‹ Traité du paludismeChapitre 227 sur 291 · Pispiris, Galenos, Athènes, août · texte numérisé non relu

Pispiris, Galenos, Athènes, août

TIIAITEMRST

quinine : éruption scarlali ni forme, coliques, écoulemenl sanguinolent [lar l'anus.

Des doses six fois plus faibles <le sulfate de quinine, prises à i'inlt^rieur, donnèrent lieu aux mômes accidents chez cet enfant'.

GrooskopIT a observé des accidents graves à la suite de l'administration de 2 gr. 51) de sulfate de quinine en une dose'.

Frank Grenier de JalTna (Ceylan) a cité l'exemple suivant d'intolérance pour la quinine'. Une Jeune fille âgée de 15 ans. prend, pour un accès de fièvre, une dose de quinine; elle éprouve, après l'absorption du médicament, dos accidents graves : nau: vertiges, surdité, troubles visuels, tuméfaction de la face, dys| prostration profonde, érujdion orliée sur tout le corps, œdème des mains et des pieds, vomissements; ces symptômes dispamissoiil au bout de six heures. Les accidents se reproiUiisireat par la suik chaque fois qu'on lit prendre de lu quinine à la malade, môme à très faible dose et même à son in^u.

P. Moscato*, et Gorbalchov' ont cité de nouveaux exomples d'intolérance pour la quinine.

A la suite d'une prise de quinine, un malade atteint de disme chronique a une éruption scarlatiniforme, des œdèmes, prurit, de l'amaurose, des vertiges. Les accidents se reproduisent après que le malade a pris une nouvelle dose de quinine (d'une autre provenance que la première). L'administration d'une 3* dose détermine une attaque apoplectiforme, puis le malade se rétablit (P. Moscato).

Chez une jeune femme de 3'^ ans, 30 centigr. de quinine ont provoi]ué l'obnubiklion, l'anxiélé précordiale, une faiblesse générale; à la seconde dose, lu faiblesse a été telle que, pendant 21 heures, la malade a été presque paralysée des deux jambes

(GOIIBATCHOV).

Chez un homme de 20 ans, atteint de paludisme, oO cenligr. de chlorhydrate de quinine (à l'intérieur) ont provoqué des brûlures de l'estomac, des selles diarrhêiques, une dépression extrême, une éruption d'urticaire, un délire tranquille; tous ces troubles avaient disparu le lendemain, en même temps que la fièvre. Lorsiiue.

I. KoBItEE. Bullei. g^n. de Ihérap.. 18S0. (i. 500. 3. GiioosKOprr, Themp. Moaat., oet. 1802. 3. PniNR (iftiNiKH, Indion mfd. Ga:., février 1308. i. P. Moscato. Sur deux ca* d'inlox. ■! n J.-F. GoRRATCHoT, Idiosyiicrdsic à Preisf mfdieaU, 28 sepli^mbre UKII.

:pil49

unies

quinze jours plus tard, les accès palustres se répétèrent, la quinine fut administrée par voie hypodermique sans provoquer de troubles

(GORBATCHOV).

Chez une jeune femme de 39 ans, 30 centigr. de quinine provoquaient chaque fois une faiblesse générale extrême, des troubles de la vue et de l'ouïe et des vomissements violents (Gokbatchov).

Merveilleux a observé des symptômes d'intoxication chez un malade à la suite de l'ingestion de doses de quinine de 23 centigrammes ^

Nous verrons plus loin qu'un grand nombre d'auteurs ont cité des cas d'hémoglobinurie quinique et que, chez certains .suj<*ls, il suffit de doses très faibles de quinine pour provoquer cet accirlenl.

Ces faits d'intolérance pour la quinine sont heureusement rares. Je n'ai jamais observé, pour ma part, ù la suite de Tadministration du sulfate de quinine aux doses de I gr. 50 h 3 gr. dans les 24 h., que des bourdonnements d'oreilles et une surdité passagères

Quelques auteurs ont exagéré notablement les propriétés toxiques de la quinine; aucun médecin ayant exercé dans les jiays palustres n'admettra, je pense, que le sulfate de quinines à la dose de 3 ou 4 gr., puisse déterminer la mort d'un homme adulte* ^

Ces doses ont été bien souvent dépassées dans le trailemenl des accidents pernicieux et souvent avec succès.

Maillot, dans un cas de fièvre pernicieuse, a administré 9 ^v. dn sulfate de quinine dans les 24 h. et a guéri sr>n malade.

