‹ Traité du paludismeChapitre 221 sur 291 · KoBMH, Bulitl. gin. de Ih^rap., 1800, p · texte numérisé non relu

KoBMH, Bulitl. gin. de Ih^rap., 1800, p

quable sur la solubilité du chlorhydrate de quinine; 1 gr. de ce sel auquel on ajoute 0 gr. 40 à 0 gr. 50 d^antipyrine se dissout dans 2 gr. d*eau distillée à la température de 25 à 30"*. On formulera :

Quinine (monochlorhydrate) 3 gr.

Antipyrine 2 —

Eau distillée 6 —

F. S. A. pour injections sous-cutanées.

1 cm' de cette solution contient 0 gr. 30 de chlorhydrate de quinine.

Cette solution m'a donné de bons résultats, les injections sont moins douloureuses qu'avec la solution de bichlorhydrate ; l'adjonction à la quinine d'une petite quantité d'antipyrine est sans inconvénients.

La pharmacie Chanteaud prépare des lentilles au bichlorhydrate de quinine qui renferment chacune 0 gr. 10 de sel quinique et qui peuvent s'introduire dans la seringue à injections hypodermiques; on aspire ensuite de l'eau bouillie et on prépare ainsi instantanément la solution. Ces lentilles paraissent appelées à rendre des services dans les pays chauds, surtout pendant les expéditions et les voyages.

L'uréthane a, comme l'antipyrine la propriété de favoriser la dissolution des sels de quinine. G. Gaglio a proposé la formule suivante* :

Chlorhydrate de quinine 3 grammes.

Uréthane 3 —

Eau distillée 5 —

Faire dissoudre en chaufTant légèrement.

Un centimètre cube correspond à peu près à 0 gr. 30 de chlorhydrate de quinine.

Les injections hypodermiques faites avec cette solution sont beaucoup moins irritantes que celles qui sont faites avec les solutions de bichlorhydrate de quinine et l'absorption est rapide *. Les

i. G. Gaouo, Rivista critica di clinica medica, i903 et Atti délia Soc. p. gli St. délia malaria, t. VI. i905.

2. L*uréthane est le carbamate d'éthyle, il a pour formule C^H'^AzO*; à la dose de 3 & 4 gr. il a des propriétés hypnotiques (Bardbt« Formulaire des nouveaux remèdes, Paris, 1901).

petites quantités d'urétlianc qu'on introduit dans l'écoDoret» paraissent être sans inconvénients.

Grimaux a proposé la solution suivante pour les inject hypodermiques :

Chlorhydro- sulfate de quinine B gr.

Eau distillée 6 —

iti^^

I cm' de cette solution renferme 0 gr. SO de chlorliydro-sulfate de quinine.

II y a avantage â employer une solution moins concentrée. Le sulfovinate et le bromhydrale de quinine sont moins stables

que le chlorhydrate et, par suite, ils donnent lieu plus souvent que ce dernier à des accidents locaux.

A défaut de chlorhyilrate de quinine, on peut utiliser, pour les injections hypodcrmiijues, le sulfate de quinine rendu solubli> 4 l'aide de l'eau de Hahel on de l'acide tartrique.

Vinsoii a donné la formule suivante :

Sulfate de quinine 1 gr.

Eau distillée 10 —

Eau de tlabel 1 —

Acide tartrique 0 gr. 60

Les injections de formiate de quinine ont été employées avet succès par Lacroix, Hîrlz, Claisse et Lemoine '- Ces injections sont moins douloureuses que celles qui sont faites avec les autres sels de quinine. Le formiate de quinine est solublc dans huit fois son poids d'eau à la température de 35°. Leraoîne conseille d'employer une solution contenant 0 gr. 20 de formiate de quiniae pour i cm' d'eau.

Gualdi, Gallenga et Malafosse ont préconisé l'emploi de solutions de quinine très étendues*. Malafosse recommande de ne jamais injecter une solution de ({uinine dont le titre dépasse 5 p. |OÛ,t't de se servir, comme excipient, au lieu d'eau pure, d'eau phv* Biologique.

