DÉCHÉANCE PALUSTRE
aux (lèvres palustres; il faut tenir compte de la longueur de la maladie, de la fréquence des récidives, des complications, et de la déchéance physique et intellectuelle que subissent des populations entières sous Tinfluence de Tendémie palustre ^
Dans les pays palustres, ce n*est pas seulement Tindividu qui est menacé, c*est la race elle-même.
Monfalcon a très bien décrit le triste état des populations condamnées à vivre dans les foyers du paludisme.
« La vie est courte dans les pays marécageux; elle y est, terme moyen, de vingt-six ans, suivant M. Sausset et le docteur Price... LMiabitant de ces tristes lieux souffre dès sa naissance, et montre pendant les premiers jours de sa vie la profonde empreinte de rinsalubrité du climat. A peine a-t-il quitté la mamelle qu'il languit et maigrit; une couleur jaune teint sa peau et ses yeux; ses viscères s*engorgent; il meurt souvent avant d'avoir atteint sa septième année. A-t-il franchi ce terme, il ne vit pas, il végète, il reste cacochyme, boursouflé, hydropique, sujet à des fièvres d'automne interminables, à des hémorragies passives, et à des ulcères aux jambes qui guérissent difficilement. » (Monfalcon, op, cil,)
€ L'habitant des pays marécageux vit avec la fièvre, écrit Maillot {op, ciL, p. 265); il en contracte tellement l'habitude qu'il la regarde presque comme son état normal, et cependant sa vie s'use promptement, et cependant la plupart des journées qu'il dispute à la mort sont des heures de souffrance : enfin une colite chronique ou des hydropisies, ou des accès pernicieux viennent mettre un terme à sa pénible existence. »
La vie moyenne était naguère de 24 ans dans la Dombes, et même de 18 à 20 ans dans les communes où les étangs occupaient plus du tiers de la surface totale (Rollkï), alors que pour la France entière elle était de 35 ans.
A Brouage, de 1817 à 1832, il y avait 1 décès sur 21 habitants, alors que la mortalité générale en France était de l sur 40 environ. Chez les enfants, la mortalité de la première année était de 32 p. 100 et elle atteignait, dans quelques communes, 42 p. 100
1. Monfalcon. Histoire méd. des marnis, Paris, 1826. — Villermé, De l'influence des marais sur la vie, Ann. d'hygiène^ 1834. — Reinhard, Étude statistique de Tinflucnce des contrées palustres, revue par Dbaugrand, in Ann. d'hyg. pu6/., 1862. — RoLLET, Gaz. méd. de Lyon, 1862, et Ann. d'hyg. publ.y 1862. — E. Vallin, Art. Marais du Diction, encyclop. des se. méd. — Burdbl. De la dégénéresc. palustre^ Paris, 1875.
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