Monneret a fait prendre jusqu'à 8 gr. de sulfate dr quinine* par jour dans des névralgies rebelles ^

Giacomini a pris sans inconvénient, pendant 47 jours, el<; :j h 4 gr. de sulfate de quinine par jour.

Favier a pris également jusqu'à 3 gr. par jour de sulfater de quinine, dans le seul but d'expérimenter l'action de ce sel.

Giacomini donne l'observation d'un homme qui, par irreur, avala en une seule fois 12 gr. de sulfate de quinine; il y eut d<»s phénomènes d'hyposthénisation du cœur et du système nerviMix, mais ces symptômes furent combattus avec succès, à l'aide des excitants.

Guersent a cité le fait d'une dame à laquelle son mari, un médecin monomane, avait fait prendre en quelques jours 41 gr.

1. Merveilleux, Ann. iThyg. et de méd. colon., 1903, t. VI, p. 227.

2. BoucBARDAT, Maouel de matière médicale, Paris, 1865, i' édil.. t. U, p. 392.

3. Monneret, Élém. de pathol. méd., Paris, i852, t. Ul, p. 104.

de sulfate lie quinine; cotte dame perdît momentanétnent la vue, l'ouïe et la parole; elle se refroidit comme un cadavre, mais tous ces acciileiils se dissipèrent rapidement.

K II n'existe, à ma connaissance, dit Briquet, de fait avôré d'intoxication suivie de mort que celui de ce médecin aliéné (dont il est fait mention plus haut), qui, pour se guérir d'une pelîtifièvre, s'administra lui-même l'énorme dose de 220 gr. de sulfate de quinine en 10 à 12 jours et qui finit par succomber à la prostration dans laquelle il était tombé. » (Traité thérap. du quinquina, p. 58H.)

L. tiuinon a observé les accidents qui suivent chez un adulte neurasiliénique qui avait avalé, d'un seul coup, 8 gr. de sulfate de quinine pour se donner la mort : collapsus profond, insensibilité à toute excitation périphérique, refroidissement des extrémités, frissonnements continus, cyanose des lèvres.

Les deux symptômes caractéristiques furent : la surdité et la cécité. La surdité fut d'emblée absolue, elle s'atténua en quelqui'S heures et disparut en un jour. La cécité ne parut complète que quelques heures après l'ing-estion; pendant les premières heures, la pupille était encore mobile et paraissait réagir à la lumière i 7 à 8 heurr-s après l'ingestion, elle était dilatée et inerte; le malade ne voyait pas une vive lumière. La cécité alla en s'atténuant.

La sécrétion urinaire fut supprimée pendant 1 1 heures, elle se rétablit abondante sous l'inQuence du traitement (injections souscutanées d'eau salée, lavements froids, ingestion abondante île mté).

La température resta normale, le pouls fut accéléré, à 120 k premier jour, à 100 le second jour '.

E. de Gelebrini, de Trieste, cite le cas d'enfants de 3 à i sus qui ont avalé jusqu'à 3 gr. de quinine d'un seul coup et qui, nprès avoir présenté des symptômes inquiétants : vertiges, convulsions, albuminurie, ont guéri en 24 heures. Un enfant a pris, par erreur, 1 gr. de (|uinine par jour, pendant li jours, sans trouble appréciable *.

Le fait suivant montre que la dose de 12 gr. de sulfate de quinine, prise en une fois, peut entraîner la mortelles TndulU)'.

t. L. UuiKON, Soc. méd. dea lu\p.. 12 février IgDT. 2. Ë. 1)1 CcLEBHt.M. Atti detla Soc, p. gti St. détta malaria. Itomc. tUUi. :l. lUiLU Ari!h.dt «M. milit., ISS5, t . VI, p. 320. — Voir ausrii IlosiKBDecH. ; med. Preiu, 13 avril 1800, et G. Gsuviu., l,anctl, l" mai ISST.

Deux soldats, voulant se purger, se trompèrent de bouteille et, au lieu de prendre du sulfate de soude, absorbèrent une solution de sulfate de quinine, soit 12 gr. environ de sel pour chacun d'eux.

Une demi-heure après l'absorption du médicament, ces deux hommes furent pris de crampes d'estomac et de vomissements, pâleur de la face, dilatation des pupilles, respiration courte, refroidissement, pouls petit, irrégulier, ralenti, parfois insensible; bourdonnements d'oreilles; tendance à la syncope.

Chez l'un des malades, les accidents allèrent en s'amenda nt, l'autre succomba dans une syncope.

Ces faits montrent bien que le sulfate de quinine est surtout un poison du cœur; ce sont les accidents cardiaques qui ont dominé la scène dans les deux cas et qui ont déterminé la mort dans l'un deux.