1. LkCBOU, Soi!. de. p1irini?i>. 5 juillet lUUI Ht Sac. de thlrap.. 23 nclolire IW. — MiHT^, t:Ltis<!i cl Lem]!Nk, Soc. mid. dts tti,>.. 19 et 2fl janvier lUM.

2. T. GuALDt et P. Gallenoa. Emploi ilo sulutioiu ùlonduca de iioiiiiac «n tnjit tiens snua-outnnéea, Sanilnr m/dicale. 7 mnrs 1000. — MALiirosu, I.c s^rura ■luinia' on injeclintis ïous-cutanïeii contre les termes gntes de paludiame, Ank. dâ nM. wi^mars lOOS.

J'ai toujours conseillé, pour ma part, de ne pas employer pour les injections hypodermiques de quinine des solutions concenlrces mais j*estime qu'il n*est pas nécessaire de recourir à des solutions aussi étendues que celles recommandées par Gualdi, Galienga et Malafosse.

Glatard d'Oran emploie pour les injections hypodermiques, chez les nourrissons, une solution de bichlorhydrate de quinine dans leau physiologique au titre de 1 p. 20. Les injections faites sous la peau du flanc ou à la face externe de la cuisse sont bien supportées *.

On trouve aujourd'hui, dans toutes les pharmacies, des ampoules de solutions quiniques titrées et stérilisées qui sont d'un emploi commode.

Il faut s'astreindre, pour les injections hypodermiques de quinine, à des précautions plus minutieuses encore que pour les injections de morphine, la quinine, plus irritante que la morphine, donnant lieu plus facilement qu'elle à des accidents : douleurs vives, indurations, abcès, gangrènes; nous verrons plus loin que le tétanos s'est développé parfois à la suite des injections de quinine.

Une rigoureuse antisepsie est indispensable; on se servira d'une seringue stérilisée avec soin par la chaleur ou d'une seringue en verre de Luer conservée dans l'alcool à 95\

Il est bon d'employer une aiguille en platine iridié que l'on flambe au moment même où l'on va l'enfoncer dans la peau.

La peau sera lavée à l'alcool, à l'endroit choisi pour la piqûre, puis touchée à la teinture d'iode. L'injection une fois faite, on mettra sur la piqûre un peu de collodion.

Les solutions qui servent aux injections hypodermiques doivent être limpides, sans cristaux, ni spores. S'il y a des cristaux, on chauflera au bain-marie ; s'il y a des champignons, on (iltrcra la solution et on la fera bouillir, ou mieux on fera préparer une nouvelle solution qui sera stérilisée par Tébullition.

La pointe de l'aiguille sera poussée jusque dans le tissu conjonctif sous-cutané ou dans le tissu musculaire; les injections faites dans le derme donnent lieu souvent à des eschares.

Les injections intra-musculaires sont moins douloureuses que

1. R. Glatard, Traitement du paludisme chez le nourrisson et Tenfaut du premier âge, BalUtin méd, de VÀlgérU, 30 juin 1905.

les injections sous-cutanées et ne provoquent pas de gangri

Baccelli a préconisé les injections intra-veineuses des sels de quinine'; il injecte, dans une veine du pli du coude, Ogr. 4Oàûgr.60 de chlorhydrate de quinine, en se &er\-ant de la solution suivante :

Chlorhydrate de quinine , 1 gr.

Chlorure de sodium 0 — 15

Eau disUIlée 10 —

La méthode hypodermique permet d'introduire presque aussi rapidement, et sans aucun danger, les sels de quinine dans la circulation ; on ne voit donc pas pourquoi on lui préférerait les injections intra-veineuses, qui sont plus difiîciles à pratiquer et qui peuvent donner lieu h des accidents locaux ou généraux.

Les injections intra-veineuses ne paraissent indiquées que dans les accès pernicieux les plus graves, lorsqu'on peut craindre que la méthode hypodermique elle-même ne permette pas d'introduire assez rapidement les sels de quinine dans le sang; dans les accès pernicieux cholériformes avec état algide, par exemple.

