfin l'examen du sang permet de constater l'existence des embryons de filaire.
Il est à noter en outre que, dans la filariose, il y a généralement une augmentation très marquée du nombre des leucocytes et en particulier des éosinophiles, contrairement à ce qu'on observe dans le paludisme.
Si, en raison de la provenance des malades, il y a lieu de soupçonner la fîlariose, on aura soin de faire l'examen du sang pendant la nuit; on sait en efiet que les embryons de la filaire la plus commune chez l'homme ne se trouvent pas, dans le sang de la grande circulation, pendant le jour.
Trypanosomiase. — Les poussées fébriles qui se produisent au début de la maladie sont facilement confondues avec les accès palustres, d'autant plus que la trypanosomiase et le paludisme sont souvent endémiques dans les mêmes localités^.
A la vérité, la fièvre n'a pas les mêmes caractères dans ces maladies; elle est rémittente, irrégulière dans la trypanosomiase, d'ordinaire intermittente et à type régulier dans le paludisme, mais ce n'est pas là une règle absolue ; chez les anciens palustres en particulier, on observe souvent des fièvres irrégulières. La fièvre de la trypanosomiase résiste à la quinine, mais les fièvres palustres ne cèdent pas toujours facilement à l'emploi de ce fébrifuge.