Il est très rare qu'il faille donner plus de 3 gr. de sulfate ou de chlorhydrate de quinine par jour, même dans les accès pernicieux ; les exemples qui précèdent prouvent qu'on peut sans danger dépasser cette dose; néanmoins, sauf le cas d'accès pernicieux, on ne prescrira pas, à un malade qui n'a jamais pris de quinine, de dose supérieure à 1 gr. dans les 24 heures, à prendre en plusieurs fois.

Il importe que le clinicien soit prévenu que la quinine peut provoquer des symptômes inquiétants, tels que délire, vertiges, ivresse quinique, vomissements, hyposthénisation du système nerveux, afin qu'il ne confonde pas ces symptômes avec ceux de la fièvre, ce qui le conduirait à augmenter encore les doses du fébrifuge.

2° Hémofflobinurie quinique^, — Chez certains malades atteints de paludisme, la quinine, administrée même à faible dose, donne lieu à l'hémoglobinurie; les urines deviennent rougeâtres ou noi-

1. ToMASELLi, Rivisla cUnica di Uologna, 1S78, p. 119. — Uohetti, Lo Sperim., 1878. — Karamitsas, HuUet. yen. de iMrap., 30 juillet, 1870. — Pampoukis, Étude sur les fièvres palustres de Grèce, Paris, 1888. — Pampoukis et Chomatianos, Ilech. clin, et expérini. sur riiéino^lobinurie ({uiniffue, Progrès médical, 1888. — Tomaselu, Sur rintoxicatiun ({uinique. Congrès de la Soc. italienne de méd. inL, Home, 20 ocl. 1888. — Sp. Kanellis, Arch. de méd. nav., 1888, p. 470. — P. Moscato, Gac. degli ospitali, 1890, n**' 17-19. — Uare, Vauohan, De la quinine dans riiématurie malarienne, Assoc. des méd. américains, T réunion, 1892. — P. Moscato, Gaz. med. bombarda, 8 juin 1896, et Giornale iniernaz. délie scienze mediche., 31 mars 1897. — Uaoul Diimas, Arch. de méd. nat\, avril 1897. — Grocco, Hémoglobinurie quini(pie chez les malariques, La Settimana med., 2janv. 1897. — Below, Ewald, Soc. de méd. berlinoise, 30 juin 1897. — Toma- 8BLLI, L'intoxication quinique et Pinfection malarienne, Titane, 1897.

râtres, elles renfermcot de l'albumine et de l'hémoglobine: ODfl trouve pas en général de globules sanguins.

C'est un médecin grec, le D' Verélas, qui le premier a signalé, en 1858, les hématuries provoquées par la quinine; D. Konsolas en 1859, Papavassiliou en 1861, llizopoulos en 1872, KaramiLsan en 1874, ont publié îles faits confirmalirs de ceux observés par Verétas; Toniaselli en llalie {1878) a bien décrit cet accident de la médicnlion quinique et il a montré qu'il s'agissait, non d'hématurie, mais d'hémoglobinurie.

Parmi les auleiirs dont les travaux ont contribué à faire connaître l'hémoglobinurie quinique, il convient de citer encore P. Moscato en Italie, Theoplianidis, Pispirîs, Pampoukis et Chonialianos en Grèce.

Karamitsas cite l'exemple d'un étudiant qui était atteint d'hémoglobinurie dès qu'il ]irenait du sulfate de quinine, même il la dose de 0 gr. 30.

Sp. Kanellis, Pamiioukis et Choniatianos. P. Moscato ont observé des faits semblables.

R. Koch a cité des exemples d'hémoglobinurie produite (cb« des individus palustres) par la quinine à doses très faibles : 0 gr. SO, 0 gr. 25 et même 0 gr. 10'.

H. Ziemann a cité le cas d'un sujet (palustre) chez lequel la dose de un centigramme de quinine provoquait de l'hémoglobinurie*.

Carreau, Clarac, Boyé, W.-G. Ross et G. Low, Vincent. Plehn ont publié des cas d'hémoglobinurie quinique'.

D'après Tomaselli, la quinine pourrait produire, non seulement l'hémoglobinurie, mais aussi une fièvre ictéro-hétnaturique. facile à confondre avec la lièvre ictéro-hématuriquc des pays chauds'.

Les symptômes de la fièvrequiniqueictéro-hématurique seraient les suivants : trois ou six heures après l'iugeslion de la quinine, le malade est pris de frisson avec Iremhlement généralisé; la face pâlit et se couvre de sueurs froides; une douleur gravative s«(|

Page 1