La quinine, adminisirée aux doses qui sont indiquées |ilus haut, est généralement très bien supportée; certains malatles accusent cependant des bourdonnements d'oreilles et des vertiges asseï forts et assez persistants pour occasionner une véritable gt^iio. Dans ces cas, on réussirait, d'après Aubert, â faire tolérer le médicament en ajoutant un demi-milligramme d'atropine à chaque dose de quinine.

Les sels de quinine introduits dans l'économie sont éliminés en grande partie par les urines; il est facile d'y constater leur présence à l'aide de l'iodure ioduré de potassium, qui, en s'unissantà ta quinine, donne lieu à un précipité jaune marron (Bouqurdat)'.

La quinine apparaît dans l'urine IS à 17' après l'ingestiûD. 20 à 28' après inirodutiion par la voie rectale, tft à 15' après injection sous-cutanée (Bisz, Kebner, Lei'Idi-Cuioti), 10' après injection intra- veineuse (Baccelli).

l.H.ZiiHiNN. tIeberMaIsrisu. andereBlulparasilpD, Icna, IgSS. — IVAnar. SMidw médicale, 31 Janvier 1900 (Not«9 Ihérn peu tiques).

2. Baccelu. De» injections intra-veineuses des sels de quinine dans rioMM malsriqae. Ri/orma médira, janv. tStIO el Gai:, degli otpilalî. Ktt. IS90. a' t2.

3. La formule du réaclif de Bouchardal cfl la suivanle; iode. 15 gr.. lodim il potassium, i gr,, csu, 300 gr. Briquet a modifia ainsi qu'il suit ceUe fonnulc : ipfc 2 gr., iodure de potassium, S gr., eau. 2S0 gr, Kerner a utiJisé les propriïWs BWKM' eentesdes sels de quinine pour constater dans les urines la présence des plus m' proporlioDE de ces seU.

Toute la quinine absorbée est éliminée au bout de 36 ou de 48 h. (Kermer).

Après ringestion de chlorhydrate ou de sulfate de quinine, aux doses thérapeutiques ordinaires, l'élimination urinaire ne se fait pas d'une façon absolument uniforme chez tous les sujets, mais elle suit une marche générale qui est toujours la même (Manquât). Le début se manifeste assez rapidement; au bout d'une heure environ, la réaction, plus ou moins importante, est manifeste dans presque toutes les urines. Cette réaction s'accentue et atteint un maximum qui se maintient ordinairement pendant une à trois heures. Pendant ce temps, l'élimination s'effectue d'une façon massive, elle diminue ensuite brusquement pour disparaître d'une façon à la fois traînante et irrégulière, entre la sixième et la dix-septième heure.

Il est très important de remarquer, écrit Manquât, que le maximum d'effet thérapeutique de la quinine dans la fièvre palustre ne correspond pas au maximum de présence utile du médicament dans l'économie, c'est-à-dire après absorption, le maximum d'effet thérapeutique est beaucoup plus tardif et plus prolongé. Cette discordance démontre que l'activité de la quinine ne dérive pas d'une modiHcation des grandes fonctions, mais d'une impression spécifique (directe ou indirecte) sur le parasite du paludisme, puisqu'elle s'accuse au maximum alors que la majeure partie du médicament a été éliminée*.

D'après Kleine, 25 à 38 p. 100 de la quinine ingérée sont éliminés dans les vingt-quatre heures qui suivent l'ingestion. Après les injections sous-cutanées, une partie de la quinine serait précipitée et l'élimination s'achèverait plus lentement qu'après Tingestion ^

F. Mariani a conclu de ses recherches que l'élimination de la quinine est moins rapide que ne l'ont dit les auteurs '.

Lorsque la quinine est donnée sous forme d'un sel insoluble dans l'eau, comme le tannate de quinine, l'élimination par les urines est beaucoup plus lente qu'avec les sels très solubles.

Kerner a constaté qu'après l'administration du tannate de quinine l'élimination commençait trois heures après l'ingestion et continuait encore au bout de soixante-douze heures \

i. Manquât, Soc. de Biologie, 2 décembre 1899